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Antibes : Cérémonie de commération de la fin de la 1ère guerre mondiale

© France3 Côte d'Azur
© France3 Côte d'Azur

En ce lundi 11 novembre, nombreuses cérémonies dans les communes pour commémorer la fin de la 1ère guerre mondiale. Le 11/11/1918, l'armistice met fin à un conflit de 4 ans qui fera des millions de morts en Europe, surtout, en France et en Allemagne.

Par Yves Lebaratoux avec AFP

Les monuments aux morts, mémoire "impérissable" de la Grande Guerre 

Soldat inconnu sous l'Arc de triomphe, stèles, obélisques, bas-reliefs, statues, sculptures, bustes, médaillons, obus d'acier, coqs de bronze terrassant l'aigle allemand: la France compte plusieurs dizaines de milliers de monuments aux morts de la Grande Guerre.
Aux monuments érigés dans la quasi-totalité des 36.000 communes françaises de 1918 à 1923, il faut ajouter autant de monuments dans les églises, temples,  synagogues, et ceux des lycées, universités, entreprises privées ou publiques, et des champs de bataille, explique Annette Becker, universitaire et historienne spécialiste de la Première guerre mondiale.
Pour autant, l'auteure du livre "Les monuments aux morts, patrimoine et mémoires de la Grande Guerre" (Errance, 1988) s'avoue incapable de chiffrer exactement le nombre exact de ces monuments qui rendent hommage aux 1.400.000 soldats "morts pour la France" durant la Grande Guerre.
Plus de cinq ans après le décès de Lazare Ponticelli, dernier Poilu ayant survécu au conflit, chaque commune commémorera lundi le 11 Novembre
autour de son monument aux morts à la veille du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre.
"A l'honneur du nom de celui qui a donné sa vie pour le pays, un titre clair et impérissable à la gratitude et au respect de tous les Français": la loi du 2 juillet 1915 a fixé les modalités de l'inscription "mort pour la France" qui figure à l'état-civil.
Cette formule est gravée sur les monuments aux morts avec la liste de ceux-ci très souvent par ordre alphabétique, parfois dans l'ordre chronologique des années de guerre, les grades étant rarement indiqués.
Tous ces monuments constituent "une multiplication extraordinaire de la mémoire de la guerre", relève Annette Becker qui ne voit pas d'équivalent par rapport au nombre d'habitants dans les autres pays belligérants si ce n'est en Australie.

 / © France3 Côte d'Azur
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"Le sacrifice des Poilus"

Pour Rémi Dalisson, qui vient de publier "Les guerres et la mémoire" (CNRS éditions), la construction de tous ces monuments s'explique par deux raisons: "l'héritage d'une pratique née après la défaite de 1870 d'ériger des monuments pour appeler à la revanche"; "l'importance de ne pas oublier le sacrifice des Poilus, relevée dès les années 1916 et 1917".
L'historien cite les mots de Clemenceau dans son discours annonçant l'armistice.

© Photo : Laurence Collet
© Photo : Laurence Collet


"Honneur à nos morts".

"La politique officielle de l'Etat de faire construire des monuments dans toutes les communes a été systématiquement suivie, un pour cent seulement des communes n'ayant pas suivi ce mot d'ordre", ajoute-t-il. L'Etat a subventionné à hauteur de 10 à 15 % chaque monument, le reste du coût étant couvert par des souscriptions et des subventions municipales.
Selon Annette Becker, chaque monument reproduit au moins une de ces trois idées : la foi dans la Patrie avec le coq terrassant l'aigle; le devoir et le sacrifice avec la statue ou la sculpture du soldat; l'arrière avec les femmes qui tournent les obus ou qui pleurent le disparu.
Quelques communes pourtant, ont refusé l'idée du patriotisme, préférant exprimer celle du pacifisme : "Tu ne tueras point" est inscrit sur le monument aux morts d'Avion (Pas-de-Calais); "Maudite soit la guerre" sur celui de Gentioux (Creuse).
La construction des monuments aux morts, relève Rémi Dalisson dans son livre, fut un "gigantesque marché" pour les architectes, maçons et sculpteurs. Un marché qui ne suscita pas de scandales, contrairement aux chantiers des exhumations de soldats pour les inhumer dans des vastes nécropoles militaires.
Le lauréat du dernier Prix Goncourt, Pierre Lemaitre, ("Au revoir là-haut", Albin Michel) fait vivre dans son roman une escroquerie aux monuments aux morts imaginée par deux de ses héros, anciens Poilus, dont une Gueule Cassée. Mais, a-t-il reconnu, cette escroquerie est sortie de sa propre imagination.

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ITW Ancien combattant 39/40

Lire également par francetvinfo : La première guerre mondiale par ceux qui l'ont vécue

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