Si c'est la première fois que Manon (18 ans), qui vit à Thorenc dans les Alpes-Maritimes, parle ouvertement de son incroyable histoire à la presse, une équipe de France 3 Cote-d'Azur avait rencontré en 2008, Sophie Serrano, la maman "par erreur" de Manon.
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Reportage : Véronique Varin - Eric Jacquet - Alina Chardon - diffusé le 28/11/2008
En juillet 1994, Sophie Serrano met au monde à la maternité de Cannes-La-Bocca, une petite Manon. 10 ans passent et les ragots sur le peu de ressemblance entre Manon et son père ne cessent d'accabler la famille Serrano. Voulant, une bonne fois pour toute, clouer le bec aux colporteurs d'infamies, le père de Manon réclame un test de paternité.
Recherche en paternité
C'est à ce moment que la famille Serrano découvre, avec effroi que Manon n'est ni la fille de son père, ni la fille de sa mère.La famille porte plainte au pénal pour substitution d'enfant. Une enquête permet d'identifier la famille biologique de Manon et la fille biologique des Serrano. L'enquête permet surtout de révéler ce qui s'est passé durant la nuit du 8 au 9 juillet 1994 à la maternité de Cannes-La-Boca. Les deux petites filles, qui ne portaient pas de bracelet d'identification et qui avaient été placées dans un même berceau, ont été échangées.
Plainte au pénal en vain
En l'absence d'infraction pénale, les nourrissons n'ont pas été volontairement intervertis, la plainte est classée sans suite.Depuis, les deux familles qui se sont déjà rencontrées mais qui n'ont pas tissées de liens particuliers ont assigné en responsabilité la maternité, les deux médecins accoucheurs, deux pédiatres et une auxiliaire puéricultrice devant le tribunal civil de Grasse.
Près de 10 ans de procédure judiciaire...
Si l'avocat de la maternité, Maître Claude Chas, reconnaît l'erreur, il "s'interroge quant à la dimension spéculative des sommes réclamées en compensation du préjudice subit", soit plus de 12 millions d'euros. Ce que réfute Sophie Serrano : " Je demande justice. Après huit ans de procédure, cette affaire n'est toujours pas réglée, alors que la faute est flagrante ! Ma fille et moi avons besoin, pour avancer, que la responsabilité de la clinique soit engagée. certains diront que nous faisons ça pour l'argent ou pour susciter la pitié, mais ils n'ont pas idée à quel point c'est douloureux d'en parler. Cette histoire j'en suis malade, car la direction de la maternité affirme que la faute vient des familles".Quid de la responsabilité de la maternité
Au plan juridique, l'avocat soulève un point spécifique aux établissements de santé : ces derniers sont tenus à une obligation de moyens et non de résultats.Qu'en penser ? ! ?
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Reportage : France2
Chronologie
- 4 juillet 1974 : naissance de Manon Serrano dans une maternité de Cannes-La-Bocca
- naissance de Mathilde dans la même maternité.
- Nuit du 8 au 9 juillet : Les deux petites filles souffrant d'une jaunisse sont placées dans le même berceau afin de les soigner, mais les nourrissons ne portent pas de bracelet pour les identifier. Le drame se produit alors. Des deux côtés les parents émettent des doutes sur l'authenticité de leur enfant respectif. Le personnel de la maternité les rassure.
- 2002 : Le père de Manon demande un test en paternité
- 2004 : Les résultats du test ADN démontrent que Manon n'a de lien de parenté, ni avec son père, ni avec sa mère. Le couple porte plainte au pénal pour substitution d'enfant. La trace de Mathilde est retrouvée. Des tests prouvent la filiation croisée entre les deux familles.
- 2005 : La plainte est classée.
- 2008 : France 3 Côte d'Azur relate en premier les faits.
- 2010 : Les deux familles assignent au civil la clinique, les médecins et une auxiliaire puéricultrice.
- 2013 : La procédure est toujours en cours. Prochaine audience en septembre prochain.