Le marché mondial de la plaisance a connu une "légère croissance" en 2013-2014 pour la 1e fois depuis la crise, grâce au marché nord américain, et dans une moindre mesure européen, selon la Fédération des industries nautiques. Le Salon de la plaisance de Cannes (9-14 sept.) sera un indicateur.
Cette reprise reste néanmoins atténuée par le ralentissement dans les grands pays émergents (Brésil, Turquie et Russie et Chine), selon le président de la Fin, Yves Lyon-Caen, lors d'une présentation de la saison nautique."Mais on espérait faire beaucoup mieux", a-t-il ajouté en soulignant que le marché français, "bien que résistant", devrait connaître sa troisième année de baisse. De même, la situation en Europe est "contrastée", avec des "éléments encourageants" dans les pays scandinaves et au Royaume-Uni et "des frémissements" en Espagne, selon la Fin.
Les grands rendez-vous nautiques à retenir :
- Salon de la plaisance à Cannes du 9 au 14 septembre. 1er rendez-vous de la saison, le Festival réunit les acteurs de la plaisance et de la grande plaisance internationale qu'ils soient exposants ou visiteurs, déjà propriétaires ou futurs acheteurs.
- Grand Pavois de La Rochelle, 17 - 22 Septembre
- Monaco Yacht Show, 24 - 27 Septembre
- Les Marines de Cogolin (83) à la Toussaint
- Le Salon nautique de Paris 6 - 14 Décembre
En France, les immatriculations de bateaux neufs sont en baisse de 5 à 7%, mais ce recul est compensé par le marché de l'occasion, qui progresse de 2 à 3%. Ce qui fait qu'au total, les ventes de bateaux neufs et d'occasion devraient légèrement progresser, selon la Fédération.
"L'envie et la pratique sont toujours là, mais le pouvoir d'achat manque" pour soutenir le marché du neuf, a résumé Yves Lyon-Caen.
Autre point positif, le nombre de permis délivrés en 2013 a atteint son plus haut niveau depuis 2008, soit 94.000, mais la hausse n'est que de 1,7% en six ans. La pratique de la plaisance a elle été stable en dépit de conditions météo défavorables au cours de la saison estivale. Le littoral Atlantique et la Manche ont connu un léger recul de la fréquentation, après la très belle météo de l'été 2013, mais le niveau d'activité est resté stable avec un pic de fréquentation sur une période de plus en plus courte.
Stabilité en Méditerranée également malgré une météo maussade en début de saison, rapporte la Fin, qui souligne l'émergence d'une concurrence nouvelle de la part de nouvelles destinations (Italie, Croatie...) grâce notamment à une fiscalité plus favorable qu'en France.
A titre d'exemple, relève Yves Lyon-Caen, l'Italie a abaissé à 10% la TVA sur la location de place dans ses ports de plaisance, soit deux fois moins qu'en Corse qui n'est qu'à 20 minutes de navigation de la Sardaigne.
Pour relever les défis d'un secteur qui a beaucoup souffert de la crise, avec des baisses de 45% en France, de 60% en Allemagne et de 77% en Italie par rapport aux plus hauts d'avant 2009, la Fédération propose deux axes stratégiques "pour asseoir (sa) pérennité" en France.
34.000 emplois directs
Il est impératif selon elle de "renforcer la compétitivité des entreprises" en maintenant leur avance technique et technologique et leur excellence et expertise. Il est également nécessaire de soutenir les entreprises du secteur par la promotion "en France et à l'international (de) l'offre française et (de) son image de marque" ainsi que celle des pratiques liées au nautisme.La Fédération insiste en particulier sur l'importance du secteur nautique dans l'économie, avec des enjeux majeurs pour les régions littorales, qui concentrent 85% de l'activité nautique. Elle chiffre à 34.000 le nombre d'emplois directs liés au secteur pour un volume d'activité de l'ordre de 3,7 milliards d'euros.
"Le secteur a besoin d'être mieux reconnu et appuyé", plaide-t-elle, afin de "permettre à la France de garder sa place parmi les leaders mondiaux". Elle demande notamment de "ne pas entraver son développement par des mesures règlementaires discriminantes".
Selon la Fin, "conserver un marché intérieur fort" est également primordial, ce qui implique d'"éviter tout alourdissement de la fiscalité sur les plaisanciers français et internationaux" ou de "ne pas sanctuariser la mer et le littoral en restreignant excessivement la liberté de naviguer".
La Fin juge enfin impératif de "renforcer l'attractivité du littoral français face au développement de la concurrence des pays voisins" qui commence à se faire sentir.