Les praticiens hospitaliers en grève

Avec ce mouvement de grève, le plus important du quinquennat, les praticiens entendent mettre l'accent sur leurs conditions de travail et la pénurie grandissante de vocations hospitalières.
Avec ce mouvement de grève, le plus important du quinquennat, les praticiens entendent mettre l'accent sur leurs conditions de travail et la pénurie grandissante de vocations hospitalières.

Anesthésistes-réanimateurs, gériatres, gynécologues, urgentistes, psychiatres. étaient appelés à une grève "massive" lundi, pour réclamer au gouvernement l'application de mesures afin de rendre plus attractif l'exercice de la médecine à l'hôpital, qui souffre d'une pénurie de praticiens.

Par Olivier Le Creurer

Grève praticiens hospitaliers
Anesthésistes-réanimateurs, gériatres, gynécologues, urgentistes, psychiatres. étaient appelés à une grève "massive" lundi, pour réclamer au gouvernement l'application de mesures afin de rendre plus attractif l'exercice de la médecine à l'hôpital, qui souffre d'une pénurie de praticiens. - P. Varnier, B. Loth et B. Prou

Les praticiens étaient invités à cesser le travail toute la journée de lundi, puis tous les soirs et toutes les nuits.  Avec ce mouvement de grève, le plus important du quinquennat, les praticiens entendent mettre l'accent sur leurs conditions de travail et la pénurie grandissante de vocations hospitalières, puisque qu'entre "25 et 30 % des postes de praticiens hospitaliers (PH) sont vacants".

25 et 30 % des postes de praticiens hospitaliers (PH) sont vacants

En cause, notamment, le temps de travail des PH, point central des revendications des syndicats. "On arrive à travailler 55 à 60 heures par semaine. On dépasse allègrement le temps de travail (autorisé NDLR) en Europe de 48 heures hebdomadaires", a souligné Yves Rebufat, président du SNPHAR-E. Les médecins doivent réaliser dix demi-journées par semaine, chaque plage de 24 heures équivalant à quatre demi-journées. Si un médecin travaille deux fois 24 heures dans la semaine, sa direction peut lui signifier qu'il lui reste toujours deux demi-journées à effectuer.

"La pression financière plus tenable" 

Jugeant cette situation "inacceptable", ils demandent que les plages de 24 heures soient créditées de cinq demi-journées au lieu de quatre. Les intersyndicales réclament également les moyens de mieux "maîtriser" le temps de travail et que 20% de ce temps soient réservés aux activités hors patients, comme la recherche. Côté rémunération, la "revalorisation substantielle de l'indemnité d'engagement de service public exclusif", ou encore de meilleurs salaires en début et en fin de carrière font également partie des doléances.

Il faut attirer les jeunes, on n'attrappe pas les mouches avec du vinaigre

"Il faut attirer les jeunes, on n'attrappe pas les mouches avec du vinaigre", a souligné lundi Yves Rebufat. La ministre de la Santé Marisol Touraine avait présenté
l'an dernier un plan de 250 millions d'euros financé par des réductions des dépenses d'intérim. "Après quatre ans de discussions avec le ministère de la Santé,
on ne voit toujours rien de concret", a déploré Yves Rebufat.

Une autre grève, à l'appel cette fois des cinq intersyndicales de PH, est prévue le 12 octobre.

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