Nice : le pilou, ce foot emblème du patrimoine nissart, où une pièce remplace la ballon

L'association Nissa Pilo a délocalisé une journée du championnat le dimanche 2 février sur le parvis du Mamac. / © Laurence Collet / FTV
L'association Nissa Pilo a délocalisé une journée du championnat le dimanche 2 février sur le parvis du Mamac. / © Laurence Collet / FTV

Des amoureux de la culture niçoise souhaitent faire renaître l'engouement populaire autour du pilou, un sport atypique, qui a connu ses heures de gloire au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Par Benjamin Hourticq

Le Real Madrid et le FC Barcelone peuvent trembler. Bientôt, les deux clubs de foot qui évoulent en Liga (la première division espagnole), pourraient voir leur notoriété éclipsée sur la Côte d'Azur par les formations de M'en Bati, Testa d'Or, Fai Kaga ou Papa Schultz.

Ces équipes évoluent en Liga, le nom de la première division de championnat local de pilou. Mais kézako, le pilou?

C'est "un 'jeu qui ne coûte pas un franc', comme le dit la chanson des Nux Vomica, écrit André Giordan, président de l'association Nissa Pilo, sur son site internet. Une pièce trouée, de préférence les anciens  'anciens' 10 centimes d'avant-guerre, et un bout de papier constituent un volant".
Le pilou est une petite pièce, trouée, munie d'un bout de papier, en guise de volant. / © Laurence Collet / FTV
Le pilou est une petite pièce, trouée, munie d'un bout de papier, en guise de volant. / © Laurence Collet / FTV
Et le quelles sont les règles du jeu? "Le but de l'activité est de faire voler le volant, uniquement par les pieds, les genoux et la poitrine comme au football pour le faire tomber dans le camp adverse dans des ronds d'un mètre."

Remettre le pilou au goût du jour

Selon André Giordan, Niçois de naissance, auteur du livre Vive le Pilou!, avec José Maria, c'est à l'après-guerre que ce sport de rue a atteint le faîte de sa popularité. Mais comme pour beaucoup de cultures locales, les flots continus de la modernité peuvent être un danger et les vestiges du patrimoine. 

C'est pourquoi des associations comme Nissa Pilo, Testa d'Or ou Avanti dépoussièrent le passé et tentent de remettre le pilou au goût du jour. Ainsi, c'est avec cette ambition qu'une journée du championnat de pilou a eu lieu dimanche 2 février sur le parvis Mamac, à Nice.
En délaissant pour une journée le piloudrome du Mont Alban, leur écrin habituel, la vingtaine d'équipes de Liga 1 et Liga 2, a souhaité remémorer aux Niçois l'existence de ce jeu, enfoui dans l'inconscient collectif de beaucoup.

Car le pilou est bien plus qu'un jeu, au regard de ses adeptes. C'est un véritable symbole de la culture niçoise, loin d'un chauvinisme arc-bouté sur lui-même, mais à l'inverse ouvert sur le monde et inspiré par d'autres horizons.

Pilou et salade niçoise

Ainsi, sur son site internet, André Giordan fait le parallèle avec un autre symbole, la salade niçoise. "Rien n’est niçois parmi les multiples ingrédients de ce célèbre plat ; tout vient d’ailleurs, arrivés des quatre coins du monde, à différentes époques. Pourtant il en ressort un plat incomparable, connu mondialement."

On retrouve en effet un peu cela dans le pilou. Bien qu'il soit Niçois sur la Côte d'Azur, ce jeu existe dans d'autres contrées, notamment en Asie, en Chine et au Vietnam.

Le pilou n'a pas de frontière. Alors, pourquoi ne s'autoriserait-il pas à rêver? En attendant, comme disent ses amoureux, "vive le pilou!"

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