Bouches-du-Rhône : un accueil plus anonyme dans les commissariats pour les femmes victimes de violence

Publié le Mis à jour le
Écrit par Fares Arbaoui .

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin l'avait annoncé fin juillet. Dans plusieurs commissariats aujourd'hui en France, un dispositif permet aux victimes de viol ou de violences conjugales de venir porter plainte de manière plus anonyme. Comme c'est le cas dans les Bouches-du-Rhône.

"Ça a commencé par des violences psychologiques, puis séquestration, viols, attouchements. Même si c’est mon mari, il n‘a pas à me toucher si je lui dis non !". Cette femme d’une trentaine d’année a accepté de témoigner, sous couvert d'anonymat.. Elle a porté plainte. Aujourd’hui, pour sa protection, elle est hébergée dans un foyer d’accueil à Marseille.

En 2020, 102 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint. Moins qu'en 2019, mais toujours trop. 146 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur compagnon en 2019. malgré tout, en pleine pandémie de coronavirus, les violences intrafamiliales ont augmentées notamment lors des deux confinements.

Désormais les violences intrafamiliales sont traitées avant d’autres crimes, tels que les vols à la tire ou les cambriolages.

Des codes couleurs

La discrétion, est l’élément majeur de ce nouveau dispositif. Dans le commissariat du 10e arrondissement de Marseille, la victime se trouve face à une pancarte à l’accueil.

La victime n’a pas besoin d’expliquer les raisons de sa venue. Il lui suffit de pointer la raison de sa venue, une bulle orange pour les viols, agressions sexuelles, violences conjugales ou intrafamiliales", une bulle bleue pour toutes les autres infractions à déclarer. 

Une assistante sociale indépendante de la police et du système judiciaire est à l’écoute des victimes. "En faisant des démarches plutôt discrètes, on va orienter la victime vers une procédure qui vise à éviter le passage à l’acte de son conjoint (s’il est potentiellement violent). Même si le risque zéro n’existe pas", explique Julie Belkacem.

Le ministre de l'Intérieur annonce aussi la création d'ici le 31 octobre de seize "brigades de protection de la famille" (ex-brigade des mineurs), spécialisées dans les violences intrafamiliales, dans des circonscriptions qui jusqu'ici n'en avaient pas.

Parmi elles six vont être créés dans les villes de Martigues, Vitrolles, Aix-en-Provence, la Seyne-sur-Mer, Fréjus et Antibes. 

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