Eco-pâturage sur l'A54 : 250 brebis pour entretenir les bords de l'autoroute à Arles

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Sur l'aire du Merle, près d'Arles, et le long de l'autoroute A54, des brebis sauvées de l'abattoir s'occupent des espaces verts. Un berger et son chien veille sur le troupeau.

D'habitude, la présence d'animaux le long des voies rapides est plutôt perçue comme un danger. Mais aux abords de l'A54, sur l'aire du Merle, c'est pour aider à l'entretien des pelouses que 250 brebis ont été déployées.

"Elles ont l'avantage par rapport à nos engins à nous de pouvoir accéder à des zones qui sont inaccessibles par rapport à une tondeuse ou un engin de tonte un peu plus important. C'est aussi bien pour nous parce que l'éco-pâturage ne produit pas de déchets verts à exporter à l'extérieur du site", détaille Nicolas Lopez, conducteur de travaux chez Vinci Autoroutes.

Pour éviter tout risque, les brebis sont encadrées par un berger et son chien, protégées par des clôtures électriques.

"Jusqu'à présent, on ne trouvait pas dans nos régions d'acteurs capables de mener ces campagnes répondant à la sécurité routière", précise Laurent Noé, responsable communication chez Vinci Autoroutes. Car bien sûr, il est hors de question d'en voir une s'échapper. Désormais, de plus en plus de bergers proposent des conditions de sécurité optimales."

"Une seconde vie pour les brebis réformées"

Armand Marchadier, le berger qui garde les brebis sur l'aire d'autoroute y trouve lui aussi son compte : "c'est un moyen de trouver d'autres rémunérations, car la laine ne vaut plus rien. Et cela permet de donner une seconde vie aux brebis réformées : celles qui ne donnent plus de lait, qui n'ont jamais fait d'agneaux, ou qui sont trop vieilles et qu'autrement on aurait amenées à l'abattoir."

Un peu stressés au début, les animaux se sont vite adaptés : "On est sur le Delta de la Crau, donc on est sur des anciens prés, des parcours de brebis. Elles retrouvent tout ce dont elles ont besoin, elles ne sont pas maigres, elles continuent à faire du lait pour les agneaux", précise l'éleveur.

Le coût pour Vinci Autoroutes est à peu près identique à celui de l'entretien avec des engins à moteur. "Et puis, cela libère nos agents pour d'autres tâches", insiste Laurent Noé.

"Le pâturage, c'est ce qu'il y a de plus traditionnel dans nos régions. L'utiliser nous semble de plus en plus naturel, surtout quand la géographie des lieux s'y prête", explique-t-il.

Les brebis d'Armand Marchadier devraient rester encore un mois environ sur les bords de l'A54, "tant que l'herbe continue à pousser". Du côté de l'échangeur d'Avignon Nord, une vingtaine d'animaux sont déployés à l'année.