Dissolution de l'Assemblée : "Ce monde n'est désormais plus le mien", les réactions des députés de Provence-Alpes

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Au lendemain de l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale, ce lundi 10 juin 2024, les députés réagissent à cette décision en Provence-Alpes. Dans les Hautes-Alpes, le député Joël Giraud (Renaissance) annonce arrêter la politique.

Le Rassemblement national est arrivé largement en tête des européennes, ce dimanche 9 juin, le président de la République a dissous l'Assemblée Nationale, et dans la foulée a annoncé des législatives les dimanches 30 juin et 7 juillet. Les députés du Vaucluse, des Hautes-Alpes, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-de Haute-Provence ont réagi à cette décision.

"Ma carrière et mon engagement s'arrêtent donc le 30 juin"

Dans les Hautes-Alpes, Joël Giraud (Renaissance) annonce mettre fin à sa carrière politique suite à cette annonce.

"Cette dissolution qui est l'annonce d'un gouvernement de cohabitation entre le président et l'extrême droite alliée sans doute à une partie de la droite, compte tenu des forces en présence, ne fait pas partie de mon ADN politique. Ma carrière et mon engagement s'arrêtent donc le 30 juin. J'estime avoir bien servi la France et les Hautes-Alpes pendant toute cette période, mais ce monde n'est désormais plus le mien" .

De son côté, Pascale Boyer (LREM), "prend acte de la décision du Président de la République de dissoudre l'Assemblée Nationale, je la comprends vu les désordres. Une majorité claire et non équivoque est souhaitable pour sortir notre pays de l’ornière".

"Je ne vais pas me laisser dissoudre sans réagir"

Pour Pierre Dharréville, député du groupe Gauche démocrate et républicaine de la 13ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône. " Emmanuel Macron aurait mieux fait de se remettre en question lui-même, c’est un vote qui met en cause sa politique et son comportement et ses choix qui ont maltraité notre peuple". 

Passé ce constat, le député est déjà sur le terrain, le délai de dépôt des listes est très court : "je suis prêt et je suis en campagne ce matin et j’appelle la gauche à se rassembler. Je ne vais pas me laisser dissoudre sans réagir, et je suis toujours déterminé à défendre la population de notre territoire et à défendre la proposition et l’espoir pour notre pays, car on a besoin d’une alternative".

"Je me battrai pour ma circonscription"

Anne-Laurence Petel, (députée LREM) Aix-en-Provence et du Pays d'Aix, comme les autres députés de la majorité, "prend acte de la décision du président de la République qui souhaite redonner la parole aux français", 

Selon elle, "c’est l’heure de vérité, on est face à un choix, veut-on vraiment un gouvernement d'extrême-droite" ? 

L'élue aixoise est également de nouveau sur le terrain dès ce lundi matin, " je repars au combat. Je défends à la fois le bilan de la majorité présidentielle et une vision politique qui va être développée par Emmanuel Macron. Il y a une nécessité d’un rassemblement des forces républicaines, et je me battrai pour ma circonscription dans un esprit républicain".

Selon la députée sortante, " il faut aller dès cette semaine à l’écoute des citoyens dans nos circonscriptions et savoir pourquoi, ils ont voté, RN, ce n’est pas qu’un vote contestataire. Il faut mettre les incohérences du RN en évidence, cela nécessite d’être à l’écoute et répondre aux craintes des citoyens".

"Il prend le risque de donner les clés de Matignon à Bardella"

"Combattif", c'est l'état d'esprit d'Hendrik Davi, député du groupe La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, de la 5ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône ce lundi matin. Après l'annonce d'Emmanuel Macron, il est très surpris "ce qu’a fait Emmanuel Macron est très grave, il prend le risque de livrer les clés de Matignon à Bardella, imaginez la photo, aux JO avec un Premier Ministre raciste".

Si certains titres de presse parlent de "pari" pour évoquer cette décision pour le député sortant, c'est plutôt "un pari complètement fou, car les Français ne vont pas se dédire, le président de la République ne pourra pas reprendre les votes. Seule la gauche peut battre le RN et la condition, c'est le rassemblement pour conserver l’acquis de la Nupes, notamment dans les quartiers, reformer l’arc de la Nupes, le Front populaire pourquoi pas, il faut se rassembler." 

"On a confondu des élections européennes et une élection nationale"

Mohamed Laqhila, député de la 11ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône, de la majorité présidentielle, n'est pas surpris, le résultat, on l’attendait, c’est un vote sanction, on a confondu des élections européennes, a une élection nationale".

Selon lui, depuis qu'ils n'étaient plus majoritaires à l'Assemblée nationale, "c'était compliqué sur les votes, comme pour le budget, où des groupes politiques étaient systématiquement dans l'opposition".

Le message est passé "le président de la République fait une demande de clarification, il demande aux Français ce qu'ils veulent pour la France". 

Pour le député sortant, "on est dans une démocratie, la décision, revient au peuple, s’ils veulent un gouvernement d’extrême droite, il faudra accepter le verdict des urnes, mais on souhaite un sursaut, qu’on parle du fond, c’est la simple question qu’on va leur poser".

Tout va aller très vite, car les dépôts de candidature doivent être faits avant ce vendredi. "Il ne reste que 20 jours de campagne, mais on est prêts.".

Pour Mohamed Laqhila, "on va confronter les programmes des uns par rapport aux autres et on est prêts à débattre sur le fond, et j’espère que les électeurs n’éprouveront pas de regrets".

"Au pays des lumières, l'extrême droite ne peut pas être en tête "

"humilité et engagement" ; sont les deux mots qui viennent en tête chez Jean Marc Zulesi, député (LREM) de la 8ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône ce lundi matin.

"humilité, car c’est un signal très fort envoyé par nos concitoyens, c’est un mouvement qu’on retrouve à l’échelle européenne."

Pour le député sortant, "le message, il faut savoir l’entendre, l’écouter, et être à la portée du signal. C’est une défaite pour tous les partis républicains avec une extrême droite à plus de 40%, on ne s’attendait pas à un score aussi élevé".

Pour l'élu, "on ne peut pas se résoudre que dans le pays des lumières l'extrême droite soit en tête".

"On aborde ce nouveau scrutin avec humilité et responsabilité"

Dans le Vaucluse, le RN a fait un score de 40%. Fort de ce score, les députés sortants se sont déjà mis "en ordre de bataille, une élection chasse l’autre, et il faut s'appuyer sur cette dynamique insufflée aux Européennes". 

Pour le député vauclusien, Hervé de Lépinau "le scrutin d'hier est une motion de censure des Français au président de la République et ils indiquent qu'ils sont prêts à tester le RN aux affaires politiques.

Selon l'élu d'extrême droite, "Emmanuel Macron est critiqué sur sa politique intérieure et européenne".

Depuis cette nuit, une commission d'investiture travaille, mais selon toute vraisemblance" les députés sortants seront reconduits par cette commission".

"Emmanuel Macron se réjouit de ce délai si court qu'il impose à tous les candidats, au service de préfecture, aux imprimeurs, c'est dans la ligne de sa volonté de rendre la vie impossible à tous ses concitoyens, il nous a enfermés dans le délai le plus court qu'autorise la loi avec cette dissolution, il se réjouit de cette situation dans sa volonté de fracturer la société de façon systématique", estime l'élu RN.

Pour lui, "la grande force du RN, c'est sa capacité à mobiliser, à relever les défis électoraux, celui-ci ne nous fait pas peur. On aborde ce nouveau scrutin avec humilité et responsabilité. Humilité face à la mission qui nous sera confiée si nous dégageons une majorité et responsabilité, car la tâche sera immense".

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