L'armée ouvre une enquête après le crash d'un drone tactique Patroller à Saint-Mitre-les-Remparts

Un drone tactique de l'armée s'est écrasé sur une zone inhabitée de la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, dans les Bouches-du-Rhône. Ce vol de réception industrielle ne prévoyait pas le survol de la commune. L'armée a suspendu ces vols et ouvert une enquête ouverte.

Le drone Patroller présenté lors du salon de l'aéronautique du Bourget en juin dernier.  Industries GIFAS.Parc des Expositions du Bourget on June 19 2019
Le drone Patroller présenté lors du salon de l'aéronautique du Bourget en juin dernier. Industries GIFAS.Parc des Expositions du Bourget on June 19 2019 © Bruno Levesque/MaxPPP
Béatrice Aliphat, la maire de la commune a indiqué le 11 décembre dans un communiqué avoir "provoqué une rencontre État / Base aérienne / Délégation Générale pour l’Armement / Industriel et Commune au cours de laquelle il (lui) a été notamment confirmé que cet appareil est déjà fabriqué en série".

L'armée suspend les vols des drones Patroller

"Il ne s’agissait pas d’un vol d’essai de prototype, ajoute l'élue. D’autre part son plan de vol ne prévoyait pas le survol de Saint Mitre les Remparts. Cet appareil pourtant éprouvé a, de manière inexpliquée à ce jour, quitté sa route."

Le bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEA–É) a ouvert une enquête de sécurité pour déterminer les causes de l'accident du drone Patroller le 6 décembre. "J’ai saisi officiellement ce bureau pour être informée des résultats de cette enquête, précise la maire de saint-Mitre. A noter que les vols de ces drones sont suspendus dans l’attente des premiers résultats de cette analyse."

La société Safran Electronics & Defense (SAFRAN), ex-Sagem, conceptrice du drone tactique avait annoncé l'information sur son site dans un communiqué.

Un vol de réception industrielle

"Au cours d'un vol de réception industrielle mené à partir de la base aérienne 125 d'Istres, dans le cadre du programme Système de Drone Tactique, un drone de la société Safran Electronics & Defense opéré par ses équipes s'est écrasé à 15h58 sur la commune de Saint Mitre les Remparts, à proximité d'Istres, dans les Bouches du Rhône".

"Aucune victime n'est à déplorer. La zone où s'est écrasé l'engin a été immédiatement mise en sécurité par les unités spécialisées de la base aérienne 125. Des investigations sont en cours pour déterminer les causes de cet incident."

Aucun risque pour les habitants

"Aucune habitation n’a été touchée, mais ce crash interpelle quant au survol de zones urbaines par de tels appareils en plein test", s'inquiète cependant sur Twitter le conseiller municipal et candidat à la mairie, Vincent Goyer. Contactée le jour de l'accident, la maire de Saint-Mitre-les-Remparts Béatrice Aliphat avait déclaré : "Le sujet est traité par les autorités compétentes, souligne-t-elle, aucune répercussion ni risque pour la population saint-mitréenne."

Une rencontre avec les habitants sur le site

Le motoplaneur a été évacué le mardi 11 décembre par la société Safran, toujours selon la mairie que souligne qu'un "ratissage de la zone d’impact a ensuite été effectué par les personnels de Safran, renforcés par les gendarmes de l’Air de la Base Aérienne 125 d’Istres."

Mercredi, des représentants de la société Safran et la maire se sont rendues sur place en présence des pompiers de la commune. "Nous avons constaté que le terrain ne contient plus aucun débris apparent. A ma demande, la société SAFRAN va procéder à l’analyse des terres dans la zone de l’impact."

"En effet quelques dizaines de litres de carburant uniquement se sont déversés, écrit encore Béatrice Aliphat pour rassurer ses administrés. Les terres polluées seront traitées. Les mesures de restriction d‘accès à cette zone ont été levées à midi, ce jour, par les autorités militaires compétentes."

La mairie organise par ailleurs une rencontre avec les habitants sur les lieux (accès au bout du chemin des Calieux) pour échanger sur cet accident, le samedi 14 décembre à 11h30.

La "Rolls" de l'armée de Terre

Le système de drones tactiques (SDT) Patroller, présenté comme la "Rolls" de l'armée de Terre, a fait son premier vol de qualification industrielle sur le site d’Istres de la DGA Essais en vol le 23 juin dernier.Silencieux et discret, le Patroller peut voler à une vitesse de 100 à 200 Km/h. Le drone est attendu sur les théâtres d'opération mi-2021 pour des missions de renseignement, notamment sur la bande sahélo-saharienne (BSS) précice le site d'information.

Les trois premiers systèmes seront dans un premier temps mis en œuvre par le 61e régiment d’artillerie (61e RA), unité drone experte de l’armée de Terre, indique l'armée de Terre sur son site, ajoutant que, "le Patroller sera un acteur majeur du combat collaboratif, capable de contribuer à un tir au-delà des vues directes (TAVD) ou de collaborer avec des hélicoptères."

"Avec ses 250 kg de charge utile, 14 heures d’autonomie et sur une élongation de 150 km, le Patroller vise à remplacer le système de drones tactiques intérimaire et offrira une nouvelle capacité de recueil du renseignement d’origine image (ROIM), plus performante et modulaire, pour l’appui du niveau tactique dans la profondeur (jusqu’150 km)."

En juin dernier, le Patroller conçu par la société SAFRAN était l'une des stars du 53e salon du Bourget. L'armée de Terre possède actuellement environ 160 drones. En 2023, elle devrait disposer de 1200 engins, allant du drone pesant quelques grammes au drone tactique d'envergure comme le Patroller.​​​​

 
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