INFOGRAPHIE. Provence-Alpes-Côte d'Azur est la troisième région la plus pauvre de France

L'Insee publie ce 3 octobre son panorama régional de la pauvreté. Il ressort de l'étude que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la troisième région la plus pauvre de France. Zoom sur les chiffres qui ressortent de cette étude qui a pour objectif d’adapter au mieux les politiques publiques de lutte contre la précarité.

L'Insee publie ce mardi 3 octobre 2023, un panorama de la pauvreté en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La région se place derière la Corse et les Hauts-de-France au troisième rang des régions les plus pauvres de France. 

En Paca, 17% de la population vit sous le seuil de pauvreté monétaire

Révélant des chiffres de 2020, l'étude montre qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 17% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté monétaire, soit près de 850 000 personnes. C'est plus que la moyenne nationale (14,4 %). 

La pauvreté au sens monétaire en 2020, c'est vivre chaque mois avec moins de 1 120 euros par mois pour une personne seule ou 2 350 euros pour un couple avec 2 enfants de moins de 14 ans.

Le Vaucluse, 5e département le plus pauvre de France

Près d’une personne sur cinq est pauvre dans le Vaucluse, faisant de lui le 5e département le plus pauvre de France. Tandis que les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes se démarquent par un niveau de vie médian des personnes pauvres parmi les dix plus faibles de France métropolitaine. 

De manière générale, les intercommunalités à la limite de la Drôme et du Gard, du Verdon et de l’arrière-pays niçois font partie des établissements publics de coopération intercommunale de France métropolitaine où la pauvreté est la plus forte.

Les jeunes et les familles monoparentales particulièrement touchés

Le taux de pauvreté varie de manière significative en fonction, d’une part, de l’âge et de la composition du ménage d'une autre part. En effet, il atteint 24,9 % pour les personnes vivant dans un ménage dont le référent fiscal est âgé de moins de 30 ans, contre 11,7 % dans le cas où le référent est âgé de 75 ans ou plus.

Si Paca occupe cette troisième position, c’est aussi parce qu’il y a beaucoup de familles monoparentales, explique Julie Argouarc’h, co-autrice du panorama. En effet, dans la région, 30,2 % de la population vivant en famille monoparentale est pauvre, avec un enfant sur quatre en situation de pauvreté.

L'accès au logement pointé du doigt

Les difficultés de logement caractérisent aussi les populations paupérisées en zone urbaine. Selon Julie Argouarc’h, l’offre de logement social n’est pas suffisante au regard des besoins. Les personnes se tournent alors vers le parc locatif privé, où les loyers sont élevés. L’accès au logement peut constituer une difficulté importante pour les plus modestes. La co-autrice explique également souvent, les personnes les plus précaires ont tendance à suroccuper leur logement.

Autant de critères fragilisants qui renforcent l’exposition à la pauvreté. D’autres s’y ajoutent, mais ceux-ci expliquent particulièrement la situation de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’insertion professionnelle est aussi un critère à prendre en compte, avec un marché du travail bouché dans en Paca. En effet, les ménages non insérés dans l’emploi représentent la part la plus importante des ménages les plus pauvres. Les plus pauvres étant les propriétaires non insérés dans l’emploi (9,6 %), avec un niveau de vie mensuel médian à 716 euros. Il s’agit des couples avec un ou deux enfants, vivant dans le rural périurbain.

En revanche, les ménages retraités ayant de petites retraites représentent 30,4 % des ménages pauvres. 

Des facteurs aggravants

Au-delà de la dimension monétaire, la pauvreté peut recouvrir d’autres formes de difficultés sociales et être associée à certains facteurs potentiellement aggravants. Ces facteurs sont ici regroupés en sept thèmes : insertion professionnelle, niveau de formation initiale, logement, situations familiales, mobilité, accès aux soins et accès aux services publics. Dans certains territoires exposés à la pauvreté, ces fragilités se cumulent et peuvent engendrer des situations de plus grande précarité. C’est particulièrement le cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur pour les thématiques du logement et de la situation familiale des enfants avec de nombreux EPCI en grande fragilité.