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Aix-en-Provence : 15 et 12 ans de prison pour les auteurs de la fusillade de l'opéra à Marseille

Maître Alain Lhote, au centre, défend un accusé qui conteste sa participation à la fusillade / © Noémie Dahan/ France 3 Provence
Maître Alain Lhote, au centre, défend un accusé qui conteste sa participation à la fusillade / © Noémie Dahan/ France 3 Provence

Le verdict a été rendu hier soir à la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Les trois protagonistes d'une fusillade à la kalachnikov qui avait fait plusieurs blessés en 2013 dans le quartier de l'opéra à Marseille, ont été condamnés à 15 et 12 ans de prison.

Par Ghislaine Milliet

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné à 15 et 12 ans de prison les trois hommes jugés depuis le début de semaine pour des tirs à la kalachnikov qui avaient fait trois blessés, en 2013, dans le quartier de l'opéra de Marseille.
Farid Houssine, 36 ans, considéré comme le chef du groupe,a été condamné à 15 ans de prison pour tentatives d'assassinat tout comme son frère cadet Kazi.
Un mandat d'arrêt a été délivré à l'encontre du frère aîné, qui était hospitalisé au moment du verdict, selon son avocat.
Murat Akturk, 27 ans, qui a nié faire partie du commando comme Kazi Houssine, a été condamné à 12 ans de prison. 
Les jurés ont été plus cléments que l'avocate générale Béatrice Vautherin qui avait requis jeudi 20 ans de réclusion criminelle afin de "mettre les accusés hors d'état de nuire".

Retour sur  les faits

Les faits remontent au 1er septembre 2013. Parce qu'il s'était fait traiter de "pédé" dans une boîte de nuit du quartier de l'Opéra, en plein centre de Marseille, Farid Houssine était revenu sur les lieux une heure après, avec deux acolytes, pour laver l'affront à coups de Kalachnikov et de pistolet 9 mm. 
Si le principal accusé n'avait pas fait feu avec son colt 45, qu'il avait simplement braqué, les deux autres avaient tiré à au moins 34 reprises sur un groupe de noctambules, totalement étrangers à l'altercation première.
Le déluge de feu avait duré trente secondes, blessant trois jeunes hommes, dont l'un très gravement. Ne faisant miraculeusement aucun mort.
Pour le président de la cour Jean-Luc Tournier, cette riposte était largement disproportionnée. 
"L'origine est d'une banalité absolue. On vous dit "Tu danses comme un pédé" et vous revenez avec des armes dans une voiture maquillée.

Si on vous avait donné un coup de poing, vous seriez allé chercher un char d'assaut ?

a lancé le magistrat.
"J'ai dirigé mon arme chargée en direction du groupe pour leur faire peur. Je n'avais pas l'intention de tuer qui que ce soit", s'est défendu Farid Houssine.
Eraflé sur le sommet du crâne par une balle de Kalachnikov et blessé par des éclats, un livreur de journaux a livré son sentiment d'effroi :

Je croyais que c'était un attentat terroriste, j'étais en sang.

Braqueur de bars, déjà condamné à 12 ans de réclusion criminelle, Kazi Houssine n'a reconnu que le vol de la voiture ayant servi à revenir place de l'Opéra. Ses empreintes avaient été retrouvées sur les plaques d'immatriculation de ce véhicule, incendié quelques heures plus tard.
Murat Akturk pour sa part, s'était rendu en Turquie quelques jours après les faits, mais a démenti s'être mis en cavale. Ses avocats, comme celui de Kazi Houssine, avaient plaidé l'acquittement.

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