Bad boys de Marseille : tout ce que vous ignorez encore sur la chanson d’Akhenaton

Le titre dépeint une réalité propre à la ville mais c’est un des plus connus d’Akhenaton. Enregistré avec la Fonky Family, alors inconnue du public, « Bad boys de Marseille » a deux histoires, une officielle et une officieuse.
 

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« Tu reconnais bien là le style des bad boys ». Ce gimmick entêtant vous a peut-être bercé si, en 1996, vous étiez en âge d’écouter de la musique.

Mais que savez-vous de ce titre enregistré par Akhenaton avec la Fonky Family (alors inconnue du grand public) et Bruizza ?
Marc Toesca nous raconte les débuts d'Akhenaton. Les Bad Boys de Marseille, Je danse le MIA... de gros succès pour le jeune Marseillais
 

Deux versions

Il en existe deux versions. Aujourd’hui, il est difficile d’en faire la chronologie. Laquelle précède l’autre ? L’histoire, elle aussi, a plusieurs variantes.

Le clip officiel de Bad Boys de Marseille.

La plus connue est aussi la plus léchée, la plus entêtante. Elle est étrangement absente de la première édition du premier album solo d’Akhenaton, Métèque et Mat, « conçu comme une authentique biographie rappée », explique Eric Mandel dans son ouvrage « La Face B ». C'est en 1996, sur une réédition du disque à grand succès qu'on l'entend pour la première fois.

L’album se vend à plus de 300.000 exemplaires.

« Ici, c’est Mars, surface rouge, la population panique
Histoires tragiques, atmosphère tendue, volcanique
Linges pendus, murs salis, Boss, trafic
Tapent au cœur de la zique automatique de ma clique », les mots scandés par le rappeur ne semble pas datés.

Pourtant, au fil de ses interventions médiatiques, Akhenaton constate sans cesse les changements de sa ville natale. « Marseille de mes 12 ans c’était plus agité que maintenant », déclare-t-il dans une interview avec Thierry Ardisson.

Dans son film « Comme un aimant », Akhenaton met en scène ces « bad boys » du Panier, pas vraiment mauvais bougres mais condamnés à la magouille, à la prison ou à la mort.

 La vie est courte, les délices du bonheur substantiels // La mort frappe l’oiseau assassiné en plein ciel // Le sort collabore à emporter des fois des corps // Le Bad Boy sort quand le coroner s’endort encore //Mourir à trente ans, passer du bon temps // L’angoisse casse l’enfant, fait du frère un type arrogant // Assuré de voir un autre jour sous les coups // Je peux quand même apprécier un coucher de soleil comme vous


Quelques années plus tôt, Akhenaton clamait justement son amour du Panier dans une interview : « Le Panier qui est quartier assez légendaire à Marseille, le seul quartier qui offre un aspect de village à l’intérieur d’une ville. Pour moi il perd un peu son âme actuellement parce que pour moi l’âme du Panier c’est quand même un côté très populaire et je pense que vouloir y forcer un développement culturel, qui n’est pas naturel. C’est quelque chose de nocif. J’ai l’impression qu’on regarde les gens du Panier comme des gens en vitrine alors que c’est pas ça le Panier, c’est la vie avant tout, c’est un quartier Méditerranéen et ça doit rester ça. »

Marseille, son destin, sa population, ses changements : des thèmes décidément chers au rappeur.