Covid : immersion au cœur du service de réanimation de l'Hôpital Nord de Marseille

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Écrit par Sabrina Soualmia
Service de soin intensive de l'hôpital Nord de Marseille
Service de soin intensive de l'hôpital Nord de Marseille © FTV

L’hôpital Nord de Marseille est au bord de la saturation. Le service de soin intensif accueille les patients les plus critiques de toute la région. Des malades pour la grande majorité non vaccinés, atteints exclusivement par le variant Delta. Plongée en première ligne dans l'unité de la dernière chance.

 Au premièr étage de l'hôpital Nord, le service de soin intensif accueille les patients Covid les plus critiques de toute la région. "Ce patient entré mi-décembre vient de Briançon, il nous arrive aussi d'aller chercher des patients en hélicoptère jusqu'à Nice" nous explique Jean-Marie De Bellise, infirmier perfusionniste.

Le bip incessant des machines témoigne des vies suspendues à un fil. Intubés et inconscients, ils sont en détresse respiratoire extrême. Les poumons ne sont plus fonctionnels. La ventilation mécanique ne suffit plus.

Dans le bloc numéro 14, un homme âgé de 62 ans, originaire d'Aubagne a du être placé sous ECMO, un assistant respiratoire, une sorte de poumon artificiel.

" Ce sont des patients si on ne leur met pas cette machine, ils ne seraient déjà plus avec nous. lls seraient décédés. C'est le maximum que l'on puisse faire pour eux", renchérit l'infirmier Jean-Marie De Bellise en charge de la surveillance de l'appareil.

Des malades de plus en plus jeunes

Les cas graves dans ce service sont de plus en plus jeunes." Dans cette chambre un homme de 47 ans, dans ce box un homme de 53 ans" nous confirme Jean-Marie Forel, chef de service de médecine intensive.

Un peu plus loin dans un autre box tapissé de dessins d'enfants se trouve une mère de famille âgée d'à peine trente ans. "Elle vient de subir une césarienne pour sauver son bébé. Elle n'est pas vaccinée comme 85% des patients admis ici" nous explique dépité le chef de service.

Hospitalisée depuis trois semaines, l'état de la jeune mère commence à s'améliorer. "Je suis en contact avec le service de néonatalogie, nous allons essayer d'organiser dans les prochains jours un peau à peau entre la maman et l'enfant" confie le médecin-chef à son équipe de soignants.

Le variant Delta continue de tuer

La vague Omicron n'est pas arrivée jusque dans l'établissement. Dans le service de médecine intensive, les patients sont exclusivement atteints par le variant Delta. "Le variant Delta c'est sans doute lui qui a été jusqu'à présent le plus agressif. Chez nous dans les cas les plus sévères notamment les patients qui doivent avoir la machine ECMO, ce poumon artificiel, il y a une mortalité qui peut attendre 8 patients sur 10", concède le docteur Jean-Marie Forel.

Chaque infirmier est chargé de surveiller deux patients. Depuis sa prise de service Philippe multiplie les allers-retours dans les chambres de ses patients. Le variant Delta sature le service de réanimation. Les malades restent plus longtemps, parfois plusieurs mois.

Un service de réanimation saturé

Le service tourne à plein régime. Philippe n'a pas une minute à lui. L'équipe du Samu vient d'arriver. Le patient âgée de 53 ans dont il s'occupe depuis trois semaines va quitter son service. Lynda Davico vient lui prêter main forte. " Son état s'est stabilisé. On va le transférer dans l’hôpital où il était initialement pris en charge. Nous devons faire de la place pour un nouveau patient. En ce moment on est en train d’avoir une recrudescence de cas de covid graves," précise le médecin Lynda Divico.

Le patient a peine transféré, le chef de service Jean-Marie Morel  vient de recevoir un appel de l’hôpital militaire Lavéran de Marseille. Une patiente d'une cinquantaine dont l'état s'est dégradé à besoin d'être transportée dans l'unité de réanimation intensive. Les heures s'écoulent et se ressemblent. Les soignants savent qu'ils sont lancés dans un long marathon.

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