Covid : "Nos enfants ont fini de manger à 15h15", le casse-tête du protocole sanitaire dans les cantines à Marseille

Suite aux dernières directives pour lutter contre la Covid-19, les écoles primaires doivent appliquer un protocole sanitaire renforcé à la cantine : moins d'élèves dans le réfectoire et des repas servis jusque très tard dans l'après-midi. Témoignage. 

© Stéphanie Para/MaxPPP

Linda, maman d'élève dans le 3e arrondissement de Marseille a laissé libre cours à sa colère sur Twitter. Elle dénonce la mise en place lundi dans l'urgence du nouveau protocole renforcé pour réduire les risques de contamination à la cantine.

"Nos enfants de CM2 ont fini de manger à 15h15 à la cantine hier! Protocole sanitaire ingérable, sept services de repas pour quasi 300 élèves. C'est inadmissible. Fiasco sur tous les plans. Déconnecté de la réalité du terrain. Personnel manquant, risque de grève", écrit-elle.

Dans un courrier adressé aux parents et posté par cette maman, le directeur de l'école élémentaire Bernard Cadenat tente de désamorcer la grogne. Il explique les difficultés qu'il rencontre pour appliquer les nouvelles mesures.

Lundi, "les élèves de CM1 et CM2 n'ont pu être accueillis dans le réfectoire que très tard, trop tard pour des enfants quoiqu'il en soit", reconnaît-il. 

Laurent Padovani souligne que le temps de service s'étale entre 11h et 14h. Selon le nouveau protocole sanitaire renforcé, il ne peut pas y avoir plus de 46 élèves en même temps dans le réfectoire. Or il doit faire manger près de 300 enfants inscrits à la cantine.

Impossible de jongler avec les horaires

Ce temps des repas empiète sur le temps d'apprentissage pointe encore Linda. "Ça décale les cours, ils sont rentrés en classe à 15h20, qu'est-ce que vous voulez faire après...", s'inquiète la jeune maman d'une petite fille.

"Les plus grands sont les derniers à manger, note Linda, on m'a dit de les prendre à manger à la maison, mais mon fils en CE1 finit à 11h et reprend à 13h, ma fille aînée finit à 12h et reprend 14h... je fais comment?"

Le 14 janvier sur Twitter, l'adjoint en charge des cantines à la mairie de Marseille, Pierre Huguet, avait regretté le manque de concertation et de moyens pour appliquer la nouvelle consigne sanitaire dans les écoles.

La mairie précise que pour répondre aux recommandations elle a dû revoir "la composition des repas, pour des services plus rapides, suspendre le fonctionnement en self, affecter des tables précises à chaque classe, désinfecter et continuer à ventiler les locaux entre chaque service."

Pour limiter le brassage, le ministre de l'Éducation nationale a imposé que les enfants d'une même classe déjeunent tous les jours ensemble, à la même table et en même temps. 

"C'est compliqué, dans l'école, on manque de personnel. Entre chaque enfant, il faut nettoyer les tables et les servir à table parce qu'ils n'ont pas le droit de se lever, ajoute Linda qui en a discuté avec une Atsem. "Elle m'a dit que si ça continue, elles vont se mettre en grève!".

Ce mardi, Linda a constaté que les enfants ont pu rentrer en classe avant 14h. "Apparamment, ils ont pu mettre  86 enfants dans le réfectoire au lieu de 46, et les tatas ont pu un peu mieux gérer".

Dépistage massif à l'école 

En ce qui concerne le dépistage massif des personnels et des enfants, avec accord des parents, Linda est perplexe. "A voir...  Ça aurait été le test salivaire, j'aurai dit oui, mais là, je suis mitigée sur la question", confie-t-elle. 

Jean-Michel Blanquer a annoncé 300.000 tests antigéniques par semaine d'ici février dans les écoles collèges et lycées.

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