ÉDITO. Restaurants clandestins, Michèle Rubirola mise en cause à Marseille : halte aux coupeurs de tête !

Dernière représentante de la classe politique accusée (sans preuve, jusqu'à présent) d'avoir participé à des repas clandestins, la première adjointe à la mairie de Marseille Michèle Rubirola dément catégoriquement. Une pierre de plus à l'édifice du "tribunal médiatique".

Michèle Rubirola, photographiée le jour où elle cédait sa place de maire au bénéfice de Benoît Payan.
Michèle Rubirola, photographiée le jour où elle cédait sa place de maire au bénéfice de Benoît Payan. © Nicolas TUCAT / AFP

On les sent frémir, s'agiter sous leur bocal échaudé par un an de diète coronaviresque.

Les coupeurs de tête sont là qui brassent de l'air, agrémentant de leurs moulinets la tornade médiatique ayant balayé la porcelaine fine des restos clandestins. Bling-bling, fait la vaisselle qui se brise. 

Oui, de luxueux dîners ont été organisés en plein confinement à Paris, en présence d'un gotha qui, peut-être, s'imagine au-dessus des lois. Ou qui s'amuse, par ennui, à en tester les limites.

Tout cela est révélé dans un reportage de M6, diffusé le 4 avril 2021. 

Oui, cent fois oui, on a servi champagne et caviar, dans des flûtes et des assiettes pas si bien dressées que ça par le grand cuisinier Christophe Leroy, ami du show-biz et amateur de couscous (il est le chef français le plus implanté au Maroc).

Le tout chez l'impossible Pierre-Jean Chalençon Ier, davantage empereur du mauvais goût que "représentant de Napoléon sur Terre", comme il s'auto-qualifie. 

Des perquisitions ont été menées au domicile de l'intéressé, une information judiciaire est ouverte : laissons la justice faire son travail et distribuer les mauvais points. 

French connection

Mais voilà que l'affaire rebondit à Marseille. Marseille, la ville des bandits, la ville de ceux qui ne respectent rien, excepté peut-être Notre-Dame, juchée là-haut, sur sa colline.

Le scénario est accrocheur : Michèle Rubirola y tient le rôle principal. La première adjointe à la Santé, par ailleurs médecin, et bataillant, sur un plan personnel, avec la maladie, aurait participé elle aussi à des repas clandestins, dans la cité phocéenne.

Elle prendrait même l'apéritif, rendez-vous compte, avec des amis non masqués mais pas encore démasqués. Le média indépendant Blast le tiendrait "de source sûre" : on n'en sait pas plus.

Dans le jargon politique, on appelle ça une boule puante.

De son côté, l'élue du Printemps marseillais dément lors de cette interview qu'elle nous accorde sur son lit d'hôpital :

durée de la vidéo: 04 min 17
Michèle Rubirola dément avoir participé à des repas clandestins

Elle qui se dit "surprise, choquée", l'est-elle réellement ? N'a-t-elle rien appris des manoeuvres politiciennes visant à décrédibiliser un adversaire en catimini ? 

"En tant que médecin, j'ai toujours respecté les consignes sanitaires, et je suis toujours très exigeante sur le port du masque", martèle-t-elle encore. 

On veut bien la croire. Mais il faudrait des preuves. Qui a oublié Jérôme Cahuzac, affirmant droit dans les yeux que jamais, ô grand jamais, il n'avait planqué d'argent en Suisse ?

La liste est longue des hommes et des femmes politiques ayant concouru au titre de "Super-Menteur", nourrissant chez les Français un climat délétère de défiance généralisée.

Des têtes ! Il faut des têtes ! Et c'est là tout le problème du "tribunal médiatique" : ce n'est plus à l'accusateur de prouver la culpabilité du mis en cause ; c'est au mis en cause d'établir qu'il est innocent. Le contraire de la Justice.

Peut-être Michèle Rubirola a-t-elle dîné dans un restaurant clandestin. Ils existent à Marseille, on en connaît quelques-uns. Ils existent, comme partout. 

Peut-être même a-t-elle commandé du homard, en souvenir de François de Rugy. La carapace de ce dernier, on s'en souvient, n'avait pas résisté.

Mais face à des accusations aussi graves, il conviendrait d'apporter plus d'éléments. N'a-t-on pas dit et répété que des ministres avaient participé aux agapes chez Chalençon ? Du flan !

Et Dupond-Moretti, photographié devant le palais Vivienne à Paris, propriété du truculent collectionneur ? Bidon !

C'est pourquoi France 3 Provence-Alpes a préféré ne pas relayer l'information concernant Michèle Rubirola, lorsqu'elle est sortie ce samedi 10 avril. Une explication s'imposait ; la voici livrée à vous, avec l'humilité de celui qui ne sait pas, ou si peu, et qui évite les jugements, comme la cuisine, à l'emporte-pièce.

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