Hôpital: les internes aussi dans la rue pour une grève illimitée

Journée de mobilisation nationale des personnels paramédicaux, médecins, internes et étudiants en médecine. / © Michael Bunel / MaxPPP
Journée de mobilisation nationale des personnels paramédicaux, médecins, internes et étudiants en médecine. / © Michael Bunel / MaxPPP

"Interne exploité, patient en danger" : les internes en médecine sont appelés à la grève illimitée à partir de mardi par leur principal syndicat (Isni) pour dénoncer la "dégradation des soins" et réclamer une amélioration de leur statut, en pleine crise de l'hôpital public.

Par GB avec AFP

A l'hôpital de la Timone à Marseille, les internes vont rejoindre le mouvement de grève des urgentistes, dès lundi soir, pour n'assurer qu'une garde sur deux. Le syndicat autonome des internes des hôpitaux de Marseille a annoncé faire la grève de la continuité des soins, ainsi que des permanences de nuit et de week-end.

Première conséquence, l'AP-HM a  décidé de fermer certains services et d'assigner son personnel.
 
Mardi matin, une manifestation partira de l'hôpital de la Timone, pour se diriger vers le siège de l'Agence régionale de santé, dans le 2e arrondissement de Marseille.

Près de neuf mois après le début d'une grève inédite dans les services d'urgences, les médecins en formation seront fortement mobilisés mardi, à en croire le président de l'Intersyndicale nationale des internes, Justin Breysse.

"On estime le taux de participation à 60%, soit 16.000 internes sur 27.000", a expliqué cet interne en rhumatologie, se réjouissant du ralliement des internes de biologie médicale et pharmacie (FNSIP-BM) et du soutien des syndicats de praticiens hospitaliers et de jeunes médecins.

Les services hospitaliers "vont être en tension", a prédit Justin Breysse, les internes grévistes ne pouvant être assignés qu'après l'ensemble des médecins séniors.

A l'origine du mouvement, le dépérissement de l'hôpital public, "lieu privilégié de formation" des internes.
Comme les collectifs (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux) et syndicats mobilisés ces dernières semaines pour "sauver l'hôpital", l'Isni n'est pas satisfait du plan présenté fin novembre par le gouvernement, qui prévoit notamment une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d'euros sur trois ans.

Doublement du budget alloué à la santé, reprise intégrale de la dette des hôpitaux ou encore meilleures conditions de travail pour les professionnels de santé font ainsi partie de ses revendications.

Mais l'Isni exige aussi des mesures propres au "statut de praticien en formation" des internes, qui travaillent "en moyenne 56 heures hebdomadaires", selon Justin Breysse, loin des 48 heures réglementaires.

Parmi ces mesures : un "décompte horaire" et non en demi-journées du temps de travail permettant "un paiement des heures supplémentaires", "une revalorisation des indemnités de garde" ou encore un "investissement de fonds publics" dans la formation.

De son côté, le syndicat d'internes en médecine générale (Isnar-IMG) a annoncé lundi vouloir déposer un "préavis de grève pour le 17 décembre", date choisie par les collectifs et syndicats hospitaliers pour une nouvelle journée d'action nationale.

Leur précédente mobilisation, le 14 novembre, avait rassemblé plusieurs milliers de médecins et soignants à travers la France.
 

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