La Marseillaise à pétanque 2022 : la triplette Vaz Baïa de Cabriès s'envole pour les 8e de finales

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Écrit par Laura Cadeau

Une partie en apparence détendue pour les joueurs Vaz Baïa, Herlemann et Dallau, de Cabriès, ce mardi après-midi. Au terme de 13 mènes, ils ont décroché la victoire 13 à 7 face à une équipe varoise composée de Casubolo, Fernandez et Gomez qui, malgré quelques erreurs, a su les défier en cours de match.

C’est dans une ambiance familiale digne d’un dimanche après-midi ensoleillé que commence la partie : en retard, en détente, bref à la marseillaise.

L’équipe de Cabriès, vêtue du tee-shirt orange à l’effigie du virage sud de Marseille face à l’équipe varoise (Saint-Tropez et Saint-Cyr-sur-Mer) habillée en jaune soleil avec le logo officiel de la compétition mondiale. 

La première mène est annulée par le jeune tireur de 22 ans, François Gomez, qui envoie le bouchon 10 mètres plus loin tandis que le doyen de la triplette adverse, David Dallau Josue, sifflote. "Allez fils" lance-t-il à son coéquipier.

Un expert portugais face à un vice-champion de France

Chaque bouchon est automatiquement éjecté par un carreau dans ce début de partie. Un biberon du capitaine de l'équipe orange, Loïc Carlos Vaz Baia, joueur de l'équipe nationale du Portugal, est remplacé par un carreau du capitaine d'en face, Teddy Casubolo, une casquette sur la tête.

"Allez le sang, allez papa, allez ma grosse" encourage le varois mais son coéquipier rate ses deux coups. La triplette Vaz Baïa prend la main : 1-0.

"Oh là je ne suis pas réveillé moi !" s’exprime David Dallau après un lancer un peu trop court. Il se rattrape, au deuxième coup, par un bouchon."Allez mon petit frère, régale toi" lance Teddy Casubolo à son jeune pointeur au visage enfantin surnommé Tito. Mais l'équipe orange grapille un point de plus pour la troisième mène : 2-0.

"C’est un phénomène. En ce moment, il est trop fort et il fait ce qu’il veut avec les boules" glisse un supporter après un carreau de Jérémy Fernandez qui permet à l'équipe de rattraper son retard. Lui est vice-champion de France et a remporté un master en 2021. 2 partout pour la mène 4.

"Allez, continue d’être fort" lui lance son capitaine mais le tireur jaune manque ses lancers plusieurs fois à la mène suivante. Accroupi, Teddy Casubolo a une manière bien à lui de lancer : il lève les yeux à chaque tir.

Une dame assise dans sa chaise pliante, au bord du terrain, prête son mètre pour départager un point : seuls deux millimètres d'écart.

"Vous m’avez dit de pas taper, j’ai pas tapé ! C’est bon ? La fois d’avant, vous m’avez dit que j’étais trop court !" s’énerve David Dallau qui n’a pas réussit à jouer les 4 points avec son tir. Les oranges en prennent tout de même trois (5-2). Et les jaunes, de leur côté, restent calmes et impassibles.

Marcel Herlemann, champion départemental en doublette avec le pointeur Dallau, fait carreau et vient taper dans la main de Loïc Vaz Baïa, laissant ainsi apparaitre "Portugal" tatoué sur l'avant-bras du capitaine.

Mais le jeune pointeur François Gomez réussit à placer sa boule. "Bien joué Tito, tu es passé là où tu ne pouvais pas !" soutient un supporter. Herlemann lui rend le coup en éjectant sa boule et Gomez lui répond en rapprochant la sienne juste après. La sixième mène se solde par un score de 6 à 2.

Vaz Baïa déroule, Casubolo le rattrape

En totale détente, les joueurs de chaque équipe prennent le temps d’échanger quelques mots avec leurs amis venus les supporters, à l'ombre des tilleuls.Les jaunes réduisent l'écart, 6-4.

Après une huitième mène annulée, un carreau d'Herlemann envoie le bouchon 50 centimètres plus loin. L'équipe de Saint-Tropez se rapproche du cochonnet. Le tireur de la triplette jaune loupe son tir et le pointeur en orange aussi. À nouveau, il s’énerve contre lui-même en se frappant les mains.

Vaz Baïa rattrape le coup en rapprochant ses deux boules du cochonnet. "J'espère que vous l'avez marqué que j'ai bien pointé" blague-t-il.

Quelques tensions apparaissent au sein du clan orange. Tito arrive et éjecte les deux boules. Son équipe jaune prend l'avantage avec trois points supplémentaires (6-7). La dixième mène vient ramener le score à 7 partout.

Les capitaines rapprochent, à tour de rôle, leur boule de la bille. Les tireurs, juste après, ratent leur carreau. La partie a rameuté beaucoup plus de monde, le public encercle le terrain sur l’une des allées du parc Borély.

Tandis que les jaunes n'ont plus de boules, les oranges se sourient. Il y a la possibilité de marquer deux points facilement. Mais Dallau rate son coup et la triplette Vaz Baïa ne récupère qu'un point : 8 à 7.

"On va t'emmener jusqu'au bout" 

Pendant la mène 12, Marcel Herlemann fait un carreau sur place. La boule de Tito prend une trajectoire déviée et ne réussit pas à faire bouchon. Même chose au second coup. La triplette Vaz Baïa décolle en empochant trois points, 11-7.

L’équipe victorieuse de la mène précédente lance le bouchon trop loin. L'équipe jaune d'en face, qui a la technique de jouer le cochonnet court, en profite alors pour le placer plus prêt.

"On va t'amener jusqu'au bout" promet Herlemann à Vaz Baïa. Et d'ajouter : "Allez, fais moi plaisir mon p'tit père" à son coéquipier Dallau. Comme une prédiction, c'est à la treizième mène que l'équipe de Cabriès décroche la victoire 13 à 7.

L'équipe jaune se dispatche rapidement. Gomez, à la mine triste, regrette : "Je n'ai pas bien tiré !" De leur côté, la triplette orange de Cabriès est tout sourire.

"On a fait quelques petites fautes de jeu mais on s'est vite rattrapés ! J'ai une totale confiance envers mes collègues ! J'ai une telle complicité avec David que je me permets parfois de lui mettre des petites coups de pression. En un regard, on se comprend et ça déstabilise l'adversaire" confie le capitaine Vaz Baïa qui s'envole au mois de novembre prochain pour les championnats d'Europe avec l'équipe du Portugal.