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Marseille : l'AP-HM lance la première étude nationale sur les personnes nées grâce au don de gamètes

Un nouveau né est en train de se faire peser a la maternité du CHU de Montpellier. / © Guillaume BONNEFONT / MaxPPP
Un nouveau né est en train de se faire peser a la maternité du CHU de Montpellier. / © Guillaume BONNEFONT / MaxPPP

Si vous avez conçu votre enfant grâce au recours au don de sperme ou d'ovocytes ou à l'inverse, si vous êtes nés grâce à un don de gamètes, participez à la première étude nationale sur la circulation de l'information au sein des familles concernées.

Par Ludovic Moreau

Vous avez conçu votre enfant grâce à un don de spermatozoïdes ou d'ovocytes, mais l'avez-vous dit à votre enfant ? Comment a-t-il vécu cette information ?

Le Centre d'Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme (CECOS) du laboratoire de biologie de la reproduction, à l'hôpital de la Conception à Marseille et en partenariat avec le Centre Norbert Elias, lance pour la première fois en France, une grande étude nationale sur les pratiques d’information dans le recours au don de gamètes.

Financée par l’Agence de la Biomédecine, cette étude s’intéresse à la circulation de l’information dans les familles. L'objectif principal est d'évaluer, à l'échelle nationale, l'information des personnes conçues par don de gamètes sur leur mode de conception. Elle croise les points de vue et l'expérience des parents et des enfants (majeurs pour l'étude) nés par ces techniques.

Les couples posent des questions

"Les couples nous posent des questions sur ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire" explique le professeur Catherine Metzler-Guillemain, responsable du service de biologie de la reproduction à l'hôpital de la Conception et précise :

C'est important d'avoir des informations à donner. Tout le monde ne parle pas. Malgré l'anonymat, certaines familles sont mal à l'aise avec cette question.

Cependant, le professeur reconnaît qu'aujourd'hui, les parents parlent plus qu'il y a 10 ou 15 ans. 

Certains couples changent d'avis, ils avaient prévu d'en parler et finalement renoncent ou à l'inverse, des couples assuraient qu'ils informeraient leur enfant et ensuite, ils ne trouvent jamais le bon moment.

Du côté des enfants nés grâce à un don de gamètes, il y a très peu de retours d'expérience. Sont-ils informés ? Comment ont-ils vécu cette information ? Cette étude permettra sûrement d'évaluer ce qui parfois, reste un secret de famille.
Illustration de gamètes / © DAVID Thierry
Illustration de gamètes / © DAVID Thierry

Participez à l'étude en ligne

Cette étude va durer un an, la démarche est à la fois quantitative et qualitative et va s'appuyer, d'une part, sur des questionnaires en ligne et d'autre part, sur des entretiens destinés aux parents ayant eu recours à un don et aux personnes qui en sont issues.

Cette étude poursuit un double objectif, esquisser de grandes tendances concernant le partage de l’information sur le recours au don dans les familles et comprendre les motivations des choix parentaux et le vécu des personnes nées de don

précise le professeur Catherine Metzler-Guillemain.

A terme, en éclairant les dynamiques familiales et personnelles associées au partage de l’information ou à son absence, cette étude permettra un meilleur accompagnement des personnes et des familles concernées par le recours au don.

Le don de gamètes est connu depuis le XIXe siècle

L’assistance médicale à la procréation (AMP) avec don de gamètes est connue depuis le XIXe siècle. En France, le premier Centre d'Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme (CECOS) a été créé en 1973 pour encadrer cette pratique avec trois principes clés : la gratuité, l’anonymat et le volontariat. Ces principes sont intégrés dans la loi de bioéthique depuis 1994. Néanmoins, ni la loi ni le guide de bonnes pratiques cliniques et biologiques en Assistance Médicale à la Procréation n’évoquent la notion d’information des enfants conçus par don, et ils n'imposent rien aux couples ou aux équipes médicales à propos de l’information des enfants ainsi conçus sur leur mode de conception.

En France, on estime qu'environ 1.000 naissances par an le sont par don de sperme et entre 100 et 200 par don d'ovocytes, mais ces chiffres ne concernent que les prises en charge dans les centres d'AMP et ne prend pas en compte celles à l'étranger.

Pour participer à cette étude, cliquez sur le lien suivant : Les pratiques d’information dans le recours au don de gamètes.
 

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