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Marseille : Bourbon au tribunal pour des soupçons de corruption en Afrique

© Edouard Coulot / MaxPPP
© Edouard Coulot / MaxPPP

La société et huit de ses dirigeants sont jugés à partir de lundi. L'entreprise, cotée en bourse, est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Marseille pour corruption active d'agents publics étrangers. Bourbon, dont le siège social est à Marseille, est l'un des leader dans l'offshore.

Par MC avec AFP

Soupçons de corruption en Afrique 

En 2012, Marc Cherqui, directeur fiscal du groupe Bourbon, de retour d'un voyage d'affaires au Nigeria atterrit à l'aéroport de Marignane... Mais il ne peut pas récupérer son bagage dont il s'empresse de déclarer la perte... Et pour cause, la
valise qui a été retrouvée et a été confiée aux Douanes.
Elle contient, rangés en liasses de 100 dollars, quelque 250 000 dollars.

Selon l'accusation, les investigations ont révélé "une volonté assumée" du groupe au 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et "qui ne paie aucun impôt en France, de se soustraire au paiement des impôts légitimement dus", en l'occurrence au Nigeria, en Guinée-équatoriale et au Cameroun, en soudoyant des agents de recouvrement en cas de redressement, pour un montant total estimé d'environ 3,2 millions de dollars.

"Cadeaux à l'africaine" et pots-de-vin

Les 250.000 dollars retrouvés dans la valise représentaient en fait "le reliquat de l'opération de corruption".
Selon Marc Cherqui qui assure avoir prévenu sa direction, le fisc nigérian réclamait 227 millions de dollars d'amendes à Bourbon pour fraude fiscale et aurait accepté de ramener cette somme à 4 millions après le versement de 2,7 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires.

Il ne s'agissait pas d'incompétence" mais "d'un système organisé visant à payer le moins d'impôts possible en France et à l'étranger"

 

La défense nie la provenance de l'argent

    Il n'y a pas d'argent sorti de Bourbon ni d'aucune de ses filiales. L'enquête n'a jamais identifié les agents qui auraient touché cet argent et d'où il proviendrait

assure l'avocat de Bourbon, Maître Ludovic Malgrain. "Il y a sûrement eu des manquements dans le contrôle de ce Monsieur Cherqui", concède l'avocat mais ce dernier a agi "pour son compte personnel".
   
Pour l'entreprise aux 8 400 employés, durement touchée par la chute des cours du pétrole il y a quatre ans, le procès "tombe au plus mal" et pourrait mettre à mal ses relations avec ses partenaires internationaux, reconnaît l'avocat.


Le procès est prévu jusqu'au 27 mars au tribunal correctionnel de Marseille

 

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