Marseille : la diaspora comorienne manifeste contre la "dictature" aux Comores

Deux mois après la réélection contestée du président Azali Assoumanin, la diaspora comorienne a manifesté dimanche à Marseille "contre la dictature" aux Comores. 

Ils avaient manifesté leur inquiétude avant le scrutin de mars, puis après la réélection du président
Azali Assoumani.

Ce dimanche, un millier de personnes se sont rassemblées à la porte d'Aix. Avec 150.000 personnes, la communauté comorienne de Marseille est l'un des plus importantes de la diaspora.

Tu n'es pas notre président

Zilé Soilihi, coordonateur du conseil des comoriens de l'extérieur pour la démocratie explique "tous les dimanches depuis le 24 mars, nous nous réunissons ici pour protester contre la dictature instaurée en Union de Comores par le colonel Azali. Et cette journée est particulière car c'est aujourd'hui que ce colonel qui a réalisé un véritable coup d'Etat électoral est invetsi des pouvoirs de chef de l'Etat. C'est un jour où tous les Comoriens crient leur colère "Tu n'es pas notre président".
 
"On est fatigués de toi", "Dégage!" lancent en écho les manifestants en cortège derrière la grande banderole qui dit "Azali n'est pas mon président" pendant que d'autres portent un cercueil recouvert du drapeau des Comores.

Plusieurs des douze anciens candidats opposants au président sont venus. Ils refusent de reconnaître la victoire d'Azali, mettant en avant des fraudes massives largement confirmées par la société civile comorienne et les observateurs internationaux.
 

Hold-up électoral

"Nous demandons de nouvelles élections après ce hold-up électoral", a déclaré Saïd Larifou, l'un de ces anciens candidats. C'est le premier soulèvement pacifique dans l'Union des Comores, pour la démocratie, la paix et la liberté au pays".

La France ne doit pas laisser tomber les Comores

Un autre opposant, ancien gouverneur de l'île de Grande Comore, Hassani Hamadi, explique s'être rendu en France pour échapper à une arrestation. Comme beaucoup, il en appelle à la communauté internationale et à la France, voisin et ancienne puissance coloniale : "la France ne doit pas laisser tomber les Comores".

Pour des élections libres

"Nous demandons à la communauté internationale de ne pas valider" le scrutin et "d'oeuvrer pour des élections libres", abonde Tocha Djohar, député comorien.  Il explique avoir fui en France après "neuf mois de cavale pour des raisons politiques".

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali a été réélu après avoir remporté le premier tour de l'élection présidentielle du 24 mars avec 59,09% des voix.