Marseille : excédé par le bruit, un homme poignarde un SDF

Parce qu'il faisait trop de bruit, un SDF a été poignardé par un habitant de la place Charles-de-Gaulle à Marseille dimanche soir. Selon La Provence, la victime faisait partie d'un groupe de sans-abri. Elle a été poignardée au niveau du thorax.

La misère se reconnait à certains détails indescriptibles
La misère se reconnait à certains détails indescriptibles © TOMASELLI Antoine / Maxppp

La scène se déroule place du Général de Gaulle, la "place du manège" tout près de la Canebière et du Vieux-Port. Selon nos confrères de La Provence, un groupe de sans-abri fait du bruit sur la place, le dimanche 3 janvier.

Autour de 22h30, un voisin descend, leur parle, sans succès. Il retourne chez lui, redescend armé d'un couteau de cuisine et blesse un des SDF au thorax. La victime est secourue sur place par le SAMU. Elle est entre la vie et la mort. L'auteur du coup de couteau avait bu de l'alcool.

Quand la misère dérange...

La misère fait du bruit, n'est pas jolie à regarder. Et parfois difficile à côtoyer. Irène Léger est responsable de l'équipe mobile de la Croix-Rouge à Marseille. Elle organise des maraudes tous les jours sauf le dimanche. 

"Bien sûr, on constate des comportements qui peuvent déranger chez des personnes hors du système. Mais les Marseillais semblent plus solidaires qu'avant. Parce que nous sommes en hiver, mais aussi depuis le premier confinement."

Cette spécialiste de la solidarité remarque que des voisins sont attentifs aux gens qui dorment dans leur rue. Qu'ils soient aisés ou pas, ils sont solidaires, apportent des vêtements et de la nourriture. "C'est une impression, ça ne repose pas sur des chiffres", précise Irène Léger 

Stéphane Lazare est responsable des maraudes des Restos du Coeur à Marseille. Il estime que la population qui vit dans la rue a augmenté de 15 à 20 % depuis le premier confinement.

"Cette agression montre l'insécurité de vivre dans la rue", commente Stéphane Lazare. "Si les nuisances sonores n'étaient pas venues de SDF mais d'un groupe de jeunes, par exemple, ça n'aurait probablement rien changé."

Kamel Fassatoui, responsable d'Emmaüs Pointe Rouge, constate qu'il n'y a pas plus de sans-abri mais plus d'aide. "Avec le virus, il y a eu une prise de conscience, plus d'indulgence". Pendant les confinements, beaucoup de Marseillais sont venus proposer de faire du bénévolat. "A Noël, ils nous ont apporté des cadeaux pour les sans-abri, c'est nouveau pour nous."  

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