Municipales : perquisitions au QG de campagne de Martine Vassal pour procurations frauduleuses

Une perquisition a eu lieu ce samedi 12 juin au local de campagne de la tête de liste LR Martine Vassal. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour fraude aux procurations.

Une perquisition a eu lieu ce matin au QG de campagne de Martine Vassal
Une perquisition a eu lieu ce matin au QG de campagne de Martine Vassal © GEORGES ROBERT - Max PPP

Une perquisition a été menée samedi matin à son local de campagne. 

Samedi, la procureure de la République Dominique Laurens a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur de possibles fraudes aux procurations de militants et candidats LR avant le second tour des municipales à Marseille.

Jeudi, l'hebdomadaire Marianne et le journal de France 2 avaient révélé que deux candidates présentes sur des listes de Martine Vassal (LR) proposaient des "procurations simplifiées" sans respecter les procédures.

Le GQ de campagne de Martine Vassal, situé rue Paradis dans le 8ème arrondissement de Marseille, a été perquisitionné.
Le GQ de campagne de Martine Vassal, situé rue Paradis dans le 8ème arrondissement de Marseille, a été perquisitionné. © Jean Poustis - FTV

Une enquête ouverte pour "manoeuvres frauduleuses, faux et usage de faux"

L'enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire, a été ouverte vendredi soir pour tenter de caractériser de possibles "manoeuvres frauduleuses" en vue d'établir ces procurations d'électeurs ainsi que pour "faux et usage de faux", a déclaré à l'AFP Mme Laurens.

"La justice fait son travail, elle vérifie si des infractions ont été commises et à qui les imputer", a-t-elle ajouté.

Dans ce bastion de la droite où le scrutin s'annonce particulièrement serré après un premier tour où l'union de la gauche est arrivée devant l'héritière du sortant LR Jean-Claude Gaudin, ces révélations ont suscité un tollé.

Près de 5 000 procurations incomplètes 

Les adversaires de Martine Vassal ont fait part de leur indignation. Le Printemps Marseillais, la liste d'union de la gauche de Michèle Rubirola qui a dénoncé à plusieurs reprise des risques de fraude autour des élections à Marseille, a annoncé avoir lancé "une opération de contrôle citoyen" pour vérifier les procurations déposées dans les locaux de la mairie.

Dans un communiqué, le parti s'engage à se déplacer quotidiennement et jusqu'à la fin des élections au bureau de la direction des élections de la mairie pour vérifier toutes les procurations déposées.

"Nous contrôlerons chaque jour l’inflation des procurations, les bureaux dans lesquels elles se tiennent et nous dénoncerons si nous constatons des irrégularités."

Vendredi, elle aurait ainsi trouvé "4.595 procurations incomplètes", où "manquait déjà la date à laquelle la procuration a été effectuée et le nom de l'officier de police judiciaire devant qui la procuration est signée", des informations obligatoires.

"Craignant une défaite, une partie du personnel politique de droite serait en train de préparer un hiver démocratique à Marseille", s'alarme cette liste.

Un démarchage douteux

Sur Facebook, des captures d'écran circulent. La véracité de ces éléments restent à prouver. Si elles s'avèrent authentiques, ces images pourraient s'avérer compromettantes.

Il s'agit d'un mail du maire de secteur Yves Moraine, également avocat et soutien de Martine Vassal. 

Président du groupe LR au conseil municipal, il y fait un démarchage électoral personnalisé, à la fin du quel il précise : "Si vous avez besoin de procurations dis le moi, je viens et on les fait ensemble, pas besoin de se déplacer."

Yves Moraine pourrait lui aussi avoir participé à la récolte de procurations
Yves Moraine pourrait lui aussi avoir participé à la récolte de procurations © Capture d'écran diffusée sur Facebook

Interrogé par France 3, Yves Moraine ne nie pas avoir écrit ce mail. L'avocat affirme qu'il ignorait être hors la loi, et ne voit pas le mal en la démarche.

L'homme de droit nous répond : "Nous pensions que les conditions de vérification de l'identité seraient assouplies vue la situation sanitaire. Et qu'une simple signature suffirait."

Les adversaires de Martine Vassal demandent son retrait

La veille de la perquisition, la candidate Martine Vassal assurait ne pas être au courant de ces pratiques.

Via un communiqué, elle se désolidarisait des auteurs des faits et demande leur retrait de la campagne.

"Si ces faits sont avérés, ils sont inacceptables", a-t-elle condamné sur Twitter. "Je n'admets pas que quiconque puisse enfreindre les règles."

À quelques jours du second tour, ces révélations ont pour le moins chamboulé la campagne électorale d'entre deux tours. Dans la course à la mairie, tous les candidats ont réagi.

Quand certains s'indignent, d'autres vont jusqu'à demander le retrait de la candidature de Martine Vassal. À l'image de Sophie Camard, tête de liste du Printemps marseillais dans les 1er et 7ème arrondissements :

La député suppléante de Jean-Luc Mélenchon intime à Martine Vassal : "Vous tentez d'organiser la fraude électorale. Vous sortez du cadre républicain. Démissionnez. Et retirez votre liste."

Même réclamation pour Stéphane Ravier, tête de liste RN. Pour le candidat, Martine Vassal ne peut pas poursuivre la campagne après de telles révélations.

"Une accumulation d'irrégularités et de fraudes de la part du gang Vassal ont déjà été dévoilés. Martine Vassal serait peut-être bien inspirée de se retirer. Ça me semble difficile qu'elle maintienne sa candidature." 

Pour lui, la défense de la candidate ne tient pas. "Tout porte à croire qu’il ne s’agit pas de l’initiative individuelle d’une militante. On voit dans le reportage de France 2 que c’est une habitude de recevoir du monde à la permanence pour les procurations. Ça semble normal pour eux. J’ai du mal à croire que Martine vassal ne soit pas au courant alors que ça se passe dans son local."

Enfin, il précise qu'il n'a jamais reproduit de telles pratiques. "Non, tout le monde n’utilise pas ces méthodes, en tout cas pas le Rassemblement National. Avec ces crapules, c’est encore Marseille qui est sali."

Sur sa page Twitter, le candidat Rasemblement National s'était déjà indigné à la suite des révélation de France 2 :

Michèle Rubirola, tête de liste du printemps Marseillais, a quant à elle refusé de s'exprimer sur la question, au delà d'un communiqué de presse présentant l'opération de contrôle citoyen du parti. 

La préfecture elle-même a tenu vendredi, dans la foulée des révélations, à rappeler les conditions du vote par procuration, que les personnes pointées par les reportages ne semblent pas respecter.

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