Le plongeur photographe Alexis Rosenfeld à la découverte des récifs de l'Amazone

Les plongeurs doivent descendre pendant 20 mètres dans une couche verte et dense à très faible visibilité. / © Pierre Baelen / Greenpeace
Les plongeurs doivent descendre pendant 20 mètres dans une couche verte et dense à très faible visibilité. / © Pierre Baelen / Greenpeace

Le photographe plongeur Alexis Rosenfeld participe à une expédition scientifique Greenpeace-CNRS au large de l'Amazonie pour étudier les récifs de l'Amazone par plus de 100 mètres de profondeur.

Par Annie Vergnenegre

Alexis Rosenfeld a plongé avec le Commandant Cousteau et Henri-Germain Delauze. Depuis plus de quarante ans, le photographe plongeur sonde les profondeurs océaniques à travers le monde à la recherche de mondes inexplorés.

Un monde inexploré

Cette fois, à plus de 4 000 kilomètres de Marseille, il participe à une expédition scientifique Greenpeac-CNRS pour étudier le récif de l'Amazone. Une nouvelle source d'émerveillement. 

C'est quelque chose d'extraordinaire pour nous de venir plonger sur cet endroit, personne, aucun plongeur, aucun photographe n'est venu sur le récif de l'Amazone

raconte-il. On est les premiers à découvrir cet endroit et ça a quelque chose d'absolument merveilleux. On est au-delà du rêve de découvrir un endroit, de savoir qu'il y avait cette vie sous le panache de l'Amazone, et d'être les premiers à balader nos palmes dans cet endroit merveilleux"

La découverte d'un oasis de vie

Pour accéder à ce monde merveilleux caché sous le panache, il faut traverser pendant 20 mètres une première couche d'eau saumâtre verte, si dense qu'elle offre au plus un mètre de visibilité, parfois beaucoup moins.

"Et en dessous, c'est le noir absolu. On allume nos lumières et on descend". Après 3 minutes de plongée surgit enfin un oasis de vie.

C'est de la magie!

Expédition au large de l'Amazone
Le photographe plongeur Alexis Rosenfeld participe à une expédition scientifique Greenpeace-CNRS au large de l'Amazonie pour étudier les récifs de l'Amazone par plus de 100 mètres de profondeur. - Greenpeace - Olivier Bianchimani - Christof Schwaiger
Ces plongées profondes à 100 à 120 mètres n'ont rien d'une villégiature, même à 500 km de l'embouchure du fleuve. "Nous subissons son influence. La puissance du plus grand fleuve du monde. Les courants sont excessivement importants, parfois 10 km/h." 

"C'est un travail dans la nuit absolue. Les eaux sont extrêmement chargées en matières qui descendent de la surface, c'est comme de la neige, explique le photographe, normalement j'essaie d'avoir des images très colorées et là je dois composer avec ces particules qui font une neige et comme des étoiles un peu partout."

Une petite usine sur le dos

Pour plonger à ces profondeurs, Alexis Rosenfeld doit porter une véritable petite usine dans le dos. L'appareil fabrique le mélange de gaz adapté en fonction de la profondeur et des besoins de l'organisme.

"On est à plus de 100 mètres, on ne doit plus utiliser l'azote qui est dans l'air, on met de l'hélium, on doit mettre un tout petit peu d'oxygène sinon il y en a trop et ça pourrait être dangereux. La machine avec les ordinateurs calcule notre juste besoin."

Les plongeurs ne disposent que de 15 à 20 minutes pour photographier et récolter leurs échantillons. La remontée prend trois heures avec de longs palier de décompression.

Sauver les océans

L'exploration est terminée. Reste pour Alexis Rosenfeld la magie de ces 15 jours passés au large de l'Amazone. 

En 2019 nous sommes encore capables, aux confins des océans, de découvrir des mondes inconnus.

Mais ces univers merveilleux sont menacés. A l'heure où à la surface du globe, les avertissements se multiplient sur la crise du climat, cette mission menée en partenariat avec Greenpeace et le CNRS fait le lien avec la crise des océans.

"Il faut protéger ce récif et l'ensemble des océans, pour leur biodiversité extraordinaire et pour le rôle primordial qu'ils jouent dans la régulation du climat," avertit Greenpeace.
  

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