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Ce que l'on sait sur la disparition d'un septuagénaire retrouvé mort dans un hôpital à Marseille

Hôpital de la Conception à Marseille / © David Rossi/MaxPPP
Hôpital de la Conception à Marseille / © David Rossi/MaxPPP

Que s'est-il passé le 19 août à l'hôpital de la Conception ? Après la découverte du corps de Jean Ligonnet dans une unité désaffectée, le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour homicide involontaire. Dans le même temps, l'avocat de la famille accuse et attaque l'hôpital.

Par Ludovic Moreau

Après la découverte, mardi soir, du corps en état de décomposition d'un septuagénaire, dans une unité désaffectée de l'hôpital de la Conception, où il avait disparu 15 jours auparavant, une autopsie a été ordonnée. 

Cette autopsie devait à la fois confirmer l'identité de Jean Ligonnet, le septuagénaire qui avait disparu, mais aussi déterminer les causes de la mort.

"Suite à l'analyse des éléments disponibles, et notamment après l'autopsie du corps qui n'établit pas l'intervention d'un tiers, il a été décidé de poursuivre l'enquête ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cette mort, et ce sous le chef d'homicide involontaire", a indiqué Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Marseille.

Ce chef d'homicide involontaire, pourrait indiquer que l'analyse des éléments disponibles impliquerait la responsabilité d'un tiers, dans le décès de Jean Ligonnet. Mais seules les conclusions de l'enquête pourront le déterminer.

L'avocat de la famille attaque l'hôpital

Ce matin, devant l'entrée de l'hôpital de la Conception, maître Victor Gioia, l'avocat de la famille de Jean Ligonnet, organisait une conférence de presse. Il accuse l'Assistance publique. 

"C'est le mensonge de l'hôpital qui a tué le père de mon client" affirme-t-il, accusant l'hôpital d'avoir fait croire à son client que des recherches actives avaient été entreprises, alors que selon lui, ce n'est pas vrai.
Jean Hospice très remonté après le décès de son père

La colère du fils de la victime, retrouvée morte dans un couloir désaffecté de l'hôpital, 15 jours après sa disparition. Aller plus loin ➡ https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouch...

Publiée par France 3 Provence-Alpes sur Mercredi 4 septembre 2019
Plus grave encore, l'avocat accuse l'hôpital d'avoir proposé une contre-partie financière à son client.

"Alors que l'enquête n'a pas encore commencé, est-ce normal qu'un fonctionnaire se rapproche de la partie en deuil et lui propose de l'argent, en l'absence d'un avocat, alors que la personne est vulnérable ?"

Maître Gioia envisage de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, pour "non-assistance à personne en danger" et "tentative de subornation".

De son côté, la direction de l'hôpital dément formellement avoir proposé de l'argent. Elle indique avoir expliqué à Jean Hospice, le fils du défunt, qu"'il existait des voies de recours et de médiation possible".

Que s'est-il passé le 19 août dernier à l'hôpital ?

Jean Ligonnet, 73 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer, était domicilié dans un Ehpad, L'âge d'or", à la Seyne-sur-Mer, dans le Var. Depuis 11 mois, il se rendait régulièrement à l'hôpital de la Conception, pour suivre un traitement de chimiothérapie. Il n'y avait jamais eu de problème, jusqu'au jour de sa disparition.

Le 19 août dernier, Jean Ligonnet a rendez-vous à 11h. Il arrive en taxi à l'hôpital de jour, situé au 4e étage, pour y recevoir son traitement habituel. "C'est un traitement spécifique qui est fabriqué ici, à l'hôpital" a précisé la direction de l'hôpital, mercredi lors d'une conférence de presse.

D'habitude, Jean Ligonnet est pris en charge dès son arrivée. On lui administre son traitement et il repart aussitôt. D'ailleurs, le chauffeur de taxi l'attend pour le ramener à son domicile.

Sauf que ce jour-là, pour une raison qui n'est pas encore expliquée, le traitement n'est pas prêt. Jean Ligonnet doit attendre en salle d'attente jusqu'à 14 h.

Selon le fils du défunt, le chauffeur de taxi aurait indiqué au personnel soignant qu'il doit s'absenter pour une course. Jean Ligonnet reste donc seul. "On lui a apporté un plateau repas", a précisé la direction de l'hôpital. C'est à partir de ce moment-là que Jean Ligonnet disparaît.

Mardi 3 septembre, une odeur forte et nauséabonde est ressentie par les patients de l'hôpital. Des recherches sont entamées pour en déterminer la source. Elles conduisent à la découverte du corps de Jean Ligonnet, dans une aile désaffectée de l'établissement.

Des certitudes et des suppositions

S'il n'y avait jamais eu de problème avec Jean Ligonnet depuis 11 mois, son fils, Jean Hospice a indiqué qu'il avait déjà fugué plusieurs fois de l'Ehpad, depuis une période récente. La direction de l'hôpital affirme qu'elle n'était pas au courant.

Elle reconnaît en revanche, que l'état de démence et de désorientation lui avait été signalé."Il aurait été préférable que M. Ligonnet soit accompagné", a reconnu Sylvia Breton, directrice générale adjointe de l'AP-HM.

Selon les éléments disponibles, la direction de l'hôpital suppose que pour une raison inconnue, Jean Ligonnet a quitté la salle d'attente de l'hôpital de jour par l'issue de secours et après un temps indéterminé, aurait pénétré dans une unité désaffectée, située au 6e étage, vraisemblablement par l'entrée de secours qui était fracturée.

Il n'existe que deux entrées dans cette unité et l'entrée principale est fermée, verrouillée par un cadenas. La direction de l'hôpital affirme avoir visité ce lieu à plusieurs reprises, sans avoir remarqué Jean Ligonnet et précise que depuis le 19 août, les recherches n'ont jamais été arrêtées.

L'enquête pour homicide involontaire devra déterminer les causes et les circonstances de la mort de Jean Ligonnet, ainsi que les responsabilités.

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