La grève des pilotes d'Air France entre dans sa deuxième semaine

L'aéroport de Marseille Provence. / © Boris HORVAT AFP
L'aéroport de Marseille Provence. / © Boris HORVAT AFP

La grève pourrait trouver une issue dans la journée, les syndicats ont indiqué que le projet de développement de Transavia, au coeur du conflit entre pilotes et direction, est suspendu jusqu'en décembre. 

Par Annie Vergnenegre

Les pilotes ont reconduit leur grève pour une deuxième semaine et le mouvement était très suivi au sein d'Air France ce lundi matin. La compagnie a annulé 68 vols sur Marseille Provence soit 90 % du trafic prévu aujourd'hui. Sur l'ensemble de l'aéroport la grève se répercute par 23 % de vols annulés à Marignane ce lundi. 
Un peu avant 11 heures, les syndicats ont annoncé que le projet de développement en Europe de la low-cost d'Air France, Transavia, au coeur du conflit entre pilotes de la compagnie et direction, était suspendu jusqu'en décembre.
Au huitième jour d'une grève très suivie, cette annonce a été faite par le PDG du groupe AF-KLM Alexandre de Juniac à l'ensemble des organisations syndicales de l'entreprise. La direction communiquera avant 14H00 (12H00 GMT) sur le "schéma global de sortie de crise" qu'elle propose.

dumping social

Le projet de développement de la filiale à bas coûts Transavia suscitent l'inquiétude des pilotes qui craignent un "dumping social" et des "délocalisations" au détriment des emplois français.
Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a appelé dimanche à la fin du conflit. "Il faut qu'il y ait un compromis", a-t-il insisté, en écho au Premier ministre Manuel Valls qui la semaine dernière avait appelé les pilotes à "arrêter" leur grève, selon lui "pas comprise". "Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c'est le sort de la compagnie qui peut être en cause", a poursuivi M. Vidalies, rappelant qu'Air France est, comme les autres compagnies aériennes historiques, confrontée à la vive concurrence des low cost et est "financièrement fragile".

tentatives d'intimidation

Le PDG d'Air France KLM, Alexandre de Juniac, avait estimé la semaine dernière que la grève coûte "10 à 15 millions d'euros" par jour à la compagnie, qui "sort à peine la tête de l'eau". Samedi, le SNPL, qui selon son président Jean-Louis Barber se sent "trahi par le management", en avait appelé à Manuel Valls, espérant qu'il "aura à coeur de s'intéresser à la sauvegarde de l'emploi français". Le syndicat avait réitéré sa demande de rencontrer le Premier ministre.
Dans un courrier interne à l'ensemble de ses pilotes, la direction d'Air France a fait état dimanche de "tentatives d'intimidation" lui ayant été rapportées à l'encontre des non-grévistes, assurant qu'elle "engagera les démarches nécessaires pour punir celles ou ceux qui se livrent à de tels agissements".
"C'est une grève qui commence à devenir interminable", a déploré ce week-end sur France Info le président de la Fédération des usagers des transports et services publics, Jean-Claude Delarue. "On se demande si la compagnie Air France ne va pas perdre à l'avenir des parts de marché" parce que "des voyageurs "préfèreraient aller ailleurs", a-t-il ajouté.
Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur "frustration" et "mécontentement". Elle conseille
à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de "reporter leur voyage, 
ou changer leur billet sans frais".

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