Le Marseillais Didier Castino, lauréat du prix du premier roman 2015

Ce professeur de lettres à Marseille a reçu mardi le prix du premier roman 2015 pour son livre "Après le silence", qui brosse la chronique de la France ouvrière des années 60-70 à travers le monologue d'un père ouvrier qui s 'adresse à son plus jeune fils.

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Didier Castino a 49 ans, il est professeur de lettres à Marseille. Il vient de recevoir le prix du premier roman 2015 pour, "Après le silence", paru en août dernier, un livre qui dresse avec une rare justesse le portrait de la France ouvrière des années 1970. 

Publié par Liana Levi, "Après le silence" est le récit d'un fils qui se remémore la mort de son père, Louis Castella, un ouvrier tué lors d'un accident du travail. L'usine, "c'est ma vie" raconte l'ouvrier, au-delà de la mort, dans un monologue adressé au plus jeune de ses fils. Il raconte le rythme épuisant, la "chaleur infernale" de la fonderie où il est mouleur. Mais la vie à l'usine, ce sont aussi les camarades, la fraternité, la solidarité face aux patrons. Il y a les plaisirs simples d'une vie ouvrière. Les vacances en Savoie avec la première voiture neuve de la famille, une Ami 8. La vie s'arrête le 16 juillet 1974 quand un moule de sept tonnes s'effondre sur Louis, âgé de 43 ans. Ce n'est pas la fin de l'histoire pourtant.
Le récit de Didier Castino prend une intensité nouvelle en donnant la parole au fils cadet. "Je ne suis pas ouvrier, il n'y a plus d'ouvriers", constate le fils tiraillé entre amour et colère contre un père trop tôt disparu et devenu une icône. Alors faire table rase du passé? "On peut être un homme digne sans être ouvrier", dit le fils qui en se libérant du fantôme encombrant de son père va réussir à s'affranchir "sans trahir". 

Entretien avec Didier Castino from PAGE des libraires on Vimeo.

Le prix du premier roman existe depuis trente-huit ans. Il a couronné, entre autres, Boualem Sansal (en 1999) et Hédi Kaddour (en 2005), grand prix du roman de l'Académie française cette année. Présidé par Joel Schmidt, le jury est composé de Jean Chalon, Georges-Olivier Châteaureynaud, Annick Geille, Jean-Pierre Tison, Jean-Claude Lamy, Michèle Gazier, Gérard de Cortanze, Christine Ferniot, Gérard Guillot et Mohammed Aïssaoui.