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Marseille : après la fusillade, la vie reprend son cours dans le quartier de la Busserine

Deux jours après la fusillade, la vie quotidienne dans le quartier de la Busserine a repris son cours. L'évènement a juste rappelé que dans la cité, la précarité est forte et les jeunes sont facilement embrigadés dans les trafics de drogue
Le quartier de la Busserine, dans le 14° arrondissement de Marseille. Quatre mille habitants résident ici.
Deux jours après la fusillade, la vie quotidienne a repris son cours, ou presque.

Quand je suis arrivé au travail, mon patron m'a dit juste, fais attention, c'est tout

raconte le facteur en distribuant le courrier.
Mais l'évènement a fait rejaillir un certain sentiment d'insécurité, nourrit par les trafics de drogue et l'embrigadement des mineurs, toujours plus important.

On dit souvent que c'est un problème d'éducation, mais moi je connais les familles, elles passent tout leur temps pour leurs enfants, elles se serrent la ceinture, elles ne partent pas en vacances. Tout est investi sur l'enfant et malgré ça, on a des gamins prient dans l'engrenage et on a du mal à les faire sortir

explique Yamina. Elle a créé le collectif "1er juin", pour venir en aide aux familles en détresse.

Un peu plus loin dans le quartier, rencontre avec Joséphine Banack, elle est présidente de l'association "Main dans la main", une association d'aide à domicile. Elle vie ici depuis longtemps et constate avec amertume, la désertification du quartier.

Le grand Saint-Barthélemy, c'était vivant autrefois, mais maintenant pour les gens, il y a la peur, il y a de tout

décrit Joséphine Banack.

Ici, dans le quartier de la Busserine, comme dans beaucoup de quartiers de Marseille, des associations se battent au quotidien pour tenter de maintenir une paix sociale. Elles attendent de l'aide des pouvoirs publics. Le rapport ambitieux de Jean-Louis Borloo sur les quartiers défavorisés avait séduit les maires mais la décision du Président de la République, Emmanuel Macron, a beaucoup déçu. Il a préféré annoncer quelques mesures concrètes plutôt que des grands dispositifs. Dans son rapport "Vivre ensemble, vivre en grand", Jean-Louis Borloo avait développé 19 programmes pour les banlieues.

Reportage : Alexandra Lay et Pierre Vaireaux

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