Sécheresse: “crise” dans les Bouches-du-Rhône

Image d'illustration / © PHOTOPQR/LA PROVENCE
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A l'instar de 29 départements français, les Bouches-du-Rhône subissent une "crise" de la sécheresse et du "stress hydrique". Aujourd'hui, Nicolas Hulot, ministre de l'Ecologie et de la Transition Energétique a présenté un plan gouvernemental pour résober les situations de tension hydrique. 

Par Marie Bail

Le stress hydrique est un manque d’eau de qualité satisfaisante et en quantité suffisante pour satisfaire les besoins humains et ceux de l’environnement. Il est notamment atteint si une population dispose de moins de 1 000 m3 par habitant et par an. Quant à elle, la sécheresse est un épisode de manque d’eau plus ou moins long, mais assez grave pour que les sols et la flore soient affectés.

A savoir que le risque de stress hydrique ne concerne pas uniquement les pays chauds. Les pays froids sont également affectés car le gel peut bloquer l'accès à l'eau liquide.


Plan gouvernemental


Nicolas Hulot a présenté aujourd'hui en Conseil des ministres un plan sur la gestion de la ressource en eau, pour faire notamment face aux situations de stress hydrique que connaît la France.

Pour le ministre : « L’eau fait partie de notre patrimoine commun. Son usage appartient à tous et chacun a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables. L’eau est également indispensable à l’ensemble du monde vivant : notre responsabilité est aussi de préserver sur le long terme les milieux et les écosystèmes, porteurs de solutions face aux dérèglements du climat ».

Dans un communiqué du gouvernement, le ministre accompagné de Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, ont présenté différentes mesures qui viseraient à "encourager la sobriété des usages et l'innovation":

Engager les citoyens, les entreprises ainsi que les administrations et les services publics dans des démarches d’économies d’eau, grâce notamment à des campagnes de proximité de sensibilisation et de communication, tout au long de l’année ;
Poursuivre les investissements avec les collectivités pour accentuer la maintenance des réseaux afin de réduire au maximum les fuites dans les canalisations et favoriser la réutilisation des eaux usées traitées, quand cela est pertinent ;
Développer une agriculture plus économe en eau et multi-performante, notamment grâce au choix des assolements ; progresser encore, via l’innovation, dans l’efficience de l’irrigation (réduction des pertes dans les réseaux, pilotage, sélection génétique et stratégies des cycles culturaux) ;
réaliser, là où c’est utile et durable, des projets de stockage hivernal de l’eau afin d’éviter les prélèvements en période sèche, lorsque l'eau est rare ;
soutenir et valoriser la recherche et le développement de nouvelles solutions dans nos différents organismes scientifiques ainsi que dans les pôles de compétitivité hydrique (DREAM en Centre Val-de-Loire, Pôle EAU en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur et HYDREOS dans le Grand est).
Les actions pour « faire émerger des solutions locales adaptées dans l’ensemble des territoires » :

Un deuxième Plan national d’adaptation au changement climatique a également été annoncé d’ici fin 2017 pour mieux adapter les actions aux conséquences locales du changement climatique. Il viserait notamment à  "accompagner les collectivités locales compétentes dans le domaine de la préservation de l’eau et des milieux aquatiques, notamment via les Agences de l’eau"  et  mettre en place une cellule d’expertise pour gérer les problèmes rencontrés dans la gestion de la ressource en eau en agriculture.

Quelles mesures dans les Bouches-du-Rhône?


Dans le 13, la forte canicule, le déficit pluviométrique et les faibles débits des cours d’eau durant le mois de juillet ont entraîné le franchissement du débit seuil de crise sur le bassin versant de l’Huveaune aval.

La préfecture a déclaré le secteur de l'Huveaune aval au stade de "crise" selon les dispositions du plan cadre sécheresse. Ce stade déclenche la suspension de tous les prélèvements dans les rivières, fleuves côtiers, lacs, etc. et les nappes d’accompagnement des cours d’eau, à l’exception de ceux opérés pour l’alimentation en eau potable, la salubrité et la sécurité civile.

Exemple a Roquevaire, ville autonome en eau

A Roquevaire, la mairie a pris des mesures préventives contre les épisodes de sécheresse, récurrents dans la commune, afin de pouvoir conserver son eau potable. La municipalité produit son eau issue des nappes phréatiques sous Roquevaire.




Les agriculteurs sont également affectés. Ils arrivent à arroser tous les 8 à 10 jours grâce à l'eau de la ville qui irrigue directement leurs champs. Des compteurs ont été installés pour réguler la consommation des professionnels.




Il existe par ailleurs un tarif de consommation en eau spécifiquement dédié aux agriculteurs.

Quant à la population, elle est sensibilisée aux risques de stress hydrique. En période de crise les habitants renoncent à arroser leur jardin et réduisent leur consommation. Des tracts sont par ailleurs distribués parmi les résidents.

Pour rappel, les mesures d'économies d’eau sont les suivantes:
  • Restreindre les usages secondaires (nettoyage des voitures, lavages extérieurs…) ;
  • Réduire le lavage des voies et trottoirs au strict nécessaire de salubrité ;
  • Réduire les consommations d’eau domestiques ;
  • Procéder à des arrosages modérés des espaces verts ;
  • Anticiper d’éventuelles restrictions futures.



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