Coronavirus : le bac 2020 en contrôle continu, pas une surprise pour le SNES FSU des Bouches-du-Rhône

Jean-Michel Blanquer a annoncé l'annulation des épreuves du bac 2020. / © Christophe Morin/MaxPPP
Jean-Michel Blanquer a annoncé l'annulation des épreuves du bac 2020. / © Christophe Morin/MaxPPP

Le ministre de l’Education nationale a annoncé ce vendredi que le bac 2020 se fera sous forme d'un contrôle continu complet, l'oral de Français est maintenu fin juin ou début juillet. Les cours devraient reprendre à la fin du confinement jusqu'au 4 juillet dans les établissements.

Par Annie Vergnenegre

Edouard Philippe l’avait laissé entendre dès jeudi soir, Jean-Michel Blanquer l’a confirmé ce vendredi à 11h : les épreuves écrites du bac 2020 n’auront pas lieu comme prévu.

"L'examen est maintenu dans des modalité différentes", a expliqué le ministre de l'Education, qui annonce un contrôle continu complet.

Contrôle continu et assiduité

Ce contrôle continu prendra en compte la moyenne des notes des épreuves communes (E3C) de première et celles de terminale. Le ministre a insisté sur l'importance de l'assiduité des élèves dont les cours seront maintenus jusqu'au 4 juillet, dans la mesure où un déconfinement intervient d'ici là.

Par ailleurs, l'oral de Français est maintenu pour les élèves de Première, fin juin ou début juillet. 

Pour le représentant du SNES FSU 13, le choix de l'administration d'annuler les épreuves écrites n’est pas une surprise, "à cause de la perte d’heures et des problèmes techniques que cela pose en terme de préparation des sujets".

Un risque de démobilisation des élèves 

"C'est un choix qui est pertinent au regard de la situation exceptionnelle, juge Laurent Tramoni, parce qu'il permet de simplifier énormément les procédures et il permet de regagner du temps pour continuer à enseigner jusqu'à la fin de l'année." 

"Mais c'est un choix qui pose problème du point de vue de la mobilisation des élèves, ajoute-il d'emblée. La disparition de toutes les épreuves en Terminale va être perçu par les élèves comme le fait que l'année est finie et qu'il n'y a plus besoin de fournir des efforts scolaires. Même si l'assiduité est prise en compte."

Le représentant du SNES FSU 13 s'inquiète également pour "les élèves qui se révèlent au moment des épreuves, parce qu'à la fin de l'année, ils mettent un coup de collier qui leur permet de rattraper des difficultés qu'ils ont eues pendant l'année". 

Jean-Michel Blanquer a annoncé le maintien d'un rattrapage à l'oral début juillet pour les élèves obtenant entre 8 et 10/20. Pour ceux qui auraient moins de 8/20, un jury décidera sur la base de leur assiduité et de leur motivation, s'ils peuvent participer à la session de septembre.

Sur les réseaux sociaux les intéressés accueillent la nouvelle diversement. Il y a ceux qui n'hésitent pas à dire que la formule du contrôle continu va faire la part belle aux tricheurs.
Ceux qui se réjouissent déjà d'avoir le bac en poche en avril et, d'autres amers de voir s'envoler les chances d'une meilleure mention grâce aux épreuves terminales. 

Une inquiétude sur l'avenir des épreuves terminales

"Les élèves fragiles sont ceux qui ont le plus à perdre avec la suppression des épreuves terminales" estime Laurent Tramoni.

Le représentant syndical souligne enfin qu'il s'agit d'une situation exceptionnelle. "Ce qui nous importe c'est que l'on n'entérine pas à long terme la suppression des épreuves terminales du bac".

"On ne voudrait pas que cela crée un précédent pour les années à venir, il ne s'agit pas de profiter de l'épidémie pour faire une réforme du bac à long terme",
avertit Laurent Tramoni.
  

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