Covid : de nouvelles régions bientôt dans "une situation très difficile", les Bouches-du-Rhône confinées ?

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Écrit par Sidonie Canetto
Service réanimation Covid-19. Un an après le début de la pandémie de Covid-19, les service de réanimation hospitaliers sont toujours sous tension.
Service réanimation Covid-19. Un an après le début de la pandémie de Covid-19, les service de réanimation hospitaliers sont toujours sous tension. © Rémy PERRIN / MaxPPP

Des régions autres que les 16 départements soumis à de nouvelles restrictions pourraient basculer prochainement dans une situation "très difficile", pronostiquent deux membres du Conseil scientifique. Dans le rouge, la région Paca et particulièrement le département des Bouches-du-Rhône. 
 

Et si le répit pour les autres régions, autres que les Alpes-Maritimes, les Hauts de France et l'Ile de France était compté? C'est en tout cas ce que laissent penser deux professeurs, membres du conseil scientifique depuis deux jours.

La première alerte est venue samedi 20 mars. Dans les colonnes de Nice-Matin, Olivier Guérin, nouveau membre du Conseil scientifique le reconnaît. "D'autres départements ou régions vont probablement connaître dans les prochaines semaines des mesures de restriction similaires à celles mises en place dans 16 départements".

Le chef du pôle gériatrie du CHU de Nice, citant la région Auvergne-Rhône-Alpes estime que l'augmentation des cas positifs par jour est "massive". "Ce chiffre annonce les réanimations de dans dix jours. Nous savons que nous allons avoir quinze jours assez terribles", alerte Olivier Guérin. 

Dans les Bouches-du-Rhône, on observe un taux d'occupation des lits de réanimation proche des 100% et parfois plus. Une tension hospitalière qui a dépassé celle de la première vague de mai 2020, selon le site CovidTracker

Dimanche 21 mars, même discours dans le Journal du dimanche, cette fois du professeur Arnaud Fontanet, membre lui aussi du Conseil scientifique. "Hormis la façade atlantique (...) et peut-être la Corse qui ont toujours mieux résisté, on peut redouter que les autres régions basculent bientôt dans une situation très difficile avec la poussée du variant anglais". 

L'épidémiologiste se prononce en faveur de la mise en place de mesures restrictives étendues. "C'est maintenant qu'il faut agir et tester ailleurs l'impact de nouvelles mesures pour voir si elles marchent, avant d'arriver au stade où l'on n'a plus d'autre choix que de tout fermer".

Selon le site CovidTracker, la situation dans le département des Boucches-du-Rhône est "pire que lors de la première vague du printemps 2020". Il y a eu alors 1.181 personnes hospitalisées en simultané pour Covid-19. Actuellement, 1.352 personnes sont hospitalisés. La seconde vague a dépassé la premirère vague le 26 octobre. 

Lassitude des Français

Seul bémol à ces préconisations, le moral des Français. Sommes-nous prêts à accepter ces mesures restrictives ? Dans les régions où elles sont déja en place, dans les faits, sont-elles vraiment respectées ?

"La question est de savoir si, avec la lassitude ambiante, les gens vont comprendre et se saisir de ces consignes", admet le professeur Fontanet.

"Mais en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Paca, on n'a pas le droit à l'erreur. On frôle déjà les 100 % de saturation en réanimation", met en garde l'épidémiologiste, rappelant que le variant dit anglais est "60 % plus transmissible que le virus historique".

Dans le graphique ci-dessous, on observe que la souche classique du Covid-19, diminue au profit du variant anglais à partir de la fin du mois de février dans le départment des Bouches-du-Rhône. Au 14 mars, la part de variant anglais représente 62% des cas détextés.

Vers une fermeture des écoles?

Autre information de taille qui peut faire peur aux parents à trois semaines des vacances scolaires, l'éventuelle fermetures des écoles.
   
"L'école est le talon d'Achille assumé du dispositif actuel. Mais garder les établissements ouverts le plus longtemps possible est important: il faut être strict sur les mesures sanitaires, notamment pendant les repas, éviter les regroupements aux alentours et y intensifier le dépistage", indique le professeur Fontanet.

L'impact de la vaccination n'est pas encore mesurable et il faudra attendre encore plusieurs mois pour tirer un premier bilan et constater les effets.

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