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Gap : le procès de Génération identitaire s'ouvre jeudi

Les militants de "Génération identitaire", au col de l'Echelle, le 21 avril 2018 / © Image amateur
Les militants de "Génération identitaire", au col de l'Echelle, le 21 avril 2018 / © Image amateur

 Le tribunal correctionnel de Gap juge jeudi, trois membres de l'association d'extrême-droite "Génération identitaire", pour leur action anti-migrants menée dans les Alpes il y a un an. La justice leur reproche d'avoir entretenu la confusion avec les forces de l'ordre.
 

Par LM avec l'AFP

Jeudi 11 juillet, le tribunal correctionnel de Gap va juger trois membres du groupe d'extrême-droite "Génération identitaire", pour leur action anti-migrants, menée dans les Alpes, au printemps 2018. 

D'avril à juin 2018, le groupe avait conduit l'opération "Defend Europe" dans les Hautes-Alpes, pour dénoncer l'arrivée de migrants depuis l'Italie via les Alpes. L'opération faisait suite à une autre menée en 2017 à bord d'un bateau de location en Méditerranée, contre l'arrivée de migrants par la mer.

Dans le box des accusés, trois membres de "Génération identitaire", son président Clément Gandelin, son porte-parole Romain Espino, et un autre membre de l'association. Ils sont accusés du chef "d'activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique", article 433-13 du code pénal. Ils encourent une peine d'un an de prison et 15 000 euros d'amende.


Une opération d'apparence militaire

Le 21 avril, une centaine de militants de "Génération identitaire" vêtus de la même doudoune bleu clair (une couleur rappelant celle de la gendarmerie), deux hélicoptères aux couleurs de "Defend Europe", un avion et des voitures siglées munies de drapeaux, s'étaient rendus au col de l'Echelle.

Les identitaires s'étaient limités ensuite à quelques maraudes, se vantant par exemple d'avoir remis aux gendarmes les photos d'un "activiste d'extrême-gauche" surpris en train de "transporter trois migrants africains à bord de son véhicule".
    
Outre le déploiement d'apparence militaire du 21 avril, le procureur de la République, Raphaël Balland, note le vocabulaire très ciblé utilisé par "Génération identitaire" dans ses communiqués : "travail d'enquête et de renseignement", "repérages",  "surveillances" etc... - 
    
L'avocat du mouvement d'extrême-droite, Pierre-Vincent Lambert, s'amuse de voir qu'on s'est tellement "creusé les méninges" pour trouver une infraction à reprocher à "Génération identitaire", "sous pression du garde des Sceaux". 
    
Il qualifie celle retenue de "grotesque et artificielle". Pour lui, ses clients ont toujours fait comprendre clairement qu'ils menaient une simple "opération de communication".


Violence, incitation à la haine raciale

Du côté des pro-migrants en revanche, on juge que Génération identitaire aurait pu être poursuivie pour violence, incitation à la haine raciale, mise en danger de la vie d'autrui, énumère Michel Rousseau, co-président de l'association "Tous Migrants" dans les Hautes-Alpes.
    
D'autant que sept de ces militants-là, pour avoir commis une infraction certainement plus facile à démontrer, aider des migrants à forcer un barrage dressé par les forces de l'ordre lors d'une manifestation en riposte à la campagne de Génération identitaire, ont été condamnés en décembre à Gap, dont deux à de la prison ferme.
    
M. Rousseau dit "ne pas comprendre un Etat qui fait preuve de laxisme avec des fascistes et de violence avec ceux qui aident leur prochain". 
 

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