Les harnachements et les bottes du Chat Botté

Les harnachements existent depuis que l’homme a appris à utiliser la force des chevaux, ânes et autres mules pour ses gros travaux. Les bottes de sept lieues, elles, sont de l’époque des postillons, ces hommes qui conduisaient les attelages.

Collection de colliers
Collection de colliers © FTV

Une grande variété de colliers

Collier breton en paille
Collier breton en paille © FTV

C’est à Gémenos, que Jean-Pierre Gontard nous fait visiter la collection de harnachements de son ami Robert. La quasi-totalité des pièces a été chinée aux Puces, le marché « des ravans », comme on dit en Provence. La plupart des colliers sont en cuir, ornés de pièces aux couleurs traditionnelles des régions. On trouve aussi des colliers des chevaux de Poste, par exemple, qui étaient métalliques, ce qui réduisait considérablement l’entretien, mais ils avaient l’inconvénient d’être trop lourds. En Bretagne, sur toute la zone côtière, les colliers de paille permettaient d’éviter que le cuir ne s’abîme au contact de l’eau de mer.

Les bottes de 7 lieues, pas seulement pour le Chat Botté

Bottes de 7 lieues
Bottes de 7 lieues © FTV

Si les harnachements existent toujours, on a oublié l’origine des bottes de 7 lieues, les fameuses bottes du Chat Botté de Charles Perrault. Ces bottes faisaient partie du costume du postillon, l’homme qui conduisait les diligences. Ce costume aux couleurs bleu-blanc-rouge avait été choisi par le roi Louis XVI et resta en vigueur jusqu’aux années 1870. De grosses bottes de cuir en faisaient partie. Elles protégeaient le postillon du timon, qui aurait pu le blesser aux jambes. Toutes les 7 lieues, soit environ 28 km, l’attelage était remplacé pour permettre aux chevaux de se reposer. C’est de là que vient l’appellation « bottes de 7 lieues ». Charles Perrault a juste inventé le fait que l’on puisse faire de plus grand pas, ou courir avec des « bottes de 7 lieues », avec 4,5 kg à chaque pied, c’est rigoureusement impossible !

Bride ou collier, il faut choisir

Mules harnachées
Mules harnachées © FTV

Pour des charges ne pesant pas plus de 500 kg, comme une charrette, une bride suffit. Pour plus de 500 kg, il faut un collier, quelle que soit la bête. Les tout premiers colliers serraient la bête à la gorge, ce qui la déstabilisait et diminuait sa force. A partir de l’Empire romain, on utilise des colliers qui ne prennent plus appui sur la gorge, mais sur les épaules. Cela permet à la bête d’utiliser toute sa force. Ce sont ces colliers qui sont utilisés dans les campagnes à partir du XIIème siècle pour les gros travaux.

Colliers de fête

Les colliers d’ornement sont mis à l’honneur lors des fêtes de la saint Eloi, en Provence. Ce saint est le patron des maréchaux-ferrants, des charretiers et des laboureurs. Elles se déroulent le 1er décembre et le 25 juin, avec des variantes suivant les villages. Ces fêtes sont célébrées essentiellement dans le nord des Alpilles, mais également d’Avignon à Toulon.

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