Marseille : hommage en mémoire de la terrible double explosion du Boulevard Périer

La double explosion au gaz du Boulevard Périer a fait 6 morts et 40 blessés. / © BMPM
La double explosion au gaz du Boulevard Périer a fait 6 morts et 40 blessés. / © BMPM

Ce lundi, les Marins-Pompiers de Marseille rendront hommage aux victimes de la double explosion au gaz du 05 février 1985 du boulevard Périer. Six personnes, étaient décédées et l'on avait dénombré une quarantaine de blessés.

Par Sidonie Canetto

Partis en milieu d’après-midi au boulevard Périer pour des fumées s’échappant d’un soupirail, les Marins -Pompiers de la caserne de Louvain et les renforts vont vivre un enfer.
La double explosion, d’une rare violence, dans un immeuble d’habitation fera six morts et une quarantaine de blessés parmi les marins-pompiers et les passants.

Rappel des faits

 

Un incendie se déclare dans une cave d’un immeuble du 2 boulevard Périer, tout prêt d’une conduite de gaz en plomb. La fonte du tuyau entraîne une fuite de gaz qui s’enflamme. La torchère se développe très vite et, en agrandissant la brèche dans le tuyau, augmente le débit du gaz. Si la torchère s’éteint par manque d’oxygène (la cave et les accès au sous-sol sont fermés), le gaz continue à fuir et se répand dans le sous-sol et dans les étages par les gaines de l’ascenseur. L’équipe de GrDF a coupé l’alimentation, mais le mélange explosif représente près de 1 000 m3 et les équipes en reconnaissance ont sans doute créé des courants d’air. Il suffit alors d’une étincelle, d’un petit reste de l’incendie initial.

C’est le drame, la double explosion

Double explosion au Gaz du Boulevard Périer le 05/02/1985 / © BMPM
Double explosion au Gaz du Boulevard Périer le 05/02/1985 / © BMPM


La première explosion dans la cave détruit intégralement le rez-de-chaussée de l’immeuble, la seconde, sous les combles, détruit la toiture et projette violemment les projectiles les plus divers alentour. 

Dans un paysage d’apocalypse, quelques minutes après les explosions, les renforts arrivent sur les lieux (les casernes d’Endoume et Saint-Pierre). La stupeur envahit les sauveteurs dans les premières secondes. Le fourgon pompe des Marins-Pompiers est transpercé dans toute sa hauteur par une poutre que l’explosion a projetée. « Mon instinct de survie m’a poussé à l’abri de l’échelle » confie le lieutenant de vaisseau Alain Coste avec beaucoup d’émotion (à l’époque, conducteur Echelle Pivotante Automatisée). « Après la pluie dévastatrice, malgré un bloc de pierre tombé sur ma jambe, je me suis ressaisi immédiatement : une trentaine de personnes sont au sol, civils et marins-pompiers confondus. Il faut faire vite ! ».

Sauver à tout prix



Parmi les victimes, se trouvent des collègues, des amis, des marins-pompiers. Les secouristes s’organisent s’activent, sauvent.
« Soudain, partagé entre l’incrédulité et le bonheur d’être découvert sous les décombres, j’ai senti le Quartier-Maître Caddéo (chef à l’EPA Endoume) qui m’arrachait de la chape de béton et me ramenait à l’air libre… vers le chaos total ! » confie le quartier-maître Marre.

De leur côté, après avoir porté secours à leurs camarades Les marins-Pompiers s’attaquent à l’extinction du feu de toiture. « La seule échelle dont nous disposions était criblée d’impacts de projectiles, avec des barreaux tout tordus. Nous sommes quand même montés, nous n’avions ni le choix, ni le temps. Nous avons réussi deux évacuations dont une dame en fauteuil roulant » explique Le maître Quéral, sous officier d’attaque sur le Fourgon Pompe Tonne de Saint Pierre.

Tous les résidents, mis en sécurité dans l’immeuble, seront sains et saufs. Mais la pluie de projectiles fera six morts et une quarantaine de blessés parmi les marins-pompiers et les passants.
Ce lundi 05 février 2018, à 8h00,  à la caserne de Louvain se déroulera une cérémonie en hommage aux victimes de l’explosion du boulevard Périer
Cette cérémonie sera présidée par le vice-amiral Charles Henri Garié, commandant le bataillon de marins-pompiers de Marseille, l’école des marins-pompiers de la Marine et la Marine à Marseille.


Les explosions au gaz les plus marquantes :



Janvier 1981: l’immeuble « Maison Blanche » (15e) fait exploser 3 étages. Bilan : 5 morts et 10 blessés.
Janvier 1988: l’explosion d’une bouteille de gaz dans le camping de Bonneveine (8e) fait 7 blessés dont un marin-pompier. En mars, rue des Catalans (7e), une nouvelle                                explosion blesse 9 marins-pompiers dont 2 gravement.
Juin 93: 83 personnes sont mises en sécurité, cité St Jean (11e).
Juillet 1996: les trois niveaux supérieurs d’un immeuble d’habitation de 7 étages s’effondrent, place des Marseillaises (1er). Au bilan, on dénombre 4 morts et 22 blessés.
7 Janvier 2014 : une fuite de gaz enflammée rue Guinot (3ème) cause la mort d’1 personne et fait des dommages matériels considérables sur le bâtiment d’habitation proche                             de l’explosion.
05 février 2015 : 30 ans jour pour jour après la dramatique explosion du Bd Périer, les marins pompiers interviennent pour un feu d’appartement, Boulevard Vintimille (15ème). Lors de cette intervention, l’explosion d’une bouteille de gaz domestique de 13 kg blessera 5 marins-pompiers.


Le Bataillon des Marins Pompiers de Marseille


Le BMPM, plus grande unité de la Marine Nationale, c'est 2 420 militaires, hommes et femmes, luttant chaque jour contre la quasi-totalité des risques recensés par la sécurité civile à Marseille, 2ème plus grande ville de France (à l’exception du risque d'avalanche). Le BMPM assure également la sécurité de l'aéroport de Marseille-Provence, des usines d'Airbus-Helicopter, ainsi que de la quarantaine de navires à quai et en rade de Fos/Port de Bouc ou dans le port intramuros de Marseille, qui constitue le plus grand port de France.Le BMPM, 1ère unité en nombre d'interventions par millier d'habitant, réalise chaque année plus de 122 000 interventions soit 136 interventions pour 1 000 habitants. (Moyenne nationale : 63). Le BMPM, unité combinant statut et savoir-faire militaires avec compétences de la sécurité civile, reconnue comme SDIS, est capable de faire face à tous les risques en moins de 10 min dans sa zone de compétence.

Un savoir-faire et une polyvalence


• Un bataillon polyvalent : Secourisme / Feux urbains / Feux de Forêt / Feux de Navires reconnu parmi les SDIS et participant aux OPEX.
• Des pompiers militaires pour la deuxième ville de France et des sites stratégiques, à l’instar de Paris.
• Des marins-pompiers pour le 1er port de France, et le 2e de la méditerranée.
• Le Bataillon, c’est une force militaire de marins-pompiers spécialisée dans la sécurité civile des navires en mer et dans les ports, au service de la Nation et en renfort de l’Europe.
• Un bataillon ayant tutelle sur tous les marins-pompiers des bases navales de la Marine.


Le BMPM accueille chaque année en caserne, à bord des engins incendie et sanitaires ou au centre d’entraînement (CETIS) plus de 7 000 de stagiaires, civils et militaires.

Le BMPM en chiffres:


353 361 appels au COSSIM en 2016
122 640 interventions en 2016
136 interventions pour 1 000 hab. (record national)
336 interventions par jour
10 min : délai d’intervention
85% des interventions = secours à personnes

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