Salariés, étudiants et lycéens sont une nouvelle fois descendus dans la rue pour prrotester contre le projet de loi Travail. La grève a également touché de nombreux secteurs, dont ceux des médias et des transports. Deux nouvelles journées de mobilisation sont déjà programmées.
Ils étaient des milliers partout en France, à battre le pavé de nouveau ce matin contre le projet de loi Travail.
A Marseille, plusieurs milliers de personnes, enseignants, métallos, dockers, intermittents du spectacle ont parcouru la Canebière. Au long du cortège de la CGT, des militants de Nuit Debout appelaient les manifestants à "ne pas rentrer" chez eux.
Pour l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL) qui souhaite "renforcer les mobilisations",
"Gagner le retrait du projet de loi travail est possible",
à quelques jours du début du débat parlementaire, fixé au 3 mai.
Les lycéens ont de nouveau pris part au mouvement, les préfectures faisant état de plus d'une quinzaine de lycées bloqués, totalement ou partiellement, à travers le pays, dont cinq dans l'académie d'Aix-Marseille.
A Marseille, des échauffourées ont eu lieu vers 13 heures, à la fin de la manifestation. Quelques poubelles ont été incendiées. La police a procédé à plusieurs interpellations.
Outre les manifestations, des arrêts de travail perturbent notamment les transports et les médias. De nombreux titres étaient absents des kiosques ce jeudi.
Dans le ciel comme sur les rails, les perturbations devraient rester relativement limitées : 20% des vols annulés à Orly, quelques retards à Orly et Roissy.
D'autres dates de mobilisation à venir
Cette journée sera suivie d'un 1er mai également focalisé sur le projet de loi.Mot d'ordre: le retrait pur et simple d'une réforme perçue comme trop favorable aux employeurs, et facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes.
Les opposants au projet de loi entendent aussi faire du 3 mai "un nouveau temps fort" pour demander aux parlementaires de "rejeter" le texte de Myriam El Khomri.
Et ils promettent d'autres rendez-vous si le projet n'est pas retiré.
Encore une "ligne rouge"
Ce texte vise à donner plus de souplesse aux entreprises, notamment en matière d'aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique.Il a déjà subi des modifications; le gouvernement a notamment reculé sur le plafond des indemnités prud'homales.
Mais pour les syndicats, il reste une "ligne rouge": "l'inversion de la hiérarchie des normes" permettant à un accord d'entreprise de primer sur un accord de branche même s'il est moins favorable.
Le rapporteur de la loi Christophe Sirugue a admis qu'il restait "des points à clarifier" mais il a estimé que le texte pouvait recueillir une majorité.