Législatives 2022. REPLAY du grand débat citoyen avant le 1er tour à Draguignan dans le Var

A quatre jours du 1er tour des élections législatives, France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur donne à nouveau la parole aux citoyens. Ce mercredi 8 juin, durant une heure, depuis Draguignan dans le Var, experts et grands témoins se sont exprimés sur des sujets fondamentaux tels que le pouvoir d'achat, les retraites, la désertification médicale ou encore la probité des élus.

Rendez-vous citoyen à Draguignan dans le Var ce mercredi 8 juin. 

Avec notre confrère Fabien Fourel de France Bleu Azur, Nathalie Layani, Henri Migout et Alexandre Dequidt  ont évoqué les principaux sujets de société qui occupent le Varois et bien au-delà.

Le principe est de faire intervenir experts et citoyens. Revoyez l'émission :

Pouvoir d'achat, retraite, précarité

Elodie, 35 ans, de Draguignan, a constaté que son "panier de courses" a augmenté de 35 euros. Conséquence directe : elle fait plus attention a ce qu'elle achète et se "prive" même de certaines activités comme la plage ou les apéros en terrasse.

Bernadette Côme, ancienne fleuriste, est aujourd'hui à la retraite. Sa situation personnelle et familiale l'a conduite à faire appel à l'association "Les petits frères des pauvres", afin de ne pas tomber dans la grande précarité.

Elle ne va plus au supermarché et ne s'alimente qu'à l'épicerie du Cœur. "Le thon, les sardines à l'huile, le saumon ça a terriblement augmenté, on ne se fait plus de plaisirs". Avec 300 euros de loyer et 150 euros pour la nourriture, elle n'a plus rien a dépenser pour se vêtir, en dehors de la brocante du Cœur.

Une situation quotidienne pour Manuel Pinto, directeur régional "Les petits frères des pauvres". "La majorité des personnes accompagnées par l'association sont en dessous du seuil de pauvreté, à moins de 1.000 euros de revenus par mois. Comme en 1945 ou il fallait choisir entre le jambon et le charbon, se chauffer ou manger, aujourd'hui encore des gens doivent faire des choix".

En région Paca le seuil de pauvreté atteint 17,3% selon l'Insee, le plus élevé après les Hauts-de-France et la Corse.

Hôpitaux, déserts médicaux

"Aujourd'hui à Draguignan c'est compliqué de trouver un médecin généraliste, et plusieurs mois d'attente pour avoir un rendez-vous chez un dentiste" affirme Francklin.

Mais ce qui préoccupe le plus ce jeune père de famille, c'est de savoir qu'il n'y a pas de services d'urgences hospitalières de nuit. Il faut se rendrez à Fréjus, à 40 minutes de voiture.

La fermeture des Urgences de nuit remonte au 29 octobre. Le lendemain soir, la mère de Didier qui vit seule à Aups fait un malaise, les pompiers diagnostiquent un accident vasculaire cérébral (AVC). Elle est transférée à Brignoles et décèdera juste avant Noël. Pour son fils, elle ne serait pas morte si les urgences de Draguignan avaient été ouvertes.

Danielle Cornaille, 78 ans, habitante de Salernes, se mobilise "depuis 33 semaines" contre la fermeture le soir et le week-end des urgences. "Il faut que les services publics, comme la santé, sont absolument importants". Selon cette retraitée de la fonction publique il faudrait commencer par réintégrer 15.000 soignants qui ont été licenciés.

En région Paca on dénombre 179 médecins généralistes pour 100.000 habitants contre 150 en moyenne sur l'ensemble du pays. Pour les spécialistes : 229 pour 100.000 habitants contre 185 en moyenne nationale. La région est statistiquement mieux dotée que la moyenne.

"Il va y avoir des endroits bien dotés et d'autres pas, parce qu'il n'y a pas d'obligation pour les médecins de s'installer dans les déserts médicaux" souligne Frédéric Duthé, responsable CGT du centre hospitalier de Draguignan. "Maintenant c'est au gouvernement de répondre aux besoins". Il dénonce le manque de budgets pour l'hôpital : "des bras, des lits, du pognon et de la formation !"

Probité des élus

Agnès dite Jézabel , professeur des écoles, elle collabore au journal "Fakir" dans le Var. Elle ira voter même si elle est très critique envers les élus. "Dans le manque de probité des élus il y a l'aspect escroquerie trop souvent, et l'aspect mensonge, les promesses non tenues, qui sont une forme d'escroquerie. Il devrait y avoir une haute autorité qui s'occupe que de cela".

Jean Galli-Douani est référent départemental d'Anticor Var, une structure qui a reçu les agréments du ministère de la Justice et de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. "Le Sud-est est particulière prisé par des intérêts privés et on trouve régulièrement des situations systémiques" de contournement des règles de droit.

France 3, la chaîne des débats Après avoir donné la parole aux citoyens pendant la campagne présidentielle, le réseau régional de France 3 continue donc de faire vivre le débat démocratique à l’approche des élections législatives.

Jusqu’au lendemain du second tour, les équipes des 24 rédactions régionales de France 3 sillonneront les circonscriptions pour couvrir au plus près les enjeux du scrutin, à la télévision et sur le web à lire ici.