La mairie de Ramatuelle échoue une première fois en justice contre le balai des hélicoptères

La commune varoise du golfe de Saint-Tropez a perdu une première manche dans cette bataille du ciel avec le rejet de sa requête en référé-liberté ce lundi 5 juillet.
La commune varoise de Ramatuelle a perdu une première manche dans cette bataille du ciel avec le rejet de sa requête en référé-liberté ce lundi 5 juillet.
La commune varoise de Ramatuelle a perdu une première manche dans cette bataille du ciel avec le rejet de sa requête en référé-liberté ce lundi 5 juillet. © SEBASTIEN BOTELLA maxppp

Dimanche dernier, Daniel Martin a compté une trentaine de passages d'hélicoptère au-dessus de sa maison. Cet habitant de Ramatuelle est excédé : "C'est intenable, on ne supporte plus au niveau du bruit". Il s'étonne de la présence d'une hélisurface collée à la plage de Pampelonne. "Je suis furieux parce qu'on nous parle de sécurité mais on ne fait rien".

Totalement embouteillé l'été, le golfe de Saint-Tropez a vu fleurir les "hélistations" ces dernières années. 

L'hélicoptère met Saint-Tropez à un quart d'heure de Nice ou de Cannes.

Daniel Martin, habitant de Ramatuelle, regarde le balai des hélicoptères au-dessus de sa maison.
Daniel Martin, habitant de Ramatuelle, regarde le balai des hélicoptères au-dessus de sa maison. © Benoit Loth FTV

Premier coup d'arrêt

Pour Daniel Martin et pour les habitants concernés, une première mauvaise nouvelle est tombée ce lundi. "Par décision du 5 juillet 2021, le juge des référés a rejeté la requête dirigée par la commune contre l'arrêté préfectoral du 25 juin réglementant les mouvements d'hélicoptères dans la presqu'île de Saint-Tropez", écrit le maire Roland Bruno dans un communiqué.

Le maire avait décidé de déposer cette mesure urgente après un nouvel arrêté préfectoral qui prévoit 50 mouvements rotations quotidiennes contre 40 pour les saisons précédentes, sans compter les mouvements non-officiels, justifiait la mairie.

Un habitant d'un lotissement situé derrière la plage de Pampelonne a fait constater par procès-verbal 90 passages d'hélicoptères en une journée au-dessus de sa maison, selon la mairie.

La commune souhaitait notamment faire valoir son "droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé".

Mais "le code de justice administrative n'a pas encore intégré la mise en œuvre pratique d'un droit pourtant fondamental et constitutionnel des citoyens, c'est-à-dire un droit qui dans certains cas pour être réel suppose une mise en œuvre dans l'urgence", poursuit le maire qui entend poursuivre ce combat en "introduisant une action en référé-suspension et sur le fond".

Une clientèle fortunée

Sur la célèbre plage de Pampelonne, de nombreux établissements de plages destinés au tourisme dit haut de gamme sont installés. 

Le club 55 est l'un d'entre eux et Patrice De Saint Julle De Colmont, son gérant, s'étonne aussi de la multiplication des hélicoptères sur la commune. 

Il se dit supporter de l’hélicoptère mais regrette la banalisation de son usage : "Il est indispensable de trouver des solutions, des substituts, dans certains cas, à l’hélicoptère. Il faut que ça soit régulé".

Prisés par une clientèle fortunée, les hélicoptères et leur bourdonnement incessant ont déjà été la cible d'actions en justice de riverains excédés, mais jamais d'une commune.

La commune espérait un contexte favorable après la récente condamnation de la France par le Conseil d'Etat face à la commune de Grande-Synthe (Nord) qui s'estime menacée par la montée du niveau de la mer et accuse le pays de ne pas faire assez pour respecter ses engagements en matière climatique.

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