TEMOIGNAGES. Violence à l'hôpital : "Morsures, coup de poing, coups de tête sont devenus le quotidien" au centre hospitalier d'Avignon

L'hôpital d'Avignon lance une campagne "Stop à la violence" dans 11 établissements publics du Vaucluse pour tirer la sonnette d'alarme sur la recrudescence de agressions.

"Toute violence sur un agent hospitalier peut conduire à de la prison ferme". L'avertissement s'affiche dans les couloirs de l'hôpital d’Avignon qui a lancé jeudi 20 avril une campagne de sensibilisation contre la recrudescence des agressions contre le personnel.

20 actes ont été recensés en 2022. L'agression la plus violente a pris pour cible un médecin et cinq soignants. Le patient mécontent vient d'être condamné à un an de prison dont six mois avec sursis et 4 900 euros d'indemnités à verser à chacune de ses victimes.

Des insultes et des coups

La cheffe de service urgences -Samu-Smur 84 reste très marquée par cette agression dont elle a été témoin. "Habituellement ce sont des insultes et les gens partent,  mais ça a été jusqu'aux mains (...) J'ai retrouvé le médecin et l'infirmier en pleurs quelques minutes après, les hommes qui pleurent dans un service d'urgence, c'est assez rare", témoigne Dr Fanny Virard auprès de nos journalistes Frédérique Poret et Dalila Iberrakene. 

Tous les services de l'hôpital sont concernés. 16 agressions physiques violentes ont eu lieu l'année dernière. Les circonstances sont toujours les mêmes.

La violence de la rue à l'hôpital

"La scène, c'est une personne qui n'est pas contente de sa prise en charge, qui vient casser des vitres, qui rentre dans des bureaux et agresse physiquement des soignants", explique Stephane Rabaglia, responsable sécurité centre hospitalier Avignon.

Ça peut être des morsures, des coups de poing, des coups de tête, les coups de boule sont devenus le quotidien"

Stephane Rabaglia, responsable sécurité

"Ça peut être des morsures, des coups de poing, des coups de tête, des "coups de boule" et c'est malheureusement devenu le quotidien", ajoute-t-il. 

L'établissement avignonais est équipé de 110 caméras de surveillance, complétées par le système Ramses qui met l'établissement en liaison directe avec la police. Pour Pierre Pinzelli, directeur du centre hospitalier Avignon, c'est la violence de la rue qui entre de plus en plus à l'hôpital. "Le comportement qu'on trouvait au feu rouge entre automobilistes dans les files dans les commerces, on les retrouve à l'hôpital, et ça vraiment, on n'a pas envie de l'accpeter, on n'a pas envie de le banaliser."

Des actes de violence en augmentation partout

La campagne de sensibiliation "Stop à la violence" est étendue à l'ensemble des 11 établissements publics de santé du Vaucluse. 

 L’Observatoire national des violences en milieu de santé constate au niveau national une augmentation des violences verbales quasi-quotidiennens --insultes, outrage, menaces-- qui accompagnent ou dégénérent de plus en plus souvent en violence physique. dans les hôpitaux. Les violences physiques et menace avec armes (classées niveau 4 sur une échelle de gravité de 1 à 4) représentent près de la moitié des signalements. Dans plus de 8 cas sur 10, les victimes sont des personnels soignants.