Carpentras : procès reporté pour Nicole Briend, la faucheuse de chaises

© Photo Arton/Attac
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Ils sont venus nombreux la soutenir ce matin. L'ancienne proviseure à la retraite, Nicole Briend, était convoquée au tribunal correctionnel de Carpentras pour "un vol de chaises" commis à la BNP en 2016. Un "acte militant" assumé pour dénoncer l'évasion fiscale en France.

Par Ghislaine Milliet

Elle fait partie du mouvement des "faucheurs de chaises" poursuivis par la justice pour un acte qu'ils jugent militant face à l'évasion fiscale.
Nicole Briend, ancienne proviseur de lycée était convoquée ce matin au tribunal correctionnel de Carpentras pour répondre de "vol en réunion" et refus de donner ses empreintes ADN, pour des faits remontant au 17 mars 2016.
Soutenue par plusieurs centaines de personnes rassemblées devant le tribunal, son procès a été reporté au 7 juin prochain.



Les chaises ? Une "réquisition citoyenne"

Le 17 mars 2016, Nicole Briend et d'autres membres d'Attac avaient investi les locaux d'une agence locale de la BNP-Paribas, pour une action non-violente : soustraire des chaises symboliquement. Une action propre aux "faucheurs de chaises", un mouvement lancé un an auparavant pour lutter contre le système de fraude internationale auquel participent certaines banques.
Ce "vol" avait valeur de "réquisition citoyenne", et les fauteuils de la BNP ont depuis, été restitués... au trésor public.

Des milliers de signatures pour Nicole Briend

Nicole Briend est soutenue par plusieurs associations et collectifs. Ce matin, des centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal de Carpentras pour la soutenir. Une pétition lancée il y a plusieurs mois, a réuni près de 14000 signatures en sa faveur.
Une soirée consacrée aux combats citoyens était organisée lundi soir (5 février), rappelant le rôle des lanceurs d'alerte. Et des "citoyens inquiétés par la justice alors qu'ils défendent l'intérêt général". 
Dans le collimateur d'Attac, la BNP-Paribas, "l'une des principales organisatrices de l'évasion fiscale", "la banque qui détient le plus de filiales dans les paradis fiscaux". 
La banque française a d'ailleurs été condamnée en septembre dernier par la justice britannique à un redressement fiscal de 38 millions d'euros.
Les représentants du PS, du PCF et de la France Insoumise se mobilisent :

 

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