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Vidéo - Greve mondiale pour le climat : l’appel à l’action d’une jeunesse en colère dans nos régions

A Clermont-Ferrand, collégiens, lycéens et étudiants étaient appelés à participer à la grève mondiale pour le climat, vendredi 15 mars. / © C. Lamorelle / France 3 Auvergne
A Clermont-Ferrand, collégiens, lycéens et étudiants étaient appelés à participer à la grève mondiale pour le climat, vendredi 15 mars. / © C. Lamorelle / France 3 Auvergne

Les jeunes se mobilisent pour sauver la planète dans nos régions et à travers le monde à l'appel de la suédoise Greta Thunberg, 16 ans. A Strasbourg, Brives, Paris ou Cannes, la grève pour le climat se propage. Lycéens et collégiens donnent ici leur voix à l'urgence climatique.

Par Juliet Lambot, Anne-Corinne Moraine, Fred-marie Lamouret

Au final, les chiffres diront combien de nos jeunes, elles et ils, étaient dans les rues de France. A la mi-journée, on parlait déjà de 25.000 à 30.000 manifestants à Paris, 12.000 à Lyon ou encore 3.000 à Angers et 5.000 à Strasbourg.

Place Kleber à Strasbourg dès 8 heures du matin

Dans la capitale alsacienne, c'est place Kleber que les lycéens et collégiens avaient rendez-vous dès 8h du matin pour un "sit-in" avant que de rejoindre le Parlement Européen plus tard dans la journée. Avec un objectif clair :

interpeller le gouvernement jugé passif face aux enjeux environnementaux et à l'urgence de la situation.

En Alsace, comme ailleurs, la jeunesse, qui dit elle-même ne rien avoir à perdre, a un discours construit. Tous soulignent que la prise de conscience et l'action sont une question de survie. Pour nous tous, dès aujourd'hui, et a fortiori pour les générations à venir.

Lisa, 18 ans, étudiante à Sciences Po s'efforce de mettre en adéquation convictions et mode de vie même si ce n'est ni facile ni forcément bon marché de consommer de manière responsable. Pour elle, si les actions individuelles sont essentielles, elles ne sont pas suffisantes. L'exemple doit être donnée d'en haut.

Il faut aussi demander à nos représentants des actions concrètes.



A l'ouest, en Pays-de-la-Loire

Les propos sont aussi responsables et pragmatiques. Les organisateurs de la manifestation de la Roche-sur-Yon ont d'ailleurs demandé aux participants de venir munis de sacs poubelles pour profiter du temps passé à nettoyer.

"Venez équipés avec des sacs poubelles et des gants, afin de pouvoir ramasser des déchets sur notre route", annoncent les organisateurs du rassemblement yonnais, "mais surtout, équipez-vous de magnifiques pancartes colorées avec de superbes slogans ! Tous ensemble, en chantant, dans la bonne humeur et le pacifisme, nous pouvons changer les choses".

 

La Grand-Place de Lille bondée

Les nordistes de Douai ont aussi particpé à une "clean-walk", littéralement une marche nettoyante dans la matinée. Et comme les autres de la région, ils ont convergé vers Lille et sa Grand-Place très vite bondée. 6 000 personnes au total comptabilisées selon la police. Un rassemblement où l'on croisait également des parents avec des enfants plus jeunes.
Une mobilisation qui faisait penser à une "marée humaine" pour quelques twitos.
 


En Picardie aussi, les slogans  redoublent de créativité pour interpeller les gouvernants.

Changez le système, « pas le climat
Ou encore « pas de nature pas de futur »

A Amiens, Beauvais ou Soissons, le constat des collégiens, lycéens et étudiants est alarmiste:

"Le gros problème aujourd'hui, c'est qu'il n'y a aucune réforme, aucun projet de loi, il n'y a rien qui est mis en place pour lutter contre ce dérèglement climatique",

dénonce Fanny Del Rio, élève en Terminale S au lycée Félix Faure à Beauvais. 
Et leur détermination est claire:

"Il est  hors de question que l'on soit tous dans la merde, tout ça parce que le gouvernement n'agit pas. Nous ce qu'on veut, c'est des actions concrètes, c'est à notre génération d'agir", affirme-t-elle.

Ces jeunes proposent des solutions immédiates, et évidentes comme faire le tri, développer des énergies renouvelables, le covoiturage ou l’agriculture solidaire.
 



"Il faut qu'on montre que le collectif est là, il y a des solutions qui existent et ce n'est souvent pas si compliqué que cela", affirme Mylena. 

 

Dans le Calvados

Laetitia, 14 ans, en 3ème au collège Henri Brunet (Caen) fait partie de cette génération qui ne laisse pas la responsabilité aux autres. 

J'ai découvert la grève pour le climat sur Youtube. Avant, j'avais un peu étudié le réchauffement climatique à l'école. On nous racontait l'impact sur le climat mais jamais ce que nous, on peut faire.

Aujourd'hui avec sa famille, elle essaye de consommer différemment. D'aller moins souvent dans un supermarché, d'avoir recours à des produits en vrac, «acheter des produits différents pour réduire les déchets ou faire nos propres yaourts maison, avec des pots en verre.»


A chacun-e son slogan

A chacune et chacun sa manière de donner de la voix. "Agir maintenant ou nager",  a-t'on lu en Nouvelle Zélande en début de journée du 15 mars.  En Normandie, comme partout ailleurs, le verbe et le slogan sont les armes et l'imagination un pouvoir. 
"Au début du printemps les oiseaux revenaient" l'a disputé au "quand c'est fondu, c'est foutu".
 


Humour noir

A Tours, en Centre-Val-de-Loire, les formules choc ne manquent pas nons plus. Si en début de cortège une banderolle arbore un très politique « Urgence climatique-justice sociale même combat », certains panneaux font mouche avec un humour... Bien noir. 

Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite ?

Un humour créatif, que l'on retrouve sous toutes ses formes également. A Chalon-sur-Saône ou à Mâcon

Quand je serai grand, je voudrais être vivant
la fonte des glaces oui, mais seulement dans mon pastis

A Besançon, du classique au grivois

En vélo Simone !
Prends ton pied, pas ta caisse

A Lyon : des slogans qui décoiffent et des graffitis peints avec de l’herbe…

Même conviction et même inventivité à Lyon où les jeunes ont défilé sans débordements et avec une ambiance comme «  aussi chaude que la planète ». Les seuls graffitis laissés sur les murs de la ville sont "raisonnables", réalisés avec de l’herbe. Ecolos jusqu’au bout les lycéens et collégiens du Rhône.  « T’es bonne sans carbone » ou encore « l’hiver vous manquera quand il n’existera plus ».
Dans la Drôme et l’Ardèche, à Valence Montélimar, Aubenas ou Die, les cortèges ont également défilé en ville.

Puy-de-Dôme : la certitude que ce n’est qu’un début

2.000 manifestants à Clermont-Ferrand « pour que l’appel de Greta Thunberg résonne aussi dans la capitale auvergnate ». Leurs revendications parlent d'un autre monde : gratuité des transports en commun, développement des pistes cyclables, interdiction du glyphosate et autres pesticides. Favoriser les circuits courts.

Joachim, 15 ans sera à nouveau dans la rue vendredi prochain

je pense qu’il faut reconduire ce mouvement. Ce n’est pas avec une seule manifestation que ça va bouger.

 

 

des blocages sont prévus

A Grenoble, les revendications ont des accents plus combatifs. … Les 3 000 manifestants ont défilé devant le siège de la Métroploe et la préfecture dans le calme mais réunis en assemblée générale, ils ont voté pour des futurs blocages, comme celui de la Chambre de Commerce. un symbole aussi pour toucher les entreprises car pour eux, ce sont elles les plus polluantes. Comme le dit Alice : « c’est notre génération qui sera touchée »


En Occitanie aussi

Maël, 16 ans, élève de seconde à la cité scolaire André Chamson au Vigan, dans l'Hérault affirme :

Les adultes pensent au présent, nous on pense au futur.

La résignation n'est pas non plus de mode en Occitanie. Les jeunes y réclament des solutions concrètes en urgence, une politique réelle de développement durable. « Seule solution pour ne pas vivre, dans un futur proche, dans des conditions dramatiques ».

Jeanne en 2nde à Montpellier souligne la nécessité de la limitation « des émissions de gaz à effet de serre et des  quotas de co2 pour les entreprises de l'industrie » Ces jeunes se caractérisent aussi par leur esprit pratique au quotidien quand ils réclament une véritable politique de tri des plastiques.  « Il vaut mieux recycler dans les cantines scolaires, faire le tri. Cela nous parait évidemment mais ce n'est pas le cas dans notre cantine.»
 


En PACA, des débats dans les lycées et des manifestations dans la rue…

L’appel du Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, pour organiser des débats dans les lycées a été entendu dans le sud-est. Le lycée Marseilleveyre dans la cité phocéenne, le lycée Parc Impérial à Nice et bien d’autres encore…. Débattre d’environnement dans les lycées, « pour aller plus loin » estimait le ministre. Et d'ajouter «  travailler à des propositions concrètes ».

Près de 500 jeunes du lycée Marseilleveyre ont participé à une animation « écologie climat » 

Gaétan, 15 ans, élève de seconde en lycée pro, s'engage pour son  avenir.

Si on ne prend pas soin de l’environnement, on ne prend pas soin de soi-même. S’il n’ ya plus d’arbres on ne pourra plus respirer. Je suis là pour sensibiliser les gens à faire beaucoup plus attention. 


Organisé le même jour que la grève internationale pour le climat, ce débat est boudé par certains responsables d’associations de défense de l’environnement, vu comme une manœuvre de « contre-feu politique ». Le président de l’Union nationale lycéenne, Louis Boyard a décliné l'invitation du Ministre de l’Education.

A Cannes et à Nice, plus de 600 jeunes sont allés manifester dans la rue 

Les organisateurs reprennent les propos de Greta Thunberg : «  La biodiversité s'effondre, les catastrophes liées au climat sont de plus en plus nombreuses, des millions de personnes sont obligées de migrer vers d'autres territoires et dans le même temps la température atteint -48°C à Chicago et +49°C en Australie... L'humanité court à sa perte ! »


En Bourgogne

Les débats qui devaient être tenus dans les lycées de 16 à 18 heures n'ont finalement pas eu lieu. Plusieurs raisons à cela. Parce que certains lycées avaient déjà organisé ces discussions : comme à Dijon -Carnot, la semaine dernière ou au lycée international Charles-De-Gaulle, jeudi. Parce que d'autres établissements ont également déclaré être pris par le calendrier, d'autant plus en ces périodes de conseils de classe.

Cette défection n'a pas empêché les jeunes bourguignons de s'emprer de la thématique. Le collectif "Youth for climate Dijon" a remis un courrier à François Rebsamen, le maire de la capitale régionale.

Les lycéens y proposent une série de mesures à appliquer au niveau local. Comme développer « le zéro déchet avec l'interdiction des gobelets jetables pendant les grands événements... Le tri sélectif ou  l'interdiction du projet d'agrandissement du circuit automobile de Prenois. »

En Franche-Comté sous la pluie

Les quelques 2.000 jeunes ont fièrement défendu les couleurs de l'écologie dans les rues de Besançon, sur fond de crise réellement existentielle : « A quoi bon étudier si on n'a pas d'avenir ». Et un message politique récurrent stigmatisant le modèle de la croissance économique et ses symboles : les banques.

Si la planète était une banque vous l'auriez déjà sauvée


C'est d'ailleurs dans cet esprit que le cortège s'est arrêté devant un établissement financier pour dénoncer le système bancaire.
 
 

De l'espoir en Nouvelle-Aquitaine

4.000 jeunes se sont retrouvées à Bordeaux. Comme les autres, ils veulent changer le monde. Mais au delà de leurs revendications pratiques et de leur conscience politique de l'urgence, ils sont porteurs d'espoir. Virgile, 17 ans étudie en Terminale S au lycée Gustave Eiffel, est convaincu du rôle essentiel de sa génération.

Notre espoir c'est de faire prendre conscience aux dirigeants, aux entreprises et aux banques que cette prise de conscience est générationnelle. (…) Le changement il arrive, qu'ils le veuillent ou pas


Entre 29 000 et 40 000 jeunes dans les rues de Paris

Dans la capitale, la mobilisation est un succès. Des manifestants très jeunes ont défilé : principalement des collégiens et des lycéens -parmi lesquels plusieurs ont fait l'école buissonière-, mais aussi des étudiants. A noter également l'originalité des pancartes qui ont émaillé le cortège : "Chauffe mon clito, pas le climat", "Vous niquez ma mer" ou encore "Moins de degrés, sauf dans la bière".

"On est la nouvelle génération, c'est à nous d'agir maintenant !" Milena, collégienne de 13 ans scolarisée dans le 5e arrondissement de Paris, a demandé à sa mère de pouvoir venir manifester.

On est en train de causer notre perte. Puisque nos parents n'ont pas fait [quelque chose pour le climat, ndlr], on manifeste pour que ça change !

Mi-février, il faisait 15°, on était en T-shirt, c'était choquant

Et ils promettent, comme d'autres, que ce n'est qu'un début. 
"Maintenant qu'on est là, on va rester présent tous les vendredis pour réclamer des actes forts", poursuit Julien Delohen, le secrétaire général de l'UNL-SD, un syndicat lycéen. "On appelle à des vendredis verts et des jeudis jaunes toutes les semaines. Une fois que la jeunesse est mise en mouvement, plus rien ne peut l'arrêter !"
 

En Bretagne aussi la mobilisation est forte

Sensible aux  questions climatiques, naturellement engagée, la jeunesse bretonne s'est mobilisée massivement, pour afficher sa colère face à l'inaction des pouvoirs publics.
De Brest à Rennes, ils étaient plusieurs milliers à défiler pacifiquement «  ensemble pour le climat. »
Tous expriment leur inquiétude face à l’inaction du monde des adultes face au drame climatique.

On nous dit toujours : pense à ton avenir, nous on est là pour notre futur. 


« Les grosses entreprises polluent le plus, et c’est a nous de nous débrouiller tous seuls ! »


A Rennes, Brest ou Lorient, c’était  un gigantesque défilé de slogans percutants.
 Born to be tree. Ou encore No nature no future ou or future in your hands 

Des messages écrits souvent en anglais.
Sans doute  pour que leur voix soit entendue de tous, que ces slogans ait une portée internationale.

Ces manifestations étaient portées par les nombreux jeunes délégués du mouvement pour le climat. Les  référents de tous les établissements bretons promettent de nombreuses initiatives collectives et pacifistes pour exiger de vrais changements.
 

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