L'ASN juge l'usine Areva de la Hague “insuffisamment protégée contre le risque d'explosion”

L'usine Areva de retraitement des déchets de la Hague, dans le Cotentin / © MaxPPP/PHOTOPQR/OUEST FRANCE
L'usine Areva de retraitement des déchets de la Hague, dans le Cotentin / © MaxPPP/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

La "protection" de l'usine Areva de la Hague contre "le risque d'explosion apparaît insuffisante", estime l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Une constation faite par le gendarme du nucléaire à l'issue d'une inspection "inopinée" sur ce site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe. 

Par AFP /LA

L'ASN a publié l'information dans un document daté du 31 juillet, disponible depuis mardi sur son site internet : la "protection" de l'usine Areva de la Hague contre "le risque d'explosion apparaît insuffisante", estime l'Autorité de sûreté nucléaire.

Dans un atelier dit T4, un système d'alimentation en air est prévu pour diluer les quantités d'hydrogène produites et éviter que leur augmentation n'entraîne une explosion. Or, les inspecteurs ont constaté que "Areva n'a pas été en mesure de mettre en oeuvre l'air de balayage de sauvegarde", prévu en cas d'indisponibilité du système principal, "dans le temps (maximum) prévu dans les documents de sûreté". Ce temps est de 1h36, précise l'ASN.

Hélène Héron, chef de la division de Caen de l'Autorité de Sûreté Nucléaire : "Il y a un certain nombre de points sur lesquels des améliorations sont nécessaires. Il s'agit d'un exercice qui correspond à une situation très dégradée où l'exploitant a perdu les moyens de fonctionnement usuels et un certain nombre de moyens de secours de façon relativement simultanée, c'est une situation très dégradée sur laquelle il faut effectivement travailler. Il faut retirer un retour d'expérience assez ultime dans son scénario."

"Lorsque l'ASN fait des inspections l'exploitant a un délai de deux mois pour apporter des réponses"


Le système de secours doit être opérationnel en 1h36 au maximum

Le risque d'explosion est encouru si la concentration en hydrogène atteint 4% dans le "dôme de cuves contenant des solutions nucléaires", indique aussi le gendarme du nucléaire.

Une série de défaillances explique l'échec d'Areva à mettre en oeuvre à temps le système de secours. "Les outillages nécessaires" n'ont par exemple pas été disponibles dans le temps imparti "alors qu'il s'agissait d'outils mécaniques d'usage courants", tancent les inspecteurs. "Le camion prestataire en charge des opérations, venant de l'extérieur du site", a en outre été "bloqué pour les contrôles de sécurité" à l'entrée du site, explique encore l'ASN.

L'industriel n'a en outre "pas préétabli de consigne" pour que le système de secours soit opérationnel en 1h36.
L'insuffisante protection contre le risque d'explosion est également due, selon l'ASN, à "l'état du parc à gaz" d'un autre atelier, dit T3, qui n'est "pas satisfaisant". Des "ballons sous pression, nécessaires à la manoeuvre des vannes du parc à gaz, ont" par exemple "été constatés dans un état de corrosion généralisée". Des "supports de la tuyauterie d'alimentation en hydrogène vers l'atelier T3" présentent en outre une "corrosion (..) susceptible de contribuer à la dégradation de la tuyauterie d'hydrogène", selon l'ASN qui demande à Areva de se mettre en conformité.

Une analyse lancée pour des actions d'amélioration

Interrogée par l'AFP, l'entreprise en pleine restructuration, face à de grandes difficultés financières, a expliqué qu'"une analyse a été lancée en vue de mettre en oeuvre des actions d'amélioration".
Le site Areva de Beaumont-Hague est un site de "retraitement" de tous les combustibles irradiés dans les centrales françaises. Environ 2.900 personnes y travaillent, hors sous-traitants.

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