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“11.6”, le film : Mais qui est donc Toni Musullin ?

Mais qui est donc Toni Musullin ?Philippe Godeau se propose de répondre à cette question dans "11.6", le film qui retrace l'histoire de ce convoyeur de fonds qui détourne un camion blindé transportant 11,6 millions d'euros en novembre 2009 à Lyon.Un film présenté en avant-première jeudi soir à Lyon.

Par Philippe Bette

"11,6" : Le film, que nous avons pu visionner avant sa présentation ce soir au public lyonnais en avant-première à l'UGC Confluence se propose de répondre à une énigme: Mais qui est donc Toni Musullin, l'auteur de ce casse exceptionnel, dont l'histoire rocambolesque va enthousiasmer à l'époque les média et déjà les réseaux sociaux ? Musulin est-il ce Robin des bois moderne qui opère sans violence et défie les grandes puissances financières ou un homme ordinaire, prisonnier de ses rêves qui se donne tout simplement les moyens de s'évader d'un quotidien médiocre trop pressant ?

Philippe Godeau, le réalisateur du film, n'a jamais rendu visite à Musulin en prison. "Nous n'éprouvions pas,dit-il, la nécessité de le rencontrer". Le film est donc très librement inspiré du récit qu'en a fait la journaliste Alice Géraud Arfi dans son livre à partir de confidences recueillies auprès de l'intéressé. L'histoire telle qu'elle est filmée s'inspire donc de faits réels mais aussi d'éléments imaginaires qui appartiennent à la fiction. Car explique Ph. Godeau, "c'est un processus étrange , plus on s'éloigne ... plus c'est fidèle : On est nourri, imbibé du réel puis l'histoire se développe, avec sa part de fiction" ...

François Cluzet incarne donc Toni Musulin. Un personnage taciturne, plutôt solitaire, mais respecté de ses collègues dans cette entreprise de convoyage de fonds. C'est lui qui, au volant du camion blindé, impose sa loi à l'équipage avec une réputation de "tueur". L'entreprise qui l'emploie est de celles où la culture du chiffre s'impose à tous, à un rythme soutenu sans que jamais les employés ne soient entendus, ni respectés. Les camions blindés chargés de billets sortent et rentrent au rythme des tournées, tandis que les convoyeurs peinent à se faire reconnaître leurs heures supplémentaires.Tout cela pour 1700 Euros par mois...
Un sentiment de profonde injustice étreint cet homme à qui l'on refuse même un jour de congé en semaine pour accompagner un proche au cimetière...
   
On ressent la violence sourde qui s'empare de Musulin, brimade après brimade, et la tension qui va l'amener à construire sa vengeance avec un sang froid étonnant. Sans rien laisser paraître des ses intentions, il va mûrir son forfait, préparer sa fuite et détourner l'attention de ses proches.

Cluzet compose un personnage secret, complexe qui va s'endetter, jusqu'à  s'offrir une Ferrari dans une salle d'enchères lyonnaise avant de reprendre son vélo pour retourner travailler, comme si de rien n'était.
Il n'a pas encore détourné l'argent qu'il est déjà dans son fantasme d'homme riche, épris de liberté. Il doit néanmoins sacrifier les siens, son entourage et ses plus proches collègues, dont il sait déjà qu'ils n'auront plus leur place dans sa nouvelle vie. Musulin se rend détestable pour mieux protéger ceux qui l'aiment. L'intrigue du film est bien là, dans la rudesse des personnages et leur psychologie que dans l'histoire d'un casse dont on connaît déjà tout ou presque. Car ne comptez pas sur le film pour vous révéler l'endroit où se cachent la partie du butin qui n'a jamais été retrouvée et la fameuse Ferrari. Là, le mystère reste entier.    

Le film se révèle donc plus une étude de moeurs  qu'un "policier" ou un film d'action. On retiendra la qualité de la photographie qui découvre une ville moins "lumineuse" qu'elle n'y paraît, sous un jour inattendu.
Les scènes tournées en décor naturel donnent à voir une ville aux couleurs froides, aux pâles reflets, des lumières auxquelles on n'est pas habitué. Une image "filtrée", dans laquelle les Lyonnais auront parfois peine à se reconnaître, à la sortie du film programmée le 3 Avril.
   

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