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La lettre ouverte des supporters aux joueurs et dirigeants de l'ASM est “une déclaration d'amour” pour son auteur

Publiée le 28 mai 2013 sur internet, une lettre ouverte des supporters de l'ASM aux dirigeants et joueurs du club vice-champion d'Europe de rugby a suscité de nombreuses réactions parmi la Yellow Army. Son auteur s'explique.
Publiée le 28 mai 2013 sur internet, une lettre ouverte des supporters de l'ASM aux dirigeants et joueurs du club vice-champion d'Europe de rugby a suscité de nombreuses réactions parmi la Yellow Army. Son auteur s'explique.

C'est une lettre ouverte qui fait couler beaucoup d'encre moins de 24 heures après sa diffusion sur internet. Le message s'adresse à l'ASM à qui il est demandé "des titres" et de changer "son image de gentil perdant". L'auteur du texte explique pourquoi il a voulu ouvrir le débat. 

Par Stéphane Moccozet

Lancée le mardi 28 mai, la pétition intitulée "25 mai 2013 : plus jamais ça" a obtenu près d'un millier de signataires en moins de 24 heures. Sur les forums de discussions, sur les réseaux sociaux, les uns fustigent le procédé quand d'autres prennent son parti. Aurélien, l'auteur du texte, déjà à l'origine du comique Mouradthon avant la finale de la H Cup, explique qu'il a voulu ouvrir le débat pour que l'ASM change de mentalité. Il affirme que sa lettre est avant tout "une déclaration d'amour" au club. Entretien.

Pourquoi cette lettre ouverte ?
J'ai écrit cette lettre avec l'espoir que l'ASM change un peu son image. On voit d'ailleurs aujourd'hui que Vern Cotter tape un peu dans la fourmilière. Au niveau des supporters, on a toujours été très gentils, très conciliants,  mais là, il fallait faire quelque chose. Ça ne remet pas du tout en cause notre amour pour l'ASM. On voudrait juste ne plus entendre des "on va grandir", "la saison a été belle", "on a un record de soixante victoires à la maison". On veut des "winners", on veut le lire dans chaque interview. On veut voir que l'ASM est un club de gagnants et pas un gentil club de losers.
 
Quel est le cheminement de cette lettre ouverte entre le moment où vous l'écrivez et le moment où elle devient une pétition ?
Le cheminement est simple. J'ai ouvert une discussion sur le forum des cybervulcans en disant "on est bien trop gentils, que pourrait-on faire de constructif ? Il y a eu des idées de banderoles, de grève des chants et puis on s'est dit : pourquoi ne pas écrire une lettre ? Je l'ai écrite un peu comme une déclaration d'amour mais avec cette envie de voir les choses changer. L'ASM a tout pour réussir mais la mentalité "Michelin" où tout est carré, très lisse, nous empêche de riposter aux attaques. On se laisse un peu trop marcher dessus. Quand Mourad Boudjellal attaque le Stade Toulousain en début de saison, le président Bouscatel lui a répondu directement et depuis il n'a plus attaqué Toulouse. Quand Paul Goze nous attaque en 2011 en disant qu'on est des "pucelles effarouchées", on ne dit rien. Pareil cette année avec Mourad Boudjellal, on laisse faire. Il faut être un gentil club…
 
Comprenez-vous les réactions positives et surtout négatives qu'a entraînées la publication du texte ?
Je ne pense pas que ce soit sur le contenu du texte mais plutôt sur la forme. Il ne faut pas faire de pétition contre l'ASM, il faut absolument les aimer dans la défaite comme dans la victoire, ce sont les phrases un peu "bateaux" qui ressortent. Beaucoup pensent qu'on a écrit ça mais qu'on ne supporte l'ASM que depuis un ou deux ans et ils remettent en cause notre passion pour le club. On comprend les critiques même si on pense qu'elles ne sont pas toutes très pertinentes. Le but de cette lettre, c'est qu'elle fasse le buzz et qu'elle amène le débat.
A Nantes, quand on voit que l'ASM vient de perdre lourdement et qu'au moment du tour d'honneur, on se remet à chanter, c'est typiquement ASM. D'ailleurs, des supporters de Toulouse étaient très surpris et demandaient comment on pouvait réagir ainsi. On est trop gentils.

C'est une sorte de frustration née des sept dernières saisons ?
Oui, une accumulation de frustrations mais on ne peut pas remettre en cause tout le travail de Vern Cotter, du staff et des joueurs sur les sept dernières saisons mais on a vu Biarritz qui gagne trois titres de champion de France en cinq ans, pareil pour le Stade Français. L'ASM domine depuis près de dix ans le Top 14 pour un seul titre, on a peur qu'il n'y ait pas de suite.

A vous écouter, on a le sentiment que vous attendez une révolution philosophique du club ?
C'est très compliqué. A un drop près, l'équipe est championne d'Europe, elle fait peut-être le doublé, et puis après on entend de belles paroles: "on fera mieux l'année prochaine", "on va grandir". Je pense que le Stade Toulousain est un vrai club de gagnants dans lequel on n'entend pas ce genre de discours. Les déclarations de certains dirigeants clermontois nous disant que "la saison a été belle", qu'on a "soixante victoires d'affilé à la maison", on n'en veut pas. Avec des discours comme ceux-ci, on peut faire cinquante finales mais on ne gagnera jamais rien.
 
Quels effets de cette lettre attendez-vous pour la reprise du championnat ?
Il y aura très peu d'effets. Elle aura peut-être eu le mérite d'avoir interpellé le nouveau président qui est réputé, je crois, pour être une grande gueule. Et ça, ce n'est pas plus mal.
 

 

Lettre ouverte des supporters aux joueurs et dirigeants de l'ASM Clermont Auvergne

Profondément marqués par ce triste dénouement, nous, supporters et amoureux de notre club, voulons attirer votre attention sur la situation et l'image de l'ASM en cette fin de saison.

Nous sommes bien sûr extrêmement déçus comme vous de ce qui arrive, nous sommes tristes et abattus, mais un sentiment encore plus fort nous anime.

La peur. Oui, la peur que l'ASM gâche ses plus belles années et domine le rugby Français pendant 10 ans pour au final un seul titre majeur au bilan comptable. Être fiers de notre club c'est tout à fait normal, mais avoir honte de la prestation de notre équipe comme ce fut le cas à Nantes, c'est quelque chose que nous ne voulons plus vivre. Une prestation indigne du standing d'un club comme le notre.

Nous sommes bien conscients de la chance que nous avons de pouvoir assister à du beau jeu, à des victoires tout au long de la saison. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir partager entre amis et en famille de superbes moments de rugby un peu partout en France et en Europe. Et pour tout ça on ne vous dira jamais assez merci. Sauf que ça ne suffit pas.

L'ASM possède les meilleurs joueurs d'Europe, des structures uniques, un centre de formation de très haut niveau, des finances saines, des partenaires nombreux et bien sur ses formidables supporters, mais pas de palmarès en adéquation avec ces acquis.

Nous voulons des titres, nous voulons des vainqueurs, des joueurs morts de faim et surtout un club qui change son image de "gentil perdant".

Nous voulons des dirigeants capables de réagir lorsque l'on nous attaque, capable de remettre à sa place un dirigeant qui nous insulte (Paul Goze en 2011, Mourad Boudjellal cette année), des dirigeants capables de taper du poing sur la table en public lorsque l'ASM se fait voler par l'arbitrage.

Nous ne voulons pas être un club tout lisse, un loser en puissance, un club que tout le monde aime car on ne gagne rien et qu'on ne dit jamais rien. Nous ne voulons plus "grandir", nous voulons "gagner" ; l'ASM doit changer son discours, devenir une vrai machine à trophées et cesser de tout gâcher...

Notre passion et notre amour pour ce club sont sans limites, sauf que nous ne pouvons pas tout accepter. Nous ne voulons plus d'un gentil club, nous voulons des titres !

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