Mont-Mouchet: l'hommage de François Hollande à la Résistance auvergnate

Dimanche, quelques semaines après les commémorations du débarquement allié en Normandie, le président de la République a rendu hommage, au Mont-Mouchet (Haute-Loire), à la Résistance française. Il a salué ces hommes "venus de toutes les classes sociales" qui ont "porté la flamme de la liberté".

Mont-Mouchet (Haute-Loire), le 6 juillet 2014: le président de la République rend hommage à la Résistance française à l'occasion du 70ème anniversaire des combats entre l'armée allemande et les maquisards aux confins de la Haute-Loire, du Cantal et de la Lozère.
Mont-Mouchet (Haute-Loire), le 6 juillet 2014: le président de la République rend hommage à la Résistance française à l'occasion du 70ème anniversaire des combats entre l'armée allemande et les maquisards aux confins de la Haute-Loire, du Cantal et de la Lozère. © AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Dimanche matin, au milieu de la foule qui s'est massée au pied du monument commémoratif du Mont-Mouchet, il y avait une famille unie, derrière les barrières, pour qui ce jour n'était pas un jour comme les autres. Alors que François Hollande passe en revue le public, serre quelques mains et signe des autographes, Suzanne Coulaudon attend, entourée des siens. Sa nièce se retourne vers elle et lui dit: "il ne peut pas parler du Colonel Gaspard dans son discours et ne pas saluer sa fille !"
 
Un peu plus tôt, le président de la République a rendu hommage aux combattants de la liberté, à ces maquisards auvergnats qui, parmi tant d'autres résistants, "ont voulu sauver l'honneur de la France par eux-mêmes", des hommes et des femmes qui "montré le vrai visage de la France du printemps 1944, non pas celui, hideux, de la Milice, mais celui glorieux, radieux, de la Résistance".
 
François Hollande n'est pas le premier chef d'Etat français à venir sur ce théâtre de terribles combats, en juin 1944, entre l'armée allemande et les maquisards. Avant lui, le général de Gaulle en 1959, Valéry Giscard d'Estaing (1974) et François Mitterrand (1981) se sont aussi inclinés devant celles et ceux qui, portés par leur courage et leur amour de la liberté, ont retenu aussi longtemps que possible les troupes nazis qui remontaient sur le front normand où les alliés venaient de débarquer.

 
Coulaudon, plus personne ne sait de qui il s'agit. Il y a pourtant des ronds-points, des boulevards, mais les jeunes ne savent plus. - Suzanne Coulaudon


"Soixante-dix ans après, je voulais que la France puisse rendre hommage à tous ces patriotes qui, sortis du plus profond de notre peuple, ont constitué l’armée de libération de la France" a dit le président de la République au Mont-Mouchet, ne manquant pas "d'avoir une pensée particulière pour Emile Coulaudon, le Colonel Gaspard" qui commandait la zone 6 de la Résistance Française.  Un hommage appuyé, détaillé, qui a émeut sa troisième fille, Suzanne. "C'est la première fois, ici, dans les discours, que j'entends évoquer les circonstances de la mort de mon père qui est décédé lors de la remise du prix de la Résistance du Puy-de-Dôme, sur la scène du théâtre de Clermont-Ferrand, en 1977", dit-elle avec émotion.
 
Elle poursuit en regrettant que, année après année, le nom de Coulaudon tombe "dans l'oubli". "Plus personne ne sait de qui il s'agit", regrette la fille du résistant auvergnat, "il y a pourtant des ronds-points, des boulevards, mais les jeunes ne savent plus". 


durée de la vidéo: 03 min 10
François Hollande au Mont-Mouchet (43)


François Mitterrand au Mont-Mouchet en 1981


Mitterrand au Mont-Mouchet

 

Suzanne Coulaudon, enfant du Mont-Mouchet
Quand on demande son âge à Suzanne Coulaudon, elle répond avec un sourire malicieux: "je suis née en 1945". Elle explique alors que sa "mère avait été envoyée au camp de Gurs (ndlr: dans les Pyrénées) avec madame Nestor Perret et les résistants les ont faite évader, elles sont montés au Mont-Mouchet, je pense que je suis un produit des retrouvailles de mon père et de ma mère".
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