En Haute-Savoie, les défenseurs des bouquetins campent sur leurs positions

© France 3 Alpes
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L'arrêté préfectoral du 1er octobre 2013, autorisant l'abattage de tous les bouquetins de 5 ans et plus, arrive à expiration mardi 30 septembre. Les défenseurs de la bête pensent que le préfet veut profiter des prochaines heures pour "passer à l'acte". Du coup, ils campent aux abords.   

Par Franck Grassaud

Un groupe de protecteurs du bouquetin vit dans des tentes aux abords du massif du Bargy. Ces observateurs disent avoir remarqué, durant toute la semaine dernière, "des mouvements d'hélicoptères de transport de troupes, du type de ceux utilisés par les Chasseurs alpins." Pour eux, il s'agissait d'entraînements de dépose et de reprise d'agents "en vue d'une opération héliportée d'abattage des bouquetins du Bargy."

"Une guerre sur le Bargy est-elle en préparation?", se demandent-ils. La réponse est tombée de la préfecture qui parle d'une rumeur infondée. 





Les défenseurs du bouquetin, que veulent-ils vraiment? 

Ces personnes mobilisées disent défendre trois objectifs:
  • Se débarrasser de la brucellose
  • Préserver les bouquetins sains
  • Tester un vaccin sur les animaux préservés
Pour répondre aux agriculteurs qui les qualifient d'irresponsables, ils expliquent au contraire prendre "très au sérieux la brucellose" et partagent l'objectif de s'en débarrasser. Mais, selon eux, "en abattant une grande partie des 'vieux bouquetins' de 5 ans et plus, qui assuraient la reproduction, "on a désorganisé les hardes et donné accès à la reproduction aux jeunes classes d'âges, qui se sont en partie infectées."

Reportage Ariane Combes et Dominique Bourget
Les défenseurs du bouquetin
Intervenants : Sylvain Dussans, accompagnateur en montagne; Isabelle, accompagnatrice en montagne; Yann Bastard, agriculteur

Tests et vaccins

Pour ces protecteurs de l'environnement qui citent "des épidémiologistes et l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire", "il n'existe aucun exemple d'éradication d'une épidémie dans la faune sauvage par tentative d'abattage total de la faune sauvage."

Il reste aujourd'hui environ 300 bouquetins sur le Bargy, plus les naissances de l'année.

Toujours selon ces écologistes, "un élément nouveau très important est apparu depuis cette année: il existe un test fiable à 100%, expérimenté ce printemps par les gardes de l'ONCFS sur environ 80 bouquetins, et qui permet de déterminer sur le terrain si un bouquetin est sain ou infecté." Ils demandent donc aux Ministres de prendre "une décision équilibrée", c'est-à-dire en ordonnant qu'on préserve tous les animaux sains, et qu'on se débarrasse de la brucellose.

Ils souhaitent également que la vaccination des animaux sains soit expérimentée sur le Bargy. 

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