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Le festival, plus court chemin entre Auvergne et Rhône-Alpes ?

Encore floue, la fusion des régions inquiète les acteurs culturels. Pour les intégrer dans le processus, les deux régions ont convié ceux qui le voulaient autour de quelques tables ce vendredi. Objectif : "ouvrir le dialogue"
L’Auvergne a sa commission du film. Rhône-Alpes aussi. Dans une grande région fusionnée, que vont-elles devenir ? Et que penser des pôles auvergnats d’éducation à l’image ou d’accueil de tournages ? Sont-ils irrémédiablement destinés à partir vers Lyon ? Que restera-t-il comme pouvoir de décision à Clermont ? Voici quelques inquiétudes entendues tout au long du festival chez les acteurs auvergnats de la filière, jusque dans l'édito du catalogue des films.

Pour essayer de dégager des réponses à ces questions, les deux régions ont monté une rencontre dans les salons d’un hôtel clermontois. Selon ses initiateurs, c’est une première parmi les futures mariées de l'hexagone.


60 invités autour des tables

Sur la liste des invités, les responsables des principaux festivals des deux territoires, les deux commissions du film, les conseillers cinéma des deux DRAC, des réalisateurs et plusieurs institutions de la filière. En tout, 60 personnes ont répondu à l’invitation, réparties en six tables et autant de thématiques : l’éducation à l’image, l’exploitation et la diffusion, les festivals, l’animation, la fiction et le documentaire.

En préambule, Farida Boudaoud, vice-présidente de la région Rhône-Alpes déléguée à la culture lance un message rassurant : non, Rhône-Alpes ne dévorera pas les institutions culturelles auvergnates. Elles doivent coopérer : "vous avez une responsabilité : celle de nous accompagner pour construire les prochaines politiques du cinéma et de l’audiovisuel de la grande région"

Un échange informel pour "démarrer le dialogue"

Chaque table peut discuter de ce que bon lui semble dans son coin pendant deux heures en petit comité. Le cadre est volontairement informel. "On souhaite que les acteurs des deux régions échangent, qu’ils démarrent un dialogue, qu’ils imaginent les futures collaborations" indique Aurélie Malfroy-Camine, chargée d’accueil des projets à la région Rhône-Alpes : "le but c’est de faire connaissance !"

Côté auvergnat, Nicole Rouaire, la vice-présidente régionale déléguée à la culture semble enthousiaste. "Les acteurs rhônalpins ne travaillent pas toujours de la même façon que les acteurs auvergnats, mais ils ont envie d’échange. Ce matin en arrivant, j’ai d’ailleurs constaté que certains se connaissaient déjà ! Et puis certains travaillent d’ailleurs déjà ensemble, par exemple le réseau de salles indépendantes "Plein Champ" qui collabore déjà avec son voisin de Rhône-Alpes."

"On ne va pas renommer les fromages d'Auvergne !"

Quant à la dilution des structures et des dispositifs auvergnats dans le futur grand ensemble, Nicole Rouaire a une métaphore pour donner son point de vue : "C’est comme les fromages d’Auvergne. On ne va pas les renommer ! La force de l’Auvergne, c’est son identité. On a une identité forte que Rhône-Alpes n’a pas, et ça, on l’apporte."

"Il faut qu’on trouve le moyen d’identifier les forces et les atouts des deux régions. Par exemple, en Auvergne, on est en avance sur certains points. On a des politiques culturelles territorialisées à l’échelle des pays. C’est très efficace et ça n’existe pas en Rhône-Alpes. L’Auvergne pourrait porter cela comme modèle pour imaginer le futur dispositif à l’échelle de la grande région !"


Impossible de savoir immédiatement ce qui se dit à chaque table, mais pour chacune d’entre elles, un des convives a été chargé de prendre note des échanges. "On va récupérer l’ensemble et travailler dessus, techniquement et politiquement. On va voir quels sont les sujets qui sont sortis, et ceux sur lesquels il y a les plus grandes différences. C’est une matière qu’on ne pourrait pas créer tous seuls dans un bureau entre services et élus."
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