Dans l'agglo de Grenoble, l'autoroute A480 et l'échangeur du Rondeau en question

L'autoroute urbaine A480, entre l'A48 (Lyon-Grenoble) et l'A51 (Grenoble-Col du Fau), devrait passer à 3 voies dans les années à venir. Pourtant, la Métro et plusieurs communes sont contre. Pour elles, le réaménagement de l'échangeur du Rondeau est prioritaire. 

Par Jean-Christophe Pain

Bientôt l'A480 passera à 2X3 voies! En tout cas à la suite de la publication du décret du 21 août, la société AREA et l'Etat vont engager des études pour élargir les quelque 7 kilomètres, à l'ouest de Grenoble, entre l'échangeur A48/N481 Saint-Egrève Sud et l'échangeur du Rondeau A480/RN87 (dite Rocade Sud).

Le décret prévoit aussi l'aménagement du Rondeau. Mais la question est de savoir par quoi commencer.

Récit Aurélie Massait
L'autoroute A 480

La porte d'entrée de l'agglo de Grenoble

Le rond-point du Rondeau, aux confins de Grenoble et d'Echirolles, c'est le point d'entrée vers la Rocade Sud, un secteur régulièrement saturé. 168.000 véhicules en moyenne les jours ouvrés. Jusqu'à 12.600 entre 16 et 19 heures. Son réaménagement, dont le résultat des études sera connu à la fin de l'année, est considéré comme une priorité par nombre d'élus locaux. Avant le passage à 3 voies de l'A480.

Et à cette question du "timing" s'ajoute même de fermes oppositions. La Métro, le SMTC et des villes riveraines désapprouvent l'élargissement de l'A480. Des élus évoquent une pollution plus importante encore. 

Reportage Céline Aubert et Yves-Marie Glo
Polémique échangeur du Rondeau et A480
Intervenants : Christophe Ferrari, président Grenoble Alpes Métropole (PS); Jean-Pierre Barbier, président du Conseil Départemental de l'Isère (LR); Guillaume Chambat, représentant du personnel CGT D.I.R. Centre-Est

Pourtant, AREA va bel et bien débourser environ 300 millions d'euros pour le réaliser les travaux d'élargissement. Sans doute d'ici à 2020. Un investissement que la société autoroutière amortira en augmentant les tarifs de ses péages: côté A48 (au péage de Voreppe) et côté A51 (au péage du Crozet). 

En février 2014, le Conseil général de l'Isère avait confirmé qu'il était "prévu de concéder l'A480 à la société AREA". "Le montage juridique et financier envisagé permettra de conserver la gratuité de l'A480 sans solliciter les contribuables isérois", expliquait un communiqué.

Le plan de relance autoroutier

A l'origine de cette polémique, il y a le fameux "plan de relance autoroutier" initié en 2012 et signé en avril dernier. Résultat de cette négociation entre l'Etat et sept sociétés d'autoroutes: + de 3 milliards de travaux pris en charge par les privés contre prolongation de leurs concessions. Jusqu'en 2036 pour l'AREA.

L'AREA, qui gère déjà l'A48 et l'A51, est filiale de l'APRR, 4e groupe autoroutier européen. Privatisée entre 2004 et 2006, l'APRR est, depuis le 18 décembre 2012, détenue à 100% par Eiffarie. (Holding composée à 50% plus une action par Eiffage, un géant du BTP, près de 14 milliards de CA, et à 50% moins une action par l'Australien Macquarie fonds d’investissements).

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