Agression terroriste de Condé-sur-Sarthe : blocages et débrayages dans les prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes

Le piquet de grève devant le centre de détention de Roanne a été évacué par les forces de l'ordre
Le piquet de grève devant le centre de détention de Roanne a été évacué par les forces de l'ordre

Des débrayages et des blocages ont eu lieu mercredi matin dans plusieurs centres pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes au lendemain de l'agression terroriste à la prison de Condé-sur-Sarthe. La police a évacué un piquet de grève qui interdisait l'accès au centre de détention de Roannne       

Par Philippe Bette

Dix-huit établissements pénitentiaires ont été bloqués momentanément mercredi matin par des surveillants de prison dont plusieurs en Auvergne-Rhône Alpes. Un mouvement de protestation lancé par un mouvement intersyndical au lendemain d'une violente agression commise par un détenu radicalisé et sa compagne à la prison de Condé-sur-Sarthe. Deux surveillants ont été sérieusement blessés par un couteau céramique, non détectable aux portiques de sécurité. Le détenu a été neutralisé, sa femme enceinte a été tuée.     

Des débrayages ont été observés à la prise de service mercredi dans cinq prisons de la région à Riom, Bourg-en-Bresse, Valence, Corbas et Grenoble-Varces. Les centres pénitentiaires de Moulins, Aiton et Roanne ont été bloqués en début de matinée. 

Au centre de détention de Roanne, l'intersyndicale CGT/ UFAP/ Force Ouvrière avait lancé un mot d'ordre de grève suivi par une cinquantaine d'agents. Ils ont empêché l'accès à la prison jusqu'au moment où ils ont été délogés par les forces de l'ordre. Ils voulaient protester contre l'agression à la fourchette commise dimanche dernier par un détenu, atteint de troubles psychiques. Le centre de Roanne n'abrite pas de prisonniers radicalisés mais la violence y est aussi présente. 



"Cela peut arriver dans n'importe quelle prison"



En Auvergne aussi, les surveillants se sont mobilisés. Ils étaient une centaine à bloquer le centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure (Allier) ce matin.  « Tout le monde se sent concerné, nous voulons soutenir nos collègues. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison », se désole Matthieu Perdrizet, secrétaire local du syndicat Ufap-Unsa.

« Nous avons des détenus radicalisés dans la prison à Moulins. Nous souhaiterions qu’ils soient isolés dans un bâtiment spécifique » ajoute le représentant syndical qui fait part de l’inquiétude qui règne au sein de la profession face à ces détenus de plus en plus dangereux.
 
Environ 80 surveillants ont mené une action devant la prison de Riom (Puy-de-Dôme). / © Pascal Franco/ France 3 Auvergne
Environ 80 surveillants ont mené une action devant la prison de Riom (Puy-de-Dôme). / © Pascal Franco/ France 3 Auvergne


A Riom dans le Puy-de-Dôme, les surveillants dénoncent l’inaction des pouvoirs publics. Ils étaient environ 80 à bloquer le centre pénitentiaire.


L' agression terroriste de Condé-sur-Sarthe  intervient dans un contexte déjà tendu dans les prisons françaises. En janvier 2018, un vaste mouvement de mobilisation avait démarré après l'agression par un détenu jihadiste de trois surveillants à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), prison la plus sécurisée de France avec celle de Condé-sur-Sarthe. L'agression avait déclenché un mouvement social de trois semaines.                                    

Sur le même sujet

Les + Lus