Coronavirus & conséquences : la gestion de la crise dans l'Ain

Le préfet de l'Ain et les services de l'Etat ont tenu un point presse, ce mercredi 25 mars. L'occasion de traiter toutes les conséquences de la crise liée au coronavirus. Santé, éducation, marchés, emploi... tour d'horizon en quelques mots clefs. 


#Santé

118 personnes testées sont aujourd'hui touchées par le Covid-19 dans le département de l'Ain. L'épidémie a engendré la mort de 5 personnes depuis le début de la crise. Ces chiffres diffusés par l'Agence Régionale de Santé ne tiennent pas toujours compte de la situation dans les Ehpad. Ils doivent être affinés dans les jours à venir. Seule certitude, "il n'y a pas eu d'aggravation" à la maison de retraite de Talissieu qui a enregistré 5 cas. 

Le taux d'incidence, c'est à dire le nombre de cas pour 100.000 habitants est de 16,8 contre 23,1 dans le reste de la région Auvergne Rhône-Alpes. "A titre de comparaison nos voisins suisses du canton de Genève ou de Vaud ont des taux d'incidence compris entre 180 et 250", précise Arnaud Cochet. 

Les ambulanciers de l'Ain transportent en moyenne une vingtaine de personnes par jour qui ont des symptômes proches du coronavirus. 

La problématique des masques est la même dans l'Ain qu'ailleurs, avec un approvisionnement aléatoire pour les médecins généralistes et les infirmières libérales. La préfecture promet des livraisons régulières dans les pharmacies à destination de ces soignants et uniquement eux.  

Le maillage hospitalier du département semble pour l'instant à la hauteur, mais le préfet dit actuellement rechercher un lieu pour créer "un centre de desserrement" afin d'accueillir les SDF et les migrants détectés positifs et qu'on ne pourrait laisser dans les centres d'hébergement ou les hôtels. En dernier ressort, l'internat d'un lycée agricole pourrait être ouvert. "Mais on est encore loin de la saturation", commente Arnaud Cochet. 
 

#Education 

L'inspectrice d'académie de l'Ain estime que "les enseignants soutiennent l'effort" pour accompagner les élèves, cela passe par des coups de fil, des mails ou évidemment par le fameux ENT, cette plateforme dont on ne renie pas les problèmes de connexion.

Les familles "éloignées des outils numériques" sont aussi prises en compte avec des devoirs sur papier remis sur rendez-vous dans les établissements scolaires, dans le respect des gestes barrières. "On imagine aussi que les mairies pourront aussi servir de lieux relais à l'avenir, afin d'éviter les déplacements." L'attestation de sortie prévoit toutefois ce cas de figure. A titre d'exemple, ces familles sans internet sont une cinquantaine sur la Côtière, la partie de l'Ain la plus proche de Lyon. 

Pour gérer la continuité pédagogique, et aider les parents deux numéros ont été mis en place : 0800 73 20 11 (primaire) ou 0800 73 20 13

Concernant les enfants des soignants, pour lesquels l'Etat a promis une prise en charge, ils seraient environ 250 à fréquenter les écoles ou collèges. La capacité globale est estimée à 700 places. "Il n'y a pas de cours, c'est un système de garderie avec des enseignants volontaires ou des bénévoles qui peuvent bien évidemment assister les élèves dans le travail donné par les professeurs." 

Pour mieux recenser les soignants et leurs besoins en matière de garde d'enfant, la création d'une plateforme est en cours. "On travaille aussi sur l'accueil les week-ends entre 8 et 18 heures dans une douzaine de collèges." 
 

#Marchés

Les marchés de plein air sont officiellement annulés dans l'Ain comme ailleurs. Mais le gouvernement a prévu des dérogations dans les villages sans commerce. 30 demandes ont été acceptées par le préfet en raison d'un nombre limité de stands et de consommateurs attendus. La provenance des producteurs est aussi regardée de près, afin d'éviter les déplacements."Si la sécurité sanitaire n'est pas bonne, je pourrai revenir dessus", prévient Arnaud Cochet.
 

#Emploi

"On le sait nous vivons une situation paradoxale, la majorité des entreprises sont en chômage partiel mais d'autres ont vraiment besoin de main d'oeuvre." C'est le cas dans la Plaine de l'Ain ou encore dans le Haut-Bugey (Plastics Vallée), des usines tournent encore pour faire des masques ou des flacons destinés au gel hydroalcoolique. Pôle Emploi reste le partenaire de ces sociétés pour trouver des salariés mais la CCI de l'Ain les accompagne également. L'agriculture recherche aussi pas mal de monde, un site national est mis en place pour les recrutements: "Des bras pour ton assiette"

Une personne en chômage partiel peut tout à fait postuler pour un contrat de quelques jours dans une autre entreprise. Les deux sont cumulables. Le dispositif de prêt de main d'oeuvre est aussi d'actualité. 
 

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