Malades du Covid 19 : la réanimation, le début d'un long parcours

Pour les malades du Covid-19, les semaines passées en réa, sous assistance respiratoire, laissent des traces et nécessitent ensuite une longue rééducation. Les explications de Stéphane Petit Maire, anesthésiste réanimateur à Bourg-en-Bresse (Ain). 
Dans un service de réanimation de Lyon.
Dans un service de réanimation de Lyon. © Joël PHILIPPON/MAXPPP

Jamais les hôpitaux français n'ont soigné autant de personnes en réanimation. Il s'agit de cas graves, avec une insuffisance respiratoire sévère causée par l'atteinte des poumons par le virus.

Les patients ont besoin d'une assistance respiratoire avec intubation. "Ils sont alors sédatés et souvent curarisés (paralysie musculaire par un curare)", explique Stéphane Petit Maire, anesthésiste réanimateur à la clinique Convert dans la ville-préfecture de l'Ain. 

Dans le coma, les cas les plus graves sont placés sur le ventre pendant plusieurs heures pour faciliter l'oxygénation. A cela peut s'ajouter "des atteintes rénales, cardiaques, neurologiques, hépatiques", poursuit-il.
 

La rééducation

Ces séjours en réanimation durent de deux à trois semaines, parfois plus. Les soucis rencontrés ensuite ne sont pas propres aux malades du Covid. Une intubation longue provoque des problèmes de déglutition et respiratoires. La perte de la masse musculaire est aussi redoutée. Après des semaines en position allongée, il faut réhabituer son corps. Tenir sur ses jambes n'est pas instantané. 

Les patients sortis de réanimation sont trop faibles pour rentrer directement chez eux, la phase de rééducation est donc importante avec des kinésithérapeutes voire plus tard des orthophonistes ou des ergothérapeutes.

En plus de la maladie, la solitude en chambre individuelle, avec des contacts limités au minimum, peut laisser des traces. Même guéris, ces personnes risquent de souffrir de "séquelles neurocognitives, type stress post-traumatique, anxiété, dépression", avertit Stéphane Petit Maire.

Certains pourraient garder "des séquelles respiratoires avec essoufflement au repos ou à l'effort, voire la nécessité de maintenir l'oxygénation à domicile", poursuit le médecin.
 
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