Meurtre de Muriel Roche dans l'Ain : du "trou noir" aux aveux détaillés de l'accusé

Le corps de Muriel Roche avait été retrouvé en octobre 2020, à proximité du village de Salavre, dans l'Ain. Confondu par son ADN, un trentenaire comparaît depuis mardi 28 mars devant les Assises, à Bourg-en-Bresse. Au deuxième jour du procès, il est passé aux aveux.

Le procès de François R., accusé d’avoir tué Muriel Roche en octobre 2020 près de Salavre, a débuté mardi 28 mars devant la cour d'assises de l’Ain, à Bourg-en-Bresse. La quinquagénaire avait été égorgée le 20 octobre 2020. 

"Jusque-là on n'a pas d'explication claire et franche sur la manière dont les faits se sont déroulés. On attend un mobile, une explication. Pourquoi il a eu ces gestes ? On est sur cette interrogation depuis plus de deux ans.(...) c'est un meurtre particulièrement violent pour lequel on n'a aucune explication rationnelle" a indiqué l'avocat des parties civiles avant l'audience. Le meurtrier présumé s'est finalement expliqué ce mercredi matin. 

"Elle m'a repoussé"

"Un garçon ordinaire qui a suivi un parcours spécialisé dans son éduction scolaire", "un solitaire compliqué à cerner". François R. est même présenté comme "un peu simplet" par certains enquêteurs. Lors de l'instruction, le trentenaire avait pourtant avoué le crime mais sans pouvoir justifier son acte, évoquant "un trou noir". Ce mercredi matin, à l’ouverture de l’audience, il est finalement passé aux aveux sur le ton digne d’un enfant qui a fait une bêtise. Le contraste avec son apparence de gaillard corpulent, passionné de chasse et de pêche, est saisissant.

"Muriel Roche est arrivée (sur le parking des pêcheurs), je lui ai demandé de sortir avec moi. Elle m’a repoussé, m’a dit qu’elle pourrait être ma mère, qu’elle était mariée. Je lui ai répondu que ça ne me gênait pas. Elle m’a giflé et s’est mise à courir", raconte l'accusé à la barre. 

Et c’est là que François R. lui aurait asséné plusieurs coups avec un morceau de bois et l’aurait ensuite égorgée. Ces aveux ont été prononcés alors que les parents de l’accusé avaient été priés de sortir de la salle par l’avocate de la défense. Il explique que c'est la "honte" qui l'avait empêché de parler jusqu'à ce jour.

"Il a une famille qui est extrêmement présente. C'est à la fois sa force et puis comme souvent il y a le revers de la médaille. C'est une force, mais c'est aussi quelque chose qui peut être très souffrant parce qu'affronter le regard de ceux qu'on aime, quand on a commis l'acte le pire qui puisse exister, c'est à dire d'ôter la vie à quelqu'un, c'est extrêmement difficile. C'est difficile de le faire quand on sait que l'on va décevoir cette famille si importante, qui est son cadre, son pilier dans la vie" a expliqué son avocate.

Une mort violente

Muriel Roche avait 52 ans. Après une vie à Lyon, elle s'était retirée à la campagne avec son compagnon. L'Aindinoise d'adoption s'était installée du côté de Salavre au nord-est de Bourg-en-Bresse. Elle avait demandé à ses voisins de lui indiquer des coins à champignons. L’un d’eux lui avait expliqué qu’on trouvait des mousserons à côté de la rivière, le Solnan. C’est ce "coin à champignons" qui est devenu le lieu de son crime. Elle a été frappée sur le haut du corps, au visage et égorgée, le 20 octobre 2020. Son corps dissimulé sous des branchages avait été retrouvé au lieu-dit La Prairie à Salavre. 

Un geste incompréhensible

Une mort violente et inexplicable. Une information judiciaire pour meurtre est ouverte le 30 octobre par le parquet de Bourg-en-Bresse. Il faudra 3 mois aux gendarmes pour arrêter le meurtrier. En janvier 2021, un suspect est finalement arrêté après une enquête minutieuse. Ce sont près de 500 auditions qui ont été réalisées par les enquêteurs et 330 prélèvements ADN. Et c’est justement la présence de l’ADN de François R. sur les vêtements de la victime qui ont confirmé sa culpabilité. Pourquoi s’en est-il pris à la victime ? Le trentenaire n'avait fourni jusqu'à ce jour aucune explication sur son geste et affirmait qu'il ne connaissait même pas la victime.

Le procès doit durer quatre jours. François R. encourt jusqu’à 30 ans de prison.

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